Rechercher

Des groupes pro-Israël organisent une conférence pour contrer « Queers for Palestine »

L'ex-otage Emily Damari, qui avait caché au Hamas son homosexualité, a déclaré aux participants : "Vous défendez peut-être la Palestine. Mais je peux vous dire que la Palestine ne vous défend pas"

L'ancienne otage Emily Damari, à gauche, et la PDG de StandWithUs, Roz Rothstein, s'expriment lors d'une table ronde lors de la première conférence Pride for Israel à West Los Angeles, en Californie, le 9 novembre 2025. (StandWithUs)
L'ancienne otage Emily Damari, à gauche, et la PDG de StandWithUs, Roz Rothstein, s'expriment lors d'une table ronde lors de la première conférence Pride for Israel à West Los Angeles, en Californie, le 9 novembre 2025. (StandWithUs)

Ce sont environ 120 membres de la communauté LGBTQ pro-israélienne qui se sont rassemblés, le 9 novembre, à Los Angeles à l’occasion de la toute première conférence Pride for Israel organisée notamment par l’organisation StandWithUs, qui soutient l’État juif et qui lutte contre l’antisémitisme, et par d’autres groupes israéliens et juifs.

Les intervenants qui ont pris part à cette conférence – dont l’ancienne otage Emily Damari, – ont fait part de leur frustration face aux positionnements pro-palestiniens qui s’expriment au sein de la communauté LGBTQ à travers le monde entier.

Dans une déclaration commune, les organisateurs — StandWithUs, le groupe LGBTQ pro-israélien américain A Wider Bridge, l’American Jewish Committee of Los Angeles et l’Israeli-American Council — ont indiqué qu’Israël « s’est longtemps distingué comme un asile sûr pour tous les LGBTQ+ du Moyen-Orient ». Ils ont accusé la communauté LGBTQ dans son ensemble de s’être rangée du côté de « Queers for Palestine », une cause « fondée sur des idéologies qui criminalisent, oppriment et assassinent régulièrement les personnes LGBTQ+, » depuis le pogrom commis par le Hamas, le 7 octobre 2023.

Damari, qui avait après sa libération largement parlé du fait qu’elle avait caché son homosexualité à ses ravisseurs du Hamas par crainte qu’ils ne la tuent, a évoqué cette fois le sujet de façon plus succincte, selon la journaliste musicale juive Eve Barlow, qui revendique son identité Queer et qui vit en Écosse.

« Vous défendez peut-être la Palestine. Mais je peux vous dire que la Palestine ne vous défend pas », a déclaré Damari. Barlow a rapporté que l’ancienne otage avait vu des militants de Queers for Palestine sur Al Jazeera pendant qu’elle se trouvait à Gaza.

La conférence, qui a eu lieu dans une salle comble, a réuni des participants venus du monde entier et elle n’a bénéficié d’aucun financement de la part du gouvernement israélien, a affirmé Roz Rothstein, cofondatrice et présidente de StandWithUs, dans un courriel adressé au Times of Israel. Par crainte de mouvements de protestation anti-israéliens, le lieu de la conférence, qui s’est tenue dans un hôtel, n’a pas été rendu public, a précisé Rothstein. Elle a ajouté qu’aucune manifestation de ce type n’avait finalement eu lieu.

Certains participants à la conférence ont dit avoir ressenti le besoin de cacher leur identité dans le contexte de la guerre à Gaza. Barlow a cité les propos tenus par un homme juif homosexuel qui, sous couvert d’anonymat, a confié qu’ « il [lui] a fallu beaucoup de temps pour sortir du placard gay, mais après le 7-Octobre, j’ai dû retourner dans le placard juif. »

De gauche à droite : Matthew Nouriel, militant pro-israélien, Eve Barlow, journaliste, et Tanya Tsikanovsky lors de la conférence inaugurale Pride for Israel à West Los Angeles, en Californie, le 9 novembre 2025. (Crédit : StandWithUs)

S’exprimant aux côtés de Barlow lors d’une table ronde intitulée « Quand l’inclusion exclut », Tanya Tsikanovsky, fille d’émigrés juifs soviétiques aux États-Unis qui se décrit sur LinkedIn comme « Juive et fière de l’être, sioniste assumée et républicaine déclarée » a raconté que deux femmes lui avaient demandé de quitter un événement organisé à l’occasion de la fierté lesbienne, le Dyke Day, parce qu’elle « portait un tee-shirt avec une inscription liée à Israël ».

Tsikanovsky, les cheveux courts et coupés en brosse, qui était vêtue d’un tailleur deux pièces bleu foncé, s’est ainsi souvenue que « deux femmes à l’apparence féminine m’ont dit, en voyant mon tee-shirt, que je n’étais pas la bienvenue. Elles m’ont regardée comme pour me dire : ‘Pourquoi tu es ici ? Tu n’as pas ta place ici’. » Elle a filmé l’incident qu’elle a diffusé sur Instagram.

Attirant l’attention sur son look, Tsikanovsky a ajouté, sous les applaudissements : « Je les ai regardées et je leur ai répondu : « Écoutez, mesdames, si quelqu’un a sa place ici… C’est bien moi ».

S’exprimant aux côtés de Tsikanovsky, l’activiste pro-israélien Matthew Nouriel, qui revendique une identité non-binaire, a rappelé qu’il avait « commencé à imposer une présence, sur les réseaux sociaux, en tant que drag queen juive iranienne ; j’ai été fêté pour ça, puis diabolisé quand j’ai choisi de dénoncer l’antisémitisme dont nous avons été témoins en mai 2021 à la suite de l’incident survenu à Sheikh Jarrah ». Des heurts avaient éclaté à Gaza et dans les villes mixtes où cohabitent arabes et Juifs en Israël après l’expulsion de familles palestiniennes du quartier de Jérusalem-Est, a déclaré Nouriel dans un courriel adressé au Times of Israel.

Nouriel, qui est à la tête de l’organisation Jews Indigenous to the Middle East and North Africa (Juifs indigènes du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord), a également souligné « l’exclusion ressentie au sein de la communauté LGBT juive lorsque j’ai refusé de ‘choisir mon camp’ entre la gauche et la droite ».

Tout n’est pas rose

Malgré la célébration d’Israël, certains intervenants, avec parmi eux des représentants de l’organisation-cadre israélienne Aguda LGBTQ, ont fait remarquer que le pays n’avait pas toujours soutenu sa communauté LGBTQ.

Assis aux côtés de Yael Sinai Biblash, qui est à la tête d’Aguda, Nouriel a attiré l’attention sur la forte réduction des budgets alloués par le gouvernement israélien au groupe. Leurs programmes comprennent des services de santé et des refuges pour les jeunes LGBTQ israéliens et palestiniens en situation de vulnérabilité.

Biblash et son adjoint, Imry Zaguri, se sont entretenus avec la rabbine Denise Eger, de l’organisation A Wider Bridge, au sujet des défis et des coupes budgétaires auxquels la communauté LGBTQ doit faire face en Israël. A Wider Bridge est une organisation qui a été fondée en 2010 dans l’objectif de renforcer les liens entre les communautés juives nord-américaines et Israël.

Placé sous la direction de May Golan (Likud), le ministère de l’Égalité sociale a réduit d’environ 40 % le budget du département chargé de la promotion de la communauté LGBT. Il a aussi supprimé un programme-phare qui visait à désigner des coordinateurs pour les communautés LGBTQ dans les localités du pays. Un porte-parole d’Aguda avait indiqué, au mois de septembre, que les réductions budgétaires du gouvernement reflétaient une stratégie visant à « désigner la communauté en tant qu’ennemie » du pays.

Golan, qui fait actuellement l’objet d’une enquête pour corruption et détournement de fonds publics, a nié avoir réduit ces budgets. Elle a accusé les organisations communautaires de chercher à la harceler et de chercher à rejeter les Israéliens de la droite de l’échiquier politique au nom de la tolérance.

La ministre de l’Égalité sociale et de la promotion des femmes, May Golan, assiste à une réunion de la Commission de la Condition de la Femme et de l’égalité des sexes à la Knesset, à Jérusalem, le 26 mai 2024. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Dans un discours prononcé en mai à la Knesset, Golan avait particulièrement critiqué Aguda pour sa coopération, en 2022, avec Atid Kachol Lavan (Avenir bleu et blanc), un groupe de protestation israélien qui prône, entre autres, une solution à deux États au conflit israélo-palestinien.

« Quels sont les droits de la communauté LGBTQ dans l’État de Palestine ? Être jetés du haut des toits ? Être pendus ? », avait interrogé Golan, hors d’elle.

Lors de la conférence de Los Angeles, Nouriel a souligné qu’Aguda défend et œuvre en faveur des « jeunes en danger, des demandeurs d’asile palestiniens, des soins de santé et bien d’autres choses encore ».

« C’est très important de renforcer les voix qui, en Israël, protègent notre communauté, surtout maintenant qu’Aguda est victime d’importantes coupes budgétaires », a affirmé Nouriel.

Les participants brandissent des pancartes représentant des politiciens israéliens anti-LGBTQ et un drapeau arc-en-ciel géant avec les mots « égalité » et « paix » en hébreu, en anglais et en arabe, alors qu’ils défilent dans le centre-ville de Jérusalem lors de la Pride Parade annuelle de la capitale, le 5 juin 2025. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Alors qu’il lui était demandé si la conférence avait su mettre en évidence les nuances de l’image d’Israël en tant que refuge sûr pour les LGBTQ, Nouriel a répondu : « Il y a eu une grande diversité de points de vue dans tous les événements programmés, qui ont effectivement comporté beaucoup de nuances ».

« Cela dit, il est important de noter que la politique n’a pas été au centre des discussions, qu’il s’agisse de la politique israélienne ou américaine », a ajouté Nouriel. « L’objectif de cette conférence était de rassembler les Juifs LGBT et nos alliés afin de favoriser l’autonomisation et la communauté, et d’élaborer des stratégies pour lutter contre l’antisionisme au sein des espaces LGBT ».

C’est dans cet esprit que Nouriel a animé une table ronde en compagnie de deux militantes trans pro-israéliennes, Brianna Wu et Bellamy Bellucci, qui était intitulée « Exclus des espaces que nous avons contribué à construire ».

Selon Nouriel, cette table ronde a été organisée pour deux raisons : « Premièrement, pour garantir la représentation des personnes transgenres, et deuxièmement, parce que la conférence visait à rassembler les voix LGBT en provenance de tous les horizons politiques autour de notre amour commun pour Israël » (Bellamy penche à droite et Brianna plutôt à gauche).

Matthew Nouriel avec les militants transgenres pro-israéliens Brianna Wu et Bellamy Bellucci lors de la conférence inaugurale Pride for Israel à West Los Angeles, en Californie, le 9 novembre 2025. (Crédit : StandWithUs)

Au cours des deux dernières décennies, les groupes palestiniens et autres organisations LGBTQ ont accusé Israël de vanter sa tolérance à l’égard des LGBTQ pour « blanchir » ses agissements à Gaza et en Cisjordanie, affirmant notamment que l’État juif faisait du chantage aux homosexuels palestiniens pour obtenir leur collaboration avec les forces de sécurité israéliennes. Une accusation qui s’est particulièrement répandue dans le contexte de la guerre à Gaza.

Rothstein, à la tête de de StandWithUs, a qualifié ces allégations de « pinkwashing« , en évoquant une « manipulation ».

« Elles omettent les intentions génocidaires du Hamas et son régime d’oppression à Gaza, déformant les faits et rejetant toutes les responsabilité sur Israël », a-t-elle souligné.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.