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Des images satellites révèlent que l’Iran reconstruit rapidement les sites frappés par les US et Israël

Un article du WSJ rapporte d'importants travaux de reconstruction sur plusieurs sites ; les responsables déplorent la capacité de Téhéran à maintenir sa capacité d'attaque

Cette image satellite diffusée par Vantor montre les accès à des tunnels d'un complexe de missiles situé à Ispahan, dans le centre de l'Iran, le 27 février 2026. (Image satellite © 2026 Vantor / AFP)
Cette image satellite diffusée par Vantor montre les accès à des tunnels d'un complexe de missiles situé à Ispahan, dans le centre de l'Iran, le 27 février 2026. (Image satellite © 2026 Vantor / AFP)

L’Iran est parvenu à reconstruire une grande partie des infrastructures qui avaient été détruites au cours de la guerre qui a opposé la république islamique aux États-Unis et à Israël ces derniers mois, notamment des ponts et des bases de missiles, a rapporté jeudi le Wall Street Journal.

Dans un article basé sur l’analyse d’images satellites, le journal suggère que la rapidité avec laquelle Téhéran reconstitue ses capacités endommagées explique pourquoi le pays continue de tenir tête aux États-Unis après la reprise des hostilités, au début du mois, suite à des tensions liées au détroit d’Ormuz.

Selon le Journal, une série d’images satellites a montré qu’une route d’accès menant à une base de missiles iranienne avait été endommagée par des frappes début mars. Plusieurs semaines plus tard, malgré le blocage causé par ces frappes, une route fraîchement goudronnée menant à l’entrée de la base à Kangavar, dans l’ouest de l’Iran, est dorénavant visible.

D’autres images obtenues par le WSJ ont révélé que, début juillet, des travaux de reconstruction étaient en cours au port de Bandar Anzali, lié au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI).

Israël a déclaré en mars avoir infligé d’importants dégâts au port, à un centre de commandement du CGRI qui s’y trouvait, ainsi qu’à un chantier naval adjacent.

Dans un troisième cas, le journal a fait état de travaux de reconstruction observés ces dernières semaines dans une usine de production de missiles proche de Téhéran.

Cette image extraite d’une vidéo diffusée par le Commandement central américain montre la vue depuis un drone de surface « Corsair », également appelé « drone d’attaque de surface à usage unique », lancé par l’armée américaine, alors qu’il s’approche de la base navale de Bandar Abbas, en Iran, le 12 juillet 2026. (Crédit : Commandement central américain via AP)

Selon le journal, des responsables militaires israéliens ont invoqué ces exemples en disant qu’il venaient appuyer leur thèse, thèse selon laquelle la campagne de frappes lancée le 28 février s’est avérée être inefficace.

Un responsable a ainsi estimé qu’Israël aurait dû cibler exclusivement les infrastructures militaires plutôt que d’élargir son champ d’action aux organes du régime, estimant que cela lui aurait permis d’infliger davantage de dégâts.

D’après un deuxième responsable, l’Iran dispose des moyens nécessaires pour reconstruire la quasi-totalité des installations touchées, a ajouté le WSJ.

Des images satellites de Planet Labs qui ont été reprises par le journal montrent qu’une base de missiles située à Dezful a été bombardée à deux reprises, en juin 2025 puis en mars 2026. Les frappes avaient enseveli l’entrée du site. Pourtant, à peine quelques mois plus tard, les Iraniens creusaient déjà des tunnels pour rétablir l’accès, comme l’ont révélé des images fournies par Airbus.

Ces images mettent en doute l’efficacité des frappes massives israéliennes et américaines contre les cibles iraniennes – tant en juin 2025 que depuis le début du conflit actuel. Suite aux attaques américaines contre l’Iran l’année dernière, le président américain Donald Trump s’était vanté que les forces armées avaient « complètement et totalement anéanti » les principaux sites nucléaires iraniens.

S’exprimant après la conclusion d’un premier cessez-le-feu début avril, le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées, avait indiqué que les États-Unis avaient frappé plus de 1 500 cibles liées à la défense antiaérienne, plus de 450 sites de stockage de missiles balistiques et 800 sites de stockage de drones d’attaque à usage unique au cours des cinq premières semaines de combats, précisant : « Tous ces systèmes ont été détruits. »

Il avait également affirmé, à l’époque, que l’armée avait « détruit la base industrielle de défense de l’Iran », tout en soulignant que les États-Unis et leurs alliés avaient attaqué « environ 90 % de leurs usines d’armement ».

Le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées, s’adresse aux journalistes, sous le regard du secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, lors d’une conférence de presse au Pentagone, à Washington, le 5 mai 2026. (Crédit : Manuel Balce Ceneta/AP)

« Près de 80 % de l’industrie nucléaire iranienne a été touchée, portant un nouveau coup aux tentatives de ce pays de se doter de l’arme nucléaire », avait poursuivi Caine.

L’armée israélienne a pour sa part indiqué qu’elle a largué plus de 18 000 bombes en Iran au cours de la guerre, dans le cadre de plus de 1 000 vagues de frappes qui ont visé plus de 4 000 cibles – parmi lesquelles des systèmes de défense antiaérienne, des lanceurs de missiles balistiques, des sites de production d’armes, des installations nucléaires, différents quartiers généraux, ainsi que des commandants et dirigeants militaires.

Selon l’armée israélienne, les forces ont détruit ou mis hors d’état de fonctionner près de 60 % des quelque 470 lanceurs de missiles balistiques iraniens. Deux cents de ces lanceurs ont été détruits lors des attaques, et 80 autres ont été mis hors service après que l’armée de l’air israélienne a frappé les entrées des tunnels menant aux installations souterraines dans lesquelles ils étaient stockés.

L’Iran n’a pas bombardé Israël depuis la reprise des combats entre Téhéran et Washington, ce mois-ci. Le pays a néanmoins régulièrement et systématiquement visé des cibles américaines dans les pays du Golfe, sans montrer aucun signe de ralentissement, frappant notamment des cibles à Bahreïn, au Koweït, en Jordanie et ailleurs, tout en poursuivant ses attaques contre les navires qui tentent de traverser le détroit d’Ormuz.

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