Des pays de l’UE poussent pour une interdiction des importations en provenance des colonies en Cisjordanie
"Nous devons adopter une position unifiée, et jusqu’à présent nous n’avons pas réussi à y parvenir", a affirmé Kaja Kallas tandis que Rome et Vienne semblent désormais favorables aux sanctions
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Plusieurs pays de l’Union européenne se sont prononcés lundi en faveur d’une interdiction des importations en provenance des implantations israéliennes en Cisjordanie, mais sans encore parvenir à un accord, a indiqué la cheffe de la diplomatie de l’UE Kaja Kallas.
« Prendre des mesures contre le commerce avec les colonies a obtenu le plus large soutien de la part des États membres », a-t-elle indiqué à l’issue d’une réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE.
Les représentants des 27 à Bruxelles sont désormais chargés de « faire avancer ce travail et nous tiendrons probablement aussi une réunion extraordinaire à ce sujet », a-t-elle ajouté.
« Nous devons adopter une position unifiée, et jusqu’à présent nous n’avons pas réussi à y parvenir », a-t-elle encore reconnu. “Comme on dit chez les juristes : deux avocats, trois avis”, a-t-elle ironisé. “Nous sommes ici dans la maison du Conseil, et son service juridique estime qu’il s’agit d’une question commerciale.” “J’essaie de trouver un terrain d’entente entre les 27 États membres”, a-t-elle dit. “Nous verrons si certaines options recueillent davantage de soutien et si certains États membres changent d’avis.”
La Commission européenne a mis sur la table différentes options, dont une interdiction du commerce avec les implantations en Cisjordanie, considérées comme illégales au regard du commerce international.
Mais les pays de l’UE restent très divisés sur les mesures à prendre bien que « tout le monde s’accorde à dire que la situation en Cisjordanie est véritablement intolérable », avait souligné Mme Kallas avant le début de cette réunion.
Plusieurs pays de l’UE, comme la Belgique, sont favorables à des mesures fortes, mais d’autres, comme la République tchèque et l’Allemagne, y sont opposés.
Le document de la Commission européenne ressemble davantage à un “os à ronger” qu’à une “volonté réelle d’aller de l’avant”, a ainsi estimé le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot lundi.
La Belgique réclamait depuis des mois qu’il y ait des sujets sur la table permettant aux États membres de l’Union européenne de se positionner, a affirmé Prévot.
“C’est un pas dans la bonne direction, mais cela reste largement insuffisant par rapport à la volonté d’être un acteur crédible sur le plan géopolitique dans la situation israélo-palestinienne”, a affirmé Prévot. “Le choix des mots n’est pas neutre”, a souligné Prévot, ajoutant que la Belgique plébiscite des mesures de type commercial. “Toute initiative qui ira dans ce sens aura le soutien de la Belgique”, a déclaré le ministre. Il a également regretté que certains États membres invoquent des raisons “idéologiques, historiques ou économiques” pour ne pas prendre de décision qui risquerait de contrarier Israël. Dans d’autres conflits, faire pression sur certains pays permet de faire évoluer leur position, a-t-il rappelé.
À son arrivée lundi à Bruxelles, le ministre luxembourgeois des Affaires étrangères, Xavier Bettel, a de son côté réagi avec agacement au document de la Commission. Pour lui, c’est tout simplement trop peu, trop tard : « Cela fait près de deux ans que nous réclamons ce genre de propositions. » « La Commission européenne n’est pas unanime et préfère donc débattre de la procédure plutôt que d’aborder le fond », a martelé le ministre des Affaires étrangères. Or, il existe actuellement une marge de manœuvre, a estimé Bettel. L’Italie et l’Autriche, qui comptent traditionnellement parmi les plus fervents défenseurs d’Israël au niveau européen, se seraient récemment montrées ouvertes à l’idée de sanctions, a-t-il ajouté. C’est pourquoi le Luxembourgeois souhaite tenter de « provoquer un vote ».
« Ces territoires ont été volés – avec la complicité de l’armée israélienne », a estimé Xavier Bettel. Toute autre mesure serait, de toute façon, inefficace et difficile à contrôler, a estimé le responsable du parti Demokratesch Partei (DP).
L’Irlande, les Pays-Bas et l’Espagne, ont déjà imposé leurs propres restrictions commerciales.
L’Union européenne est le premier partenaire commercial d’Israël, mais les échanges avec les implantations israéliennes en Cisjordanie représentent moins de 1 % du total, selon l’UE.
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