Des projets de loi retirés de l’agenda, le boycott des Haredim entrant dans sa 2e semaine
Les partis ultra-orthodoxes, qui font pression sur le Premier ministre Benjamin Netanyahu en faveur de l'adoption d'une législation exemptant les étudiants de yeshiva de service militaire, menacent de faire tomber la coalition
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Plusieurs projets de loi ont été retirés de l’ordre du jour de la séance plénière de la Knesset dans la journée de mercredi, alors que le boycott législatif partiel des partis Shas et Yahadout HaTorah entre dans sa deuxième semaine consécutive.
Les alliés ultra-orthodoxes du Premier ministre Benjamin Netanyahu se sont engagés à bloquer l’avancée des textes de leurs partenaires de la coalition en signe de mécontentement contre l’incapacité du gouvernement à faire adopter un projet de loi (très) controversé qui viendrait réglementer l’enrôlement des ultra-orthodoxes au sein de Tsahal en pleine guerre.
Les deux formations haredim exercent des pressions en faveur de l’adoption d’une législation qui consacrera l’exemption des étudiants en yeshiva et d’autres membres de la communauté, après que la Haute Cour a statué l’année dernière, au mois de juin, que ces exemptions, en place depuis des décennies, étaient illégales dans la mesure où elles n’étaient pas ancrées dans la loi.
Parmi les projets de loi qui ont été retirés de l’agenda, mercredi, des textes dont l’objectif est de diluer l’autorité du procureur général et de retirer au président de la Cour suprême le pouvoir de nommer des juges dans le cadre d’affaires spécifiques.
S’exprimant auprès du site d’information ultra-orthodoxe Kikar HaShabbat, la semaine dernière, le député de Yahadout HaTorah Yaakov Asher avait averti que si la Knesset n’adoptait pas le projet de loi sur l’exemption avant la fin de la session d’été – elle s’achèvera le 27 juillet – son parti ne serait plus en mesure de rester au sein du gouvernement.
« Si cette loi n’est pas approuvée au cours de cette session… nous aurons alors un très gros problème pour continuer à siéger dans un tel gouvernement, c’est tout », avait-il dit, ajoutant que Yahadout HaTorah « ne peut pas faire partie d’un gouvernement » qui transforme les haredim en « criminels ».
Les choses s’étaient encore aggravées le lendemain – l’armée annonçant mardi soir, que le chef d’état-major, le lieutenant-général Eyal Zamir, avait ordonné à l’administration du personnel de l’armée israélienne de fournir immédiatement un plan visant à « augmenter et optimiser » le nombre d’ordres d’incorporation envoyés aux jeunes hommes ultra-orthodoxes, ce qui avait encore davantage irrité la communauté haredi.
Depuis, Tsahal a lancé une opération qui vise à arrêter les personnes ayant ignoré les ordres d’enrôlement – ce qui a amené les politiciens ultra-orthodoxes à menacer de « fermer le gouvernement » si un seul étudiant de yeshiva devait être placé en détention.
Netanyahu a assuré aux leaders de la communauté, semble-t-il, qu’aucune arrestation de ce type n’était prévue. De son côté, le quotidien Maariv a fait savoir que des responsables de la sécurité avaient donné des garanties similaires aux haredim.
Lors de la séance plénière de la Knesset qui a eu lieu mercredi, le chef de l’opposition, Yair Lapid, a critiqué l’absence d’arrestations, exprimant un étonnement feint face au fait que « des milliers d’ordres de conscription ont été émis en direction des ultra-orthodoxes et ces derniers restent introuvables ».
« Personne ne sait où ils se trouvent. Je veux donc vous expliquer où se trouve Bnei Brak », a dit Lapid, qui a donné des indications sur la plus grande ville ultra-orthodoxe d’Israël.
Dans ce contexte de menaces et de boycotts, la crise de la conscription militaire – et avec elle l’avenir de la coalition – pourrait rapidement prendre fin.
Lors d’une réunion avec un groupe favorable à l’enrôlement qui a eu lieu mardi dans la soirée, le député du Likud Yuli Edelstein, qui est le président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense à la Knesset, a déclaré qu’il y avait un risque que « dans trois semaines, toute cette affaire puisse exploser », selon la chaîne d’information N12.
Évoquant une réunion, la semaine dernière, en présence de Netanyahu, du président du Shas Aryeh Deri et du ministre de la Défense, Israel Katz, Edelstein aurait indiqué qu’il avait clairement fait savoir qu’il n’était pas disposé à faire des compromis sur des questions de principe.
Cela fait longtemps qu’Edelstein bloque l’avancée de la législation sur l’exemption militaire au sein de sa commission, affirmant que toute loi sur la question du service haredi « devra augmenter de manière significative la base de conscription de Tsahal ».
La semaine dernière, il avait annoncé qu’après des mois de délibérations, la commission était prête à commencer à réécrire la législation – ce qui avait suscité des inquiétudes chez les haredim, qui craignent qu’il ne propose une version prévoyant des sanctions sévères à l’égard de toute personne susceptible de se soustraire à l’appel sous les drapeaux.
Des informations qui ont fuité d’une rencontre à huis-clos de la commission d’Edelstein, en début de semaine, ont laissé entendre que Netanyahu aurait établi que 10 500 hommes ultra-orthodoxes seraient enrôlés au sein de l’armée israélienne au cours des deux prochaines années et que ceux qui refuseraient de servir en subiraient les conséquences.
Un chiffre qui est nettement inférieur aux 12 000 nouveaux soldats dont Tsahal affirme avoir besoin. Edelstein a personnellement appelé à la mobilisation de tous les Israéliens éligibles au service, en fonction des besoins et des capacités de l’armée, à partir de 2026.
la Communauté du Times of Israël !







