Désarmement du Hezbollah : l’armée libanaise sous pression d’Israël et des Etats-Unis
Le Hezbollah possède toujours "des missiles de longue portée" et conserve "entre 20 et 30 %" de ses capacités militaires, selon Jérusalem
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L’armée libanaise, chargée de la lourde tâche de désarmer le mouvement terroriste pro-iranien Hezbollah, est soumise à d’intenses pressions israéliennes et américaines qui ont conduit à l’annulation d’une visite de son chef aux Etats-Unis cette semaine, indique un responsable militaire à l’AFP.
Depuis le cessez-le-feu qui a mis fin il y a un an à une guerre sanglante entre Israël et le Hezbollah, l’armée a consolidé sa présence dans le sud du Liban, où elle a déployé jusqu’à présent 9 000 militaires, selon cette source.
Conformément à l’accord de cessez-le-feu, ils doivent démanteler la présence militaire du Hezbollah entre la frontière avec Israël et le fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord.
L’armée a soumis un plan au gouvernement, dans lequel elle s’engage à accomplir cette tâche titanesque d’ici la fin de l’année, avant de procéder par étapes sur le reste du territoire libanais.
Mais si elle a déjà réquisitionné des armes et découvert des tunnels, elle se refuse à fouiller des maisons comme le demande Israël. Le Hezbollah est largement connu pour truffer les maisons d’armes.
« Nous respectons l’échéance approuvée par le gouvernement et agréée par toutes les parties, dont les Américains », souligne ce responsable qui a requis l’anonymat en raison du caractère sensible des informations.
« Mais ce qu’ils demandent, le désarmement dans tout le Liban d’ici la fin de l’année, est impossible », ajoute-t-il, exprimant la crainte que « les pressions américaines et israéliennes n’ouvrent la voie à une escalade » de la part d’Israël.
Les Etats-Unis exercent une forte pression sur le gouvernement libanais pour que le mouvement pro-iranien livre ses armes à l’armée, ce qu’il refuse jusqu’à présent.
Dans le même temps, Israël a intensifié ses attaques ces dernières semaines malgré le cessez-le-feu et continue d’occuper cinq points frontaliers au Liban, alors qu’il devait s’en retirer entièrement selon l’accord.
L’armée israélienne a de nouveau accusé mercredi le Hezbollah de reconstruire ses capacités militaires dans la zone frontalière et mené une série de frappes, affirmant viser le groupe, qui de son côté dit respecter la trêve.
Forte de quelque 80 000 membres, l’armée libanaise, qui dépend fortement de l’aide américaine, est un pilier de la stabilité dans le pays miné par les crises.
Son ancien commandant en chef, Joseph Aoun, a été élu président en janvier avec le soutien de la communauté internationale.
Mais l’annulation in extremis cette semaine d’une visite de son successeur, Rodolphe Haykal, aux Etats-Unis, a révélé la première crise de cette ampleur entre les deux parties.
Le général Haykal a renoncé à s’y rendre après que ses rendez-vous avec des responsables politiques et militaires américains ont été annulés, explique la source militaire.
Parmi eux figure l’influent sénateur républicain Lindsey Graham, qui a violemment critiqué l’armée sur X, lui reprochant d’avoir qualifié Israël, dans un récent communiqué, d’ « ennemi », et déplorant « son effort faible, presque non-existant, pour désarmer le Hezbollah ».
Le Liban et Israël sont toujours techniquement en état de guerre. La trêve est surveillée par un comité – qui tient des réunions périodiques – regroupant les Etats-Unis, la France, l’ONU, le Liban et Israël.
D’après le responsable militaire, le comité fait également pression sur l’armée libanaise, et lui a demandé « d’effectuer des fouilles de maisons dans les villages » du sud, à la recherche d’armes ou de tunnels creusés sous les habitations par le Hezbollah, ce qu’elle a refusé.
« On demande à l’armée libanaise de faire ce que l’armée israélienne n’a pas pu accomplir pendant la guerre avec ses missiles, ses avions et sa technologie », proteste le responsable.
Il ajoute que l’armée « ne dispose pas des capacités techniques ni des effectifs suffisants pour inspecter une aussi vaste région », et qu’elle veut éviter tout conflit avec la population locale acquise au Hezbollah.
Le responsable souligne qu’une conférence d’aide financière promise à l’armée par les donateurs internationaux ne s’est toujours pas tenue.
Interrogé par le bureau de l’AFP à Jérusalem, un responsable militaire israélien a affirmé que le mécanisme de surveillance du cessez-le-feu « marche, mais pas aussi vite qu’on le souhaite, et pas dans les endroits qu’on souhaite ».
« Le Hezbollah est en train de se reconstruire (…) Nous ne laisserons pas ces menaces croître », a-t-il assuré.
D’après lui, le Hezbollah possède toujours « des missiles de longue portée » et conserve « entre 20 et 30 % » de ses capacités militaires.
« On ne peut jamais atteindre zéro. Ce n’est pas possible (…) Pour atteindre zéro, il faudrait fouiller maison par maison partout au Liban, ce que nous attendons que l’armée libanaise fasse, car nous ne pouvons pas le faire nous-mêmes », a-t-il ajouté.
la Communauté du Times of Israël !







