Deux habitants de Holon arrêtés pour espionnage au profit de l’Iran
Selon la police, Maor Kringel a pris des photos de sites sensibles et lieux publics et sollicité davantage de missions lors de la guerre israélo-iranienne ; il a par ailleurs recruté Tal Amram pour faire de même
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Deux Israéliens soupçonnés d’espionnage pour le compte de l’Iran ont été arrêtés ces derniers mois, ont annoncé mardi la police israélienne et le Shin Bet dans un communiqué commun, alors que le procureur a déposé un document en vue de leur inculpation.
Maor Kringel, 26 ans, un habitant de Holon, a été arrêté en août après sept mois d’espionnage présumé pour le compte d’un agent iranien avec lequel il était en contact depuis le début de l’année. L’autre suspect est Tal Amram, lui aussi âgé de 26 ans et habitant de la même ville, que Kringel a recruté pour le compte des Iraniens.
Selon les informations de la police, Kringel a pris des photos de bases militaires et de lieux publics israéliens, allant jusqu’à prendre contact avec ses référents iraniens au moment de la guerre de 12 jours contre l’Iran, en juin dernier, dans l’espoir de mener davantage de missions. Selon des médias israéliens non sourcés, il était à l’époque réserviste de Tsahal.
Les enquêteurs se sont aperçus que Kringel avait été en contact avec des individus liés à VIPemployment, une organisation qui, sous couvert d’autres activités, recrute des Israéliens sur Internet pour les amener à espionner au profit de la république islamique.
Kringel aurait lui-même recruté Amram pour espionner également pour le compte de l’Iran. Les deux étaient payés en cryptomonnaie, comme dans d’autres cas d’Israéliens travaillant pour les services de renseignement iraniens.
Les deux hommes ont été arrêtés au terme de la même enquête menée par le Shin Bet et Lahav 433, l’unité des crimes majeurs de la police.
L’acte d’accusation contre les deux hommes sera déposé par les procureurs de l’État dans les tout prochains jours, a annoncé la police.
Selon des informations non sourcées de médias israéliens, les deux hommes auraient touché plusieurs milliers de dollars de la part des Iraniens.
La chaîne N12 a fait savoir que Kringel n’avait pas pu voir d’avocat, dans les tout premiers temps de sa garde à vue, et qu’il s’était effondré lors de l’interrogatoire, avouant les accusations portées contre lui. Après avoir vu son avocat, il a changé de version et a depuis refusé de coopérer avec les enquêteurs.
L’avocat en question, Nir David, a déclaré à la chaîne N12 que les accusations portées contre son client étaient « farfelues et infondées » et qu’il s’agissait manifestement d’une erreur d’identité.
La police et le Shin Bet ont redit que « les Israéliens ne doivent avoir aucun contact avec des entités de pays étrangers ou de nature incertaine, et ils ne doivent pas mener d’activités à leur profit moyennant rétribution ou autre gratification ».
Les deux hommes de Holon font partie des dizaines de ressortissants israéliensarrêtés et accusés d’espionnage pour le compte de la République islamique.
La semaine passée, Yaakov Perl, binational américano-israélien, a été accusé d’espionnage pour le compte de l’Iran, notamment de surveillance de l’ex-chef d’Etat-major de l’armée israélienne, Herzi Halevi, et du ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben Gvir.
Membre de la secte hassidique Satmar, Perl nourrit manifestement une profonde aversion pour le sionisme, ce qui l’a poussé à se rapprocher d’agents iraniens sur Internet.
Une semaine plus tôt, le tribunal de district de Jérusalem avait condamné Elimelech Stern, un étudiant ultra-orthodoxe de 22 ans de Beit Shemesh, pour espionnage au profit de l’Iran.
Des dizaines de cas ont été révélés ces deux dernières années démontrant que des agents iraniens étaient parvenus à recruter des Israéliens via les réseaux sociaux pour les faire espionner, en utilisant en particulier l’application de messagerie Telegram.
La plupart du temps, les espions commençaient par des tâches inoffensives – qui donnaient petit à petit lieu à des infractions plus graves, comme la collecte de renseignements ou des complots en vue d’assassiner des personnes.
Face au nombre toujours plus élevé d’agents iraniens, Israël a ouvert une nouvelle aile dans sa prison de Damon, à Haïfa.
Ces agents au profil improbable, d’origine très diverse, sont la plupart du temps des civils ordinaires, contactés sur Internet par des agents des services de renseignement iraniens. Il semble que cela fasse partie d’un plan de recrutement de grande ampleur commandité par Téhéran pour recueillir des renseignements sur les installations nucléaires et militaires d’Israël, ainsi que sur des personnalités israéliennes clés telles que des responsables de la défense et les scientifiques de haut niveau.
En juin, Israël a mené des frappes radicales pour détruire le programme nucléaire et balistique de l’Iran, estimant qu’ils constituaient une menace immédiate et existentielle pour l’État juif. L’Iran a réagi en tirant des missiles sur des installations militaires et des villes israéliennes.
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