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EInav Zangauker à son fils Matan : « mon amour, c’est fini la guerre ! »

Les vingt otages vivants ont été libérés en échange de 1 968 détenus emprisonnés en Israël, dans le cadre de la première phase du plan négocié sous l'égide des Etats-Unis

Cette photo distribuée par l'armée israélienne montre l'otage israélien libéré Matan Zangauker (à gauche), reçu par sa mère Einav Zangauker (à droite), le 13 octobre 2025. (Crédit : armée israélienne / AFP)
Cette photo distribuée par l'armée israélienne montre l'otage israélien libéré Matan Zangauker (à gauche), reçu par sa mère Einav Zangauker (à droite), le 13 octobre 2025. (Crédit : armée israélienne / AFP)

« Matan, mon amour, c’est fini la guerre ! », s’émeut Einav Zangauker. Sur l’écran du téléphone qu’elle tient fébrilement, le visage de son fils, dont la libération était alors imminente.

Quelques heures après ces images diffusées sur les réseaux sociaux, c’est l’effusion de joie pour elle comme pour les 19 autres familles qui retrouvent leurs proches après 738 jours de captivité dans la bande de Gaza en guerre.

« Ma vie, ma vie, ma vie, tu es ma vie, ma vie, tu es un héros ! », s’écrit Einav Zangauker en s’élançant dans les couloirs blancs d’un hôpital israélien, bras ouverts vers son fils de 25 ans.

Lui a été enlevé le 7 octobre 2023 à son domicile du kibboutz Nir Oz avec sa petite amie israélo-mexicaine lorsque des centaines de combattants du Hamas et ses alliés ont attaqué Israël. Au total, 251 personnes ont été kidnappées ce jour-là.

Sa mère est devenue un visage de la lutte acharnée des familles pour obtenir leur libération. Les étreintes sont fortes.

D’autres images diffusées par l’armée montrent des scènes similaires, comme celles des cris de joie et les sanglots des proches de Guy Gilboa-Dalal, 24 ans, qui avait été kidnappé lors du festival Nova. Les mots de sa mère, de sa soeur et de son frère fusent : « mon Guy, tu es à la maison ! », « c’est terminé, c’est derrière nous! », « tu ne sais pas combien tu m’as manqué ! »

Evyatar David et Guy Gilboa-Dalal s’étreignent à l’hôpital après leur libération le 13 octobre 2025. (Crédit : Bureau de presse du gouvernement)

Les vingt otages vivants ont été libérés en échange de 1 968 détenus emprisonnés en Israël, dans le cadre de la première phase du plan négocié sous l’égide des Etats-Unis et censé apporter une paix durable.

Aucune image n’a filtré du moment où les otages ont été remis aux équipes de la Croix-Rouge dans la bande de Gaza, pas plus que de leur prise en charge immédiate une fois arrivés en Israël.

Leur descente des hélicoptères est cachée des regards par de grandes bâches. Mais des images choisies filtrent par la suite aux médias. Elles montrent des otages libérés discutant avec des militaires israéliens, Avinatan Or, dans un treillis kaki le poing levé ou les jumeaux Gali et Ziv Berman vêtus de maillots de leur club de foot favori, le Maccabi Tel-Aviv, tout sourire.

L’ex-otage Avinatan Or, aux côtés d’une officière de l’armée israélienne, après plus de deux ans de captivité dans la bande de Gaza, le 13 octobre. (Crédit : Armée israélienne)

Chacune de ces images retransmises sur grand écran à Tel-Aviv, depuis une place devenue au fil des mois le centre névralgique de la mobilisation pour la libération des otages, déclenche des applaudissements parmi la foule de milliers de personnes.

« On attendait ce moment mais il reste de la tristesse pour ceux qui ne rentrent pas et pour les presque 2.000 morts de la guerre, deux ans de folie qui se terminent… Mais c’est une belle journée, celle qu’on attend depuis deux ans », décrit à l’AFP Ronny Edry, un enseignant de 54 ans.

Beaucoup se prennent dans les bras, l’ambiance est à la fête. Les mains se lèvent et les drapeaux israéliens s’agitent au survol d’hélicoptères militaires transportant les otages vers les hôpitaux.

« Euphorie »

Avant la confirmation de la libération, Noga, qui arbore un autocollant « dernier jour », confiait à l’AFP ressentir une sorte d' »euphorie », et être partagée entre « l’émotion et la tristesse pour ceux qui ne reviendront pas ».

Pour souligner ces libérations, le Forum des familles, la principale organisation de proches de captifs, avait organisé sur place une « nuit jaune », de la couleur du ruban associé aux otages en Israël, et qui a envahi l’espace public israélien, des ronds points aux poignées de portes de voitures ou aux guidons de poussettes.

La députée travailliste Emilie Moatti, à la Knesset, le 26 avril 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Émilie Moatti, ancienne députée travailliste et une des fondatrices de ce Forum, a dit à l’AFP être « très émue » en montrant la foule qui se rassemble, peinant à retenir ses larmes.

Enfant cachée en Pologne, Hanna Gofrit, 90 ans, se rappelle, elle, sa propre libération à l’âge de neuf ans d’un camp en Allemagne : « je n’aime pas les comparaisons, mais ça me frappe. »

La chanson Habayta (« à la maison », en hébreu), joue en boucle dans les haut-parleurs. Le titre, datant des années 1980 et s’adressant à l’origine aux soldats israéliens se battant au Liban, a été largement repris dans le pays depuis le 7-Octobre.

Il était entonné sur cette place lors de rassemblements hebdomadaires qui ont parfois réuni des dizaines de milliers de personnes au cours des deux dernières années.

Une foule immense réunie sur la Place des Otages à Tel Aviv et dans ses environs pour réclamer un accord en vue de la libération des otages détenus par le Hamas à Gaza, le 17 août 2025. (Crédit : Efrat Safran/Mouvement de protestation pour la démocratie)

« Il est certain que notre présence ici, notre mobilisation, a joué un rôle important, c’était un événement déterminant, Trump l’a vu », a dit une habituée des lieux, Shelly Bar Nir, 34 ans.

Une « mission nationale » est désormais « de prendre soin des rapatriés », selon les termes de Lena Koren Feldman, directrice de l’hôpital Beilinson dans lequel ont été admis certains des vingt ex-otages.

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