Élections en Israël : Des figures du 7-Octobre au cœur de la campagne
À travers elles, c'est une lutte acharnée autour de la mémoire du pire massacre jamais commis en Israël qui se dessine
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Sharon Sharabi s’est fait connaître en Israël en se battant pour faire revenir ses deux frères, otages à Gaza. Le mois prochain, il sera candidat aux élections législatives pour « s’assurer que le Hamas ne puisse pas se relever ».
Comme lui, plusieurs proches d’ex-otages, parents endeuillés ou combattants s’étant illustrés lors du pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 se présentent sous des bannières rivales. Ils incarnent à la fois la place centrale qu’occupe ce traumatisme dans le scrutin à venir et les fractures qu’il a creusées.
Car, à travers eux, c’est une lutte acharnée autour de la mémoire du pire massacre jamais commis en Israël qui se dessine, entre partisans d’une solution militaire écrasante à Gaza défendue par Benjamin Netanyahu et ceux qui réclament des comptes à l’actuelle coalition gouvernementale jugée responsable de failles sécuritaires.
Figure du principal collectif représentant les familles d’otages, Sharabi a retrouvé son frère Eli, rentré vivant de Gaza en février 2025. L’autre, Yossi, a été tué en captivité.
Candidat sur la liste d’Avigdor Liberman, ancien ministre de Netanyahu dont il est devenu un féroce détracteur, il explique à l’AFP se présenter pour s’ « assurer que le Hamas est vaincu et ne puisse pas se relever ».
Il veut aussi « venir en aide aux familles endeuillées et aux ex-otages qui ont été abandonnés par le gouvernement actuel », un reproche formulé par d’autres parents de captifs qui accusent Netanyahu d’avoir fait passer leur libération au second plan pendant la guerre à Gaza.
« Guidés par les héros »
À l’approche d’élections qui s’annoncent serrées, aucun camp ne veut laisser à l’autre le monopole du symbole que représentent les personnes associées au 7-Octobre.
De fait, la plupart des partis crédités d’assez de voix pour entrer au Parlement jouent cette carte. L’AFP a recensé neuf candidats ayant un lien direct avec le massacre.
Début septembre, lors de la présentation des candidats de son parti, le Likud, Netanyahu n’a pas mis en avant les ministres, préférant monter sur scène avec Talik Gvili, mère de Ran, un policier tué ce jour-là.
Son combat pour faire rapatrier la dépouille de son fils en a fait une figure connue du public. Neuvième sur la liste du Likud, elle est assurée d’être élue selon les sondages.
Dans une vidéo, elle a expliqué se lancer en politique pour reprendre le « flambeau » de son fils « qui, le 7-Octobre, est parti défendre le peuple d’Israël ».
Netanyahu a jugé qu’elle avait transformé « son histoire personnelle en une mission inspirante », illustrant par ces propos la valeur politique que les partis attachent à ces figures du traumatisme national.
Pour Myriam Shermer, analyste politique, « les Israéliens ont besoin de se sentir guidés par les héros du 7-Octobre », qui incarnent à leurs yeux « la bravoure et la résistance face aux épreuves ».
« Changer le pays »
De nombreux électeurs souhaitent « confier les rênes à ceux qui ont le plus souffert dans l’espoir de les voir changer le pays », explique à l’AFP la politologue, auteure du livre Knesset 2026 sur les prochaines élections législatives.
Une liste centriste menée par deux anciens Premiers ministres, Naftali Bennett et Yaïr Lapid, présente l’ancien général Noam Tibon comme candidat. Ce dernier est devenu un héros national après avoir rallié quelques soldats dispersés pour chasser le Hamas du kibboutz où vivait son fils.
Le principal rival de Netanyahu aux élections, l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot, a lui-même recruté Shira Shapira, dont le fils Aner a été touché par des grenades lancées par le mouvement terroriste dans un abri où il s’était réfugié avec d’autres personnes, avant d’être tué.
La présence dans plusieurs partis de ces personnes liées par des souffrances similaires peut-elle tendre des passerelles au sein d’une classe politique fortement polarisée à l’image du pays ?
Sharabi n’exclut pas « d’envisager une coalition entre nous » en cas d’objectifs partagés.
la Communauté du Times of Israël !







