Eliakim Stark compare la situation des Haredim à celle des Juifs pendant la Shoah
Les propos du candidat de Yahadout HaTorah ont suscité de vives critiques dans l’opposition et à droite, notamment de la part d’Ofer Winter et d’Avigdor Liberman
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Un nouveau candidat du parti Yahadout HaTorah a suscité jeudi de vives critiques pour avoir comparé la situation actuelle de la communauté ultra-orthodoxe en Israël à celle des Juifs pendant la Shoah, dans des propos rapportés par la presse israélienne.
Eliakim Stark, sixième sur la liste de Yahadout HaTorah, auquel les sondages accordent régulièrement au moins huit sièges en vue des élections du 27 octobre, a été filmé jeudi lors d’un meeting électoral à Beit Shemesh. Il y évoquait les difficultés rencontrées par de nombreux jeunes hommes haredim, qui ne peuvent se rendre à l’étranger pour rencontrer de potentielles épouses dans le cadre du système traditionnel de rencontres matrimoniales (shidduch). Visés par des ordres de conscription, ils risquent en effet d’être arrêtés à l’aéroport.
« Quand on veut organiser un shidduch à l’étranger, [la famille de la future mariée] doit venir en Israël parce que le jeune homme ne peut pas [prendre l’avion pour l’étranger] », a expliqué Stark.
« Je me suis fait une règle de ne pas parler de la Shoah les premières années, mais… je n’ai pas d’autre définition. Notre situation est proche de ce qui s’est passé pendant la Shoah… Cela me rappelle les récits de nos grands-parents », ajoute-t-il.
À un autre moment de l’événement, Stark s’en est pris à Noam Sohlberg, président de la commission centrale électorale (CEE) et vice-président de la Cour suprême, affirmant que sa vision du monde consistait à « s’en prendre aux Haredim pour prouver qu’on est un homme, pour montrer qu’on a réussi ».
Il a également affirmé qu’en Israël, « il vaut mieux être un terroriste – tuer des familles entières, car alors votre femme est protégée, on ne lui prendra pas sa maison, sa crèche, sa sécurité sociale – que d’être un juif haredi ».
Stark, 34 ans, appartient à la communauté hassidique de Belz. Né en Belgique, il vit à Jérusalem depuis des années et a exercé dans l’ombre les fonctions de conseiller et de militant politique. Il est considéré comme proche des dirigeants de sa communauté, mais aussi de l’entourage du Premier ministre Benjamin Netanyahu.
Il doit remplacer Yisrael Eichler, qui représente depuis longtemps la communauté de Belz au sein de Yahadout HaTorah.
Lors du même événement, Eichler a affirmé estimer que « c’est la dernière fois qu’ils permettront aux Haredim de voter aux élections ».
Ces propos ont été vivement critiqués par des membres de l’opposition, mais aussi par Ofer Winter, chef du nouveau parti de droite Amkha Yisrael. Celui-ci s’est engagé à rejoindre le bloc pro-Netanyahu, tout en promettant de faire adopter une loi imposant la conscription des hommes ultra-orthodoxes dans l’armée. Netanyahu a lancé une campagne contre Winter, affirmant qu’il s’allierait à l’opposition.
« Les propos choquants du futur député Eliakim Stark sont une honte pour tout Israélien et tout Juif », a déclaré Winter. « Ils ne surviennent pas dans le vide, mais dans un contexte marqué par le silence du Premier ministre et des hauts responsables du gouvernement face aux appels choquants dirigés contre Tsahal lors des manifestations de la Faction de Jérusalem ».
La « Faction de Jérusalem » est un groupe ultra-orthodoxe extrémiste qui organise régulièrement des manifestations et des émeutes contre la conscription des Haredim et les arrestations ponctuelles de réfractaires.
Winter a ajouté que ces propos montraient pourquoi la prochaine coalition ne devait pas dépendre de Yahadout HaTorah et a exhorté les dirigeants haredim, ainsi que le Premier ministre et les ministres, à les condamner.
Avigdor Liberman, chef du parti d’opposition Yisrael Beytenu, a qualifié ces propos « d’effroyables. Un représentant de Yahadout HaTorah, sans lequel Bibi ne peut former de gouvernement, explique qu’en Israël, il vaut “mieux être un terroriste”. Et comme si cela ne suffisait pas, il a comparé la situation des réfractaires à celle des Juifs pendant la Shoah ».
la Communauté du Times of Israël !







