Eliyahu pourrait préserver les maisons de Beeri ravagées le 7-Octobre malgré le vote du kibboutz en faveur de leur démolition
Le ministre envisage, en "dernier recours", de classer les bâtiments comme sites patrimoniaux à la demande de familles endeuillées ; de nombreux membres du kibboutz souhaitent tourner la page
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Le ministre du Patrimoine, Amichaï Eliyahu, envisage de classer certains logements du kibboutz Beeri, situé près de la frontière avec Gaza, qui ont été détruits le 7 octobre 2023, comme sites du patrimoine national, a indiqué son bureau, quelques jours après que les habitants ont voté en faveur de la démolition de tous ces logements, à l’exception d’un seul.
Les membres du kibboutz ont voté cette semaine, soit plus de deux ans après l’assaut barbare et sanglant perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas qui a causé de graves dégâts au kibboutz. La décision de démolir les maisons a été adoptée par 196 voix contre 146.
Beeri a été la communauté la plus durement touchée par l’attaque du Hamas du 7-Octobre. Au total, 101 civils et 31 membres de la sécurité ont été tués à Beeri, qui compte environ 1 000 habitants. Trente habitants et deux civils ont également été pris en otage par les terroristes palestiniens. Plusieurs dizaines de maisons ont été endommagées, voire détruites, au cours des combats.
La chaîne N12 a rapporté mercredi qu’Eliyahu envisageait d’utiliser une clause de la loi sur les antiquités lui permettant de désigner un bâtiment de construction plus moderne comme devant être préservé s’il revêt une importance historique.
En sa qualité de ministre du Patrimoine, Eliyahu a le pouvoir de classer un bâtiment construit après 1700 comme site du patrimoine s’il revêt une importance historique évidente.
Interrogé à ce sujet, le bureau d’Eliyahu a publié jeudi un communiqué confirmant tacitement que cette mesure était envisagée, précisant qu’il s’agirait d’une mesure « de dernier recours ».
Le bureau a indiqué avoir reçu « de nombreuses demandes […] de la part des familles des personnes assassinées dans les villes et les kibboutzim afin d’invoquer la clause de cette loi qui permet de désigner certains lieux comme sites du patrimoine national ».
« Le ministère du Patrimoine travaille sans relâche depuis plus de deux ans pour parvenir à des accords globaux avec chaque communauté et chaque kibboutz, en fonction de leur caractère et de leurs besoins spécifiques » a-t-il ajouté.
Beeri a annoncé lundi que ses habitants avaient voté en faveur de la démolition de toutes les maisons endommagées dans les deux quartiers les plus touchés le 7-Octobre, à l’exception d’une seule maison qui restera en mémoire de la destruction et du carnage.
Dans un premier temps, la maison restera telle quelle pendant cinq ans. Le kibboutz n’a pas précisé laquelle.
Ofer Gitaï, directeur communautaire de Beeri, a expliqué que cette initiative contribuerait à « préserver la mémoire des événements d’octobre, dans le respect du récit choisi par la communauté elle-même, qui gardera ainsi le contrôle total de son histoire ».
Un résident ayant plaidé en faveur de la démolition a déclaré lors du vote qu’il « ne voulait pas retourner vivre à Yad Vashem », faisant référence au Musée de la Shoah de Jérusalem.
« Nous ne voulons pas vivre à Auschwitz », a déclaré un autre habitant à Ynet.
« Nous devons nous relever et aller de l’avant. »
Cette décision n’a toutefois pas fait l’unanimité, de nombreux membres de la communauté estimant que la démolition des maisons reviendrait à effacer une partie de l’histoire du kibboutz.
Une porte-parole du kibboutz a expliqué au Times of Israel, après le vote de lundi, que la plupart des 62 maisons des deux quartiers devant être démolies avaient été incendiées ou endommagées, et qu’elles seraient toutes rasées, à l’exception d’une seule, qui serait conservée à titre de témoignage. Il n’était pas prévu de reconstruire sur le site.
De nouveaux travaux de construction sont en cours de l’autre côté, à l’est de la communauté, où 80 maisons sont en cours de construction grâce au financement de l’Autorité Tekuma, l’administration publique chargée de la réhabilitation de la zone frontalière de Gaza.
Environ 80 habitants de Beeri sont retournés au kibboutz, tandis que la plupart sont provisoirement hébergés au kibboutz Hatzerim, également situé dans la région du Néguev, au sud d’Israël. Ils espèrent pouvoir rentrer chez eux l’été prochain.
Sue Surkes a contribué à cet article.
la Communauté du Times of Israël !







