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En 1942, le mariage d’un couple sauve un homme juif de la déportation

Le mariage de Josette et Jacques Dubreuilh a permis à Henri Rosmarin de s'enfuir ; en juin, le fils de ce survivant a pu enfin rencontrer Josette

L’Hôtel de ville d’Antibes, en 2011. (Crédit : Aimelaime / Domaine public)
L’Hôtel de ville d’Antibes, en 2011. (Crédit : Aimelaime / Domaine public)

C’est une histoire pour le moins incroyable que l’on peut lire dans les colonnes du journal régional La Renaissance : le mariage d’un couple à Antibes en 1942 a permis de sauver un homme juif de la déportation. C’est au début des années 1960 que Josette Dubreuilh apprend par une lettre le sort de Henri Rosmarin, sauvé le jour de son mariage avec Jacques.

Elle découvre dans la lettre que Henri Rosmarin, un Juif de Belgique, se réfugia à Juan-les-Pins après l’invasion de son pays par les troupes de l’Allemagne nazie et qu’il fut arrêté par les gendarmes en 1942 puis conduit avec d’autres Juifs à la mairie d’Antibes. Au même moment, Josette et Jacques Dubreuilh célébraient leur union.

« Curieux, les deux gendarmes regardèrent le cortège », poursuit la lettre. « Ces quelques instants suffirent au jeune homme pour se mêler au milieu du cortège et ressortir par la porte de derrière, après qu’il eut vu ses amis lui faire signe de filer en vitesse. C’est ce qu’il fit. Il avait quelques tickets de pain, s’acheta un beau morceau, car il était affamé, puis se réfugia chez un épicier de Juan-les-Pins pendant deux jours. Après, il alla à Nice où l’évêque lui installa un refuge dans le clocher d’une église. Il put enfin rejoindre la Suisse par des passeurs. »

C’est la fille de Josette et Jacques Dubreuilh qui, ayant retrouvé la lettre des années plus tard, décide de partir à la recherche de Henri Rosmarin. Elle entre en contact avec Alexandre, son fils, qui a tenu à rencontrer Josette Dubreuilh.

La rencontre a finalement eu lieu en juin dernier, et elle a permis à Josette et Alexandre d’échanger sur l’histoire touchante qui les relie.

« Ce fut un moment hors du temps, très émouvant pour l’un comme pour l’autre », a raconté la fille de Josette Dubreuilh à La Renaissance. « Alexandre admire son père, mort trop tôt. Ses grands-parents et le reste de sa famille, Juifs polonais qui habitaient Cracovie, sont tous morts à Auschwitz. En août 1942, il y a eu à Antibes des rafles de Juifs envoyés à Drancy puis en convoi dans les camps d’extermination. »

Josette Dubreuilh est décédée le 19 juillet dernier, à l’âge de 101 ans, et a eu le bonheur de vivre ces belles retrouvailles un mois plus tôt.

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