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En Israël, l’attaque de Sydney ravive le spectre du 7-Octobre et ternit la fête de Hanoukka

Israéliens et des juifs australiens se sont rassemblés pour une cérémonie à la mémoire des 15 victimes de l'attaque survenue à Sydney lors d'une célébration de Hanouka sur la plage de Bondi

Un homme porte le drapeau britannique sur les épaules lors d'une veillée aux chandelles quelques heures après que deux hommes armés ont abattu des personnes rassemblées sur la plage australienne de Bondi pour la fête juive de Hanoukka, à Tel Aviv, le 14 décembre 2025. (Crédit : JOHN WESSELS / AFP)
Un homme porte le drapeau britannique sur les épaules lors d'une veillée aux chandelles quelques heures après que deux hommes armés ont abattu des personnes rassemblées sur la plage australienne de Bondi pour la fête juive de Hanoukka, à Tel Aviv, le 14 décembre 2025. (Crédit : JOHN WESSELS / AFP)

Bougies allumées face à la mer, drapeaux australiens mêlés aux bleu et blanc israéliens : en Israël, la fête juive de Hanouka se déroule sous le choc de l’attaque meurtrière de Sydney, qui ravive chez certains le souvenir douloureux du 7-Octobre.

Dimanche soir, sur une plage de Tel-Aviv, des Israéliens et des juifs australiens se sont rassemblés pour une cérémonie à la mémoire des 15 victimes de l’attaque survenue dimanche à Sydney lors d’une célébration de Hanouka sur la plage de Bondi.

Sous la fraîcheur du soir, les participants ont disposé des bougies sur le sol pour former une étoile de David.

« C’est une période très difficile pour notre communauté. Nous avons perdu un rabbin, nous avons perdu des amis, nous avons perdu des enfants », confie Nir Golan, qui se présente comme juif australien.

« De l’obscurité jaillit la lumière, prions tous pour la paix et la guérison de la communauté de Sydney », poursuit-il, la voix chargée d’émotion.

L’attaque de Sydney est survenue alors que débutait Hanouka, marquée par l’allumage de bougies chaque soir pendant huit jours, d’où le surnom de « fête des lumières ».

Des Israéliens placent des veilleuses en forme d’étoile de David lors d’une veillée aux chandelles quelques heures après que deux hommes armés ont abattu des personnes rassemblées sur la plage de Bondi en Australie pour la fête juive de Hanoukka, à Tel-Aviv, le 14 décembre 2025. (Crédit : JOHN WESSELS / AFP)

A Jérusalem, l’émotion est tout aussi palpable. Chez Kadosh, une enseigne réputée pour ses pâtisseries, où on se presse pour acheter les traditionnels beignets, Bill Fogel confie sa détresse.

« Hier soir, c’était affreux, ça nous a ramenés au 7-Octobre comme pour tellement de personnes ici, un vrai traumatisme », dit ce juif israélo-américain de 69 ans, qui a allumé la première bougie de sa hanoukkia (chandelier utilisé à Hanouka) avec des amis originaires de Sydney et fidèles du rabbin tué dans l’attaque.

« Etre juif signifie faire sans cesse attention », glisse-t-il, en référence à l’attaque sans précédent du 7 octobre 2023 contre Israël, qui a déclenché la guerre à Gaza.

 

– « Faire sans cesse attention » –
A ses côtés, Ayelet, 37 ans, estime que « la lumière de la fête a été un peu éteinte par cet attentat ».

« Nos coeurs sont avec les habitants de Sydney mais comme pour le 7-Octobre, on se renforcera, on saura se relever de cette attaque et continuer de célébrer autant qu’on peut », assure-t-elle, ne souhaitant pas donner son nom de famille.

La tuerie de Sydney a également suscité un vif émoi dans la presse israélien.

Sous le titre « Massacre de Hanouka », le quotidien Yediot Aharonot appelle Israël à tendre la main à la communauté juive australienne.

« Pendant deux ans, ils ont mis en pause leurs vies pour venir en aide aux Israéliens en difficulté », écrit dans son éditorial le journaliste Nadav Eyal. « Maintenant, c’est à nous de nous poser la question: que pouvons-nous faire pour eux? ».

« La lumière de Hanouka s’est éteinte », titre pour sa part le journal Israel Hayom.

Dans ce climat tendu, Israël a annoncé un renforcement des consignes de sécurité à destination de ses voyageurs.

« Il est fortement recommandé d’éviter les événements publics non sécurisés, y compris les événements dans les synagogues », indique le bureau du Premier ministre dans un communiqué.

Sur la place Zion, au centre de Jérusalem, entre chanteurs de rue et jeunes distribuant des beignets aux passants, Elinor Chaïm, 29 ans, refuse toutefois « de se laisser entraîner dans la tristesse ».

« On ne doit pas laisser l’obscurité gagner sur la lumière », tranche-t-elle. « C’est le sens même de la fête » de Hanouka.

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