Englman : Israël, qui dépend fortement du gaz fossile, ne dispose pas de réservoir terrestre
Seules certaines parties du rapport d'audit, réalisé entre août 2024 et avril 2025 ont été publiées, la divulgation de l'intégralité pouvant compromettre la sécurité nationale
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Sue Surkes est la journaliste spécialisée dans l'environnement du Times of Israel.
Israël ne dispose d’aucun réservoir terrestre de stockage de gaz naturel pour garantir l’approvisionnement en cette énergie fossile vitale en cas d’urgence, selon un audit public qui a été diffusé mardi et qui a révélé des « vulnérabilités critiques » dans la principale source d’énergie du pays.
Le rapport du contrôleur de l’État sur la préparation du secteur énergétique aux situations d’urgence a aussi semblé inviter le gouvernement à reconsidérer la fermeture des raffineries de pétrole prévue dans le cadre d’un plan de réaménagement de la baie de Haïfa, même si le médiateur a tenté de revenir sur son positionnement avant la publication du rapport.
Israël dépend des réserves de gaz naturel offshore pour plus de 40 % de ses besoins énergétiques et pour 70 % de ses besoins en électricité. Mais la production et la distribution ont été interrompues à deux reprises au cours des deux dernières années pendant des périodes de conflit intense, ce qui soulève des questions concernant les menaces qui pèsent sur l’approvisionnement en cas d’urgence.
« Contrairement à d’autres pays industrialisés examinés, tels que l’Allemagne, la France et le Japon, Israël ne dispose d’aucun réservoir stratégique de stockage de gaz naturel », indique le rapport. « Ce qui est particulièrement préoccupant étant donné que ces pays dépendent moins du gaz naturel comme source d’énergie primaire qu’Israël ».
Selon le contrôleur de l’État Matanyahu Englman, l’Autorité israélienne du gaz naturel n’a pas encore finalisé les principes détaillés concernant l’élaboration d’une politique de stockage de gaz naturel à terre.
En outre, il n’y a aucune règle sur la manière de hiérarchiser l’approvisionnement en gaz naturel de certaines installations énergétiques en cas de pénurie.
Le rapport souligne que le ministère de l’Énergie ne dispose pas de l’autorité légale nécessaire pour superviser efficacement les centrales électriques ou pour garantir la mobilisation d’un nombre suffisant de travailleurs essentiels pour les faire fonctionner en cas de crise.
L’approvisionnement en gaz d’Israël est assuré par trois gisements offshore — Tamar, Leviathan et Karish — qui ont été découverts au cours des 20 dernières années dans les eaux économiques du pays au large de la côte méditerranéenne.
La plate-forme Tamar, qui est située au plus près de la bande de Gaza, a été fermée pendant environ cinq semaines au début de la guerre qui a éclaté au mois d’octobre 2023, par crainte d’attaques à la roquette et au drone.
L’approvisionnement en gaz a également été interrompu au mois de juin dernier, l’État juif anticipant des attaques aux missiles pendant la guerre de 12 jours avec l’Iran.
Au cours d’un barrage, la raffinerie de pétrole de Bazan, dans la ville de Haïfa, a été directement touchée, tuant trois travailleurs et interrompant la production.
Lorsque le gaz vient à manquer, le pays utilise du charbon importé ou du diesel, dont une grande partie est produite par Bazan.
Israël tire également 44 % de son gaz de pétrole liquéfié, utilisé pour le chauffage, l’eau chaude et la cuisine, de Bazan.
Selon le contrôleur, la fermeture prévue de Bazan – fermeture qui a fait suite à une campagne publique menée depuis des décennies pour fermer les raffineries polluantes – obligerait Israël à dépendre d’un seul importateur pour 80 % de son GPL.
Dans son rapport, Englman conclut que les conflits récents ont « mis en évidence l’importance cruciale des activités de Bazan ».
Il recommande que le Conseil économique national, en collaboration avec les ministères de l’Énergie et des Finances et le Conseil national de sécurité, « réexamine les hypothèses fondamentales qui sous-tendent » la décision prise par le gouvernement, au mois de mars 2022, de fermer les raffineries d’ici la fin de la décennie.
La fermeture des usines vise à ouvrir la voie à la transformation de Haïfa et de sa baie, fortement industrialisée, en une métropole rivalisant avec la région de Tel Aviv en termes d’opportunités d’emploi et de qualité de vie.
Les plans de réaménagement de la ville sont déjà en cours dans le cadre d’une direction pour le développement de la baie de Haïfa relevant du cabinet du Premier ministre, même si le groupe Bazan, détenu par la société cotée en bourse Petrochemical Enterprises, continue apparemment de tenter de s’opposer à sa fermeture.
Juste avant la publication du rapport mardi, le bureau du contrôleur de l’État a semblé revenir sur son soutien à la remise en question de la fermeture dans une déclaration au Times of Israel et à d’autres médias.
Il a expliqué que le contrôleur ne cherchait pas à maintenir Bazan en activité et qu’il avait mis en garde contre les risques liés à l’emplacement des raffineries avant même la guerre.
Dans sa déclaration, le contrôleur a indiqué qu’il demandait simplement au gouvernement de garantir la continuité fonctionnelle du secteur énergétique, « en mettant particulièrement l’accent sur les situations d’urgence et les périodes de guerre ».
Yuval Admon, à la tête de la baie de Haïfa, a contesté les avertissements lancés par le contrôleur de l’État concernant la dépendance à l’égard d’un seul importateur de GPL, soulignant qu’une fois l’usine Bazan fermée, le marché d’importation plus vaste deviendrait plus attractif pour les fournisseurs et que d’autres entreprises se manifesteraient probablement.
L’une des tâches principales de la direction de Haïfa est de créer un nouveau port de distillats pour les importations et de localiser et sélectionner des sites pour le stockage de ces approvisionnements.
Le rapport du contrôleur a critiqué les querelles interministérielles qui ont retardé la mise en place des réglementations nécessaires pour les stocks de carburant d’urgence et qui ont compliqué l’accès aux terrains pour la construction et l’entretien des infrastructures souterraines de carburant.
Les désaccords entre les ministères de la Défense, de l’Énergie et des Finances ont également empêché la prise de décisions sur les recommandations d’un comité chargé de la gestion des stocks de distillats de carburant d’urgence.
Seules certaines parties du rapport ont été publiées à la suite d’une décision de la sous-commission de contrôle de l’État de la Knesset, qui a estimé que la publication de l’intégralité de l’audit pourrait compromettre la sécurité nationale.
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