Envers et contre tout, Strasbourg maintient ses « Sacrées journées » oecuméniques
Cette célébration culminera jeudi 16 octobre avec des ensembles chrétien, juif et musulman se produisant à la grande mosquée le matin devant des enfants des écoles
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Des ensembles chrétien, juif et musulman, qui se succèdent à la cathédrale et à la mosquée: Strasbourg présente jusqu’au 19 octobre ses « Sacrées journées », un festival de musiques religieuses, en dépit des tensions liées à la guerre à Gaza.
Un maître arménien qui joue de l’oud dans une église protestante, suivi par des griots franco-burkinabés et des chants du soufisme persan… Jusqu’au 19 octobre, le festival ouvre la porte à une infinie variété de styles et de croyances, à travers une trentaine d’événements répartis entre Strasbourg et cinq villes voisines, y compris à Kehl en Allemagne.
Un « pélerinage sonore porté par plus de 200 artistes venus de 15 pays, dans des lieux spirituels emblématiques du territoire strasbourgeois et alsacien », comme le souligne la maire de la ville, Jeanne Barseghian.
« C’est un sacré challenge », résume pour l’AFP Lilia Bensedrine-Thabet, directrice administrative de l’événement lancé en 2011 avec pour mission « d’apprendre à nous rencontrer, nous connaître, pour vivre ensemble de manière apaisée ».
Signe des tensions apparues dans la capitale alsacienne depuis le 7 octobre 2023, la grande synagogue ne participe plus à l’événement, même si des musiciens juifs continuent à se produire dans d’autres lieux de culte.
« Nous sommes conscients de la sensibilité de notre projet », confie Mme Bensedrine-Thabet, qui reconnaît « une prise de risque » des organisateurs du festival. « Ce message de paix ne va pas de soi, on reçoit des menaces », témoigne-t-elle.
Mais « à une époque marquée par les divisions, notre festival est un acte de résistance culturelle et spirituelle, un pont entre les mondes, une célébration du vivre-ensemble par la musique et la danse ».
Cette célébration culminera jeudi 16 octobre avec des ensembles chrétien, juif et musulman se produisant à la grande mosquée le matin devant des enfants des écoles. Puis le soir, d’autres musiciens des mêmes religions se succédant pendant une demi-heure chacun à la cathédrale de Strasbourg.
La cité alsacienne a connu ces dernières années des tensions autour du conflit à Gaza, amenant début août la préfecture du Bas-Rhin à interdire à une manifestation pro-palestinienne de défiler dans un quartier où vit une importante communauté juive.
Israël est en guerre contre le Hamas depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut des communautés du sud d’Israël, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages. Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent 50 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Vingt d’entre eux seraient encore en vie.
Le ministère de la santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que plus de 65000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ce bilan, qui ne peut être vérifié et qui ne fait pas la distinction entre terroristes et civils, inclut les quelque 20 000 terroristes qu’Israël affirme avoir tués au combat et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.
Israël affirme s’efforcer de minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les Gazaouis comme boucliers humains, en menant ses combats depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
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