« Équipage musulman » : Les navires en mer Rouge diffusent des messages pour éviter les frappes des Houthis
Les rebelles soutenus par l'Iran ont intensifié leurs attaques contre le transport maritime international ces derniers jours, après une accalmie de plusieurs mois, et ils ont coulé deux navires qui, selon eux, étaient liés à Israël
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LONDRES – Les navires commerciaux qui naviguent encore en mer Rouge diffusent des messages sur leur nationalité – et même sur leur religion – par le biais de leurs systèmes de repérage publics pour éviter d’être pris pour cible par les Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, après les attaques meurtrières qui ont été menées cette semaine par les rebelles.
La mer Rouge est un itinéraire maritime déterminant pour le déplacement du pétrole et des marchandises, mais le trafic a fortement diminué depuis que les Houthis ont commencé à attaquer les bateaux qui transitent au large des côtes du Yémen au mois de novembre 2023. Le groupe soutenu par l’Iran a indiqué que ces frappes venaient en signe de solidarité avec les Palestiniens dans le cadre de la guerre à Gaza.
Le groupe a coulé deux navires cette semaine, après des mois de calme, et son chef Abdul Malik al-Houthi a réaffirmé qu’aucun bateau transportant des marchandises liées à Israël ne passerait.
Ces derniers jours, de plus en plus de navires naviguant dans le sud de la mer Rouge et dans l’étroit détroit de Bab al-Mandab ont ajouté des messages à leur profil de suivi public AIS – profil qu’il est possible de consulter.
Ces messages font notamment référence à un équipage et à une entreprise entièrement chinois et signalent la présence de gardes armés à bord.
« Tous les membres de l’équipage sont musulmans », est-il écrit dans un message, tandis que d’autres indiquent clairement que les navires n’entretiennent aucun lien avec Israël, selon les données AIS de MarineTraffic et de LSEG sur le suivi des navires.
Des sources proches des services de sécurité maritime ont noté qu’il s’agissait là d’un signe de désespoir croissant de la part des équipages soucieux d’éviter les attaques des commandos houthis ou de drones meurtriers, mais elles ont également estimé qu’il était peu probable que cela fasse une différence.
La préparation des services de renseignement Houthis est « beaucoup plus profonde », a précisé l’une des sources.
Des bateaux qui appartenaient à la flotte des deux navires qui ont été attaqués et coulés par les Houthis, cette semaine, avaient fait escale dans des ports israéliens au cours des douze derniers mois, d’après une analyse faites par les services de transport maritime.
Les sources de sécurité maritime ont déclaré que même si les compagnies maritimes devaient se montrer plus vigilantes sur tous les liens tangentiels avec Israël avant de naviguer en mer Rouge, le risque d’attaque restait élevé.
Au mois de mars 2024, les Houthis avaient tiré des missiles balistiques en direction du pétrolier chinois Huang Pu, alors qu’ils avaient précédemment déclaré qu’ils n’attaqueraient pas les navires chinois, selon le commandement central américain.
Les Houthis ont également pris pour cible des navires faisant du commerce avec la Russie.
« Malgré les cessez-le-feu déclarés, des zones telles que la mer Rouge et le détroit de Bab al-Mandab restent considérées comme à haut risque par les assureurs », a écrit le courtier en assurances Aon dans un rapport qui a été publié cette semaine.
« Une surveillance continue et des mesures de sécurité adaptées sont essentielles pour les opérateurs de navires », a-t-il ajouté dans son rapport.
Les Houthis, qui contrôlent de vastes régions du Yémen – mais ils ne constituent pas le gouvernement internationalement reconnu du pays – ont conclu un accord de cessez-le-feu avec les États-Unis au mois de mai mai et ont ensuite cessé leurs attaques à l’encontre des navires commerciaux pendant environ deux mois.
Les Houthis ont également poursuivi leurs attaques de missiles balistiques contre Israël, qu’ils n’ont pas interrompues dans le cadre de leur cessez-le-feu avec les États-Unis.
Le coût de l’assurance pour le transport de marchandises par la mer Rouge a plus que doublé depuis les attaques de cette semaine, et certains assureurs ont cessé de couvrir certains voyages.
Selon les données de Lloyd’s List Intelligence, le nombre de navires empruntant quotidiennement le détroit, situé à l’extrémité sud de la mer Rouge et point d’accès au golfe d’Aden, était de 35 le 10 juillet et de 32 le 9 juillet, contre 43 le 1er juillet.
Au mois d’octobre 2023, avant le début des attaques des Houthis, la moyenne quotidienne était de 79 navires.
« Les marins sont l’épine dorsale du commerce mondial et ils assurent l’approvisionnement des pays en denrées alimentaires, en carburant et en médicaments. Ils ne devraient pas avoir à risquer leur vie pour faire leur travail », a commenté cette semaine l’association britannique Seafarers’ Charity.
Du mois de novembre 2023 au mois de décembre suivant, les Houthis avaient pris pour cible plus de 100 navires à l’aide de missiles et de drones, dans le cadre d’une campagne « de soutien aux Palestiniens de la bande de Gaza dans le contexte de la guerre entre Israël et le Hamas », ont dit les rebelles houthis.
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