Erdogan : les US et les autres pays doivent obliger Israël à respecter le cessez-le-feu à Gaza
Pour le dirigeant turc, fervent critique d'Israël, les violations apparentes commises par l'État juif devraient faire l'objet de sanctions ou d'un arrêt des ventes d'armes
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ANKARA — Le président turc Tayyip Erdogan a déclaré que les États-Unis, ainsi que d’autres pays, devaient intensifier leurs efforts – notamment en recourant à des sanctions ou en suspendant les ventes d’armes – pour obtenir d’Israël qu’il mettre un terme à ce que le dirigeant d’Ankara a qualifié de violations de l’accord de cessez-le-feu à Gaza.
La Turquie, membre de l’OTAN, est aussi l’un des critiques les plus virulents de la campagne israélienne à Gaza. Le pays a rejoint les négociations sur le cessez-le-feu en tant que médiateur, après une implication largement indirecte. L’importance accrue de son rôle a fait suite à une rencontre, le mois dernier, entre Erdogan et le président américain, Donald Trump, à la Maison Blanche.
Israël fait preuve d’une grande méfiance à l’égard de l’implication de la Turquie et de son dirigeant Erdogan. Ce dernier a en effet, tout au long de la guerre, comparé Israël à l’Allemagne nazie. Il a accusé à plusieurs reprises l’État juif de commettre un génocide, et il a qualifié le groupe terroriste du Hamas de combattants de la liberté.
« La Turquie fait tout ce qui est en son pouvoir pour que le cessez-le-feu soit respecté. Le Hamas respecte le cessez-le-feu. En réalité, il démontre publiquement son engagement à cet égard. Israël, pour sa part, continue de violer le cessez-le-feu », a indiqué Erdogan aux journalistes durant le vol de retour d’une tournée régionale dans le Golfe.
« La communauté internationale, notamment les États-Unis, doivent faire davantage pour obtenir et garantir le respect total par Israël du cessez-le-feu et de l’accord », a-t-il souligné, selon une retranscription de ses propos qui a été diffusée vendredi par son bureau.
« Israël doit être contraint de tenir ses promesses par le biais de sanctions, incluant notamment l’arrêt des ventes d’armes. »
Ankara a fait part de son intention de se joindre à un « groupe de travail » chargé de superviser la mise en œuvre du cessez-le-feu, assurant que ses forces armées pourraient intervenir à titre militaire ou civil en fonction des besoins, et la Turquie a fait savoir qu’elle jouerait un rôle actif dans la reconstruction de l’enclave.
Israël est fermement opposé à toute implication étroite de la Turquie à Gaza. Trump, au contraire, a fait pression en faveur de l’intégration d’Ankara.
En visite en Israël dans le but de consolider le cessez-le-feu, le secrétaire d’État américain Marco Rubio a fait savoir vendredi que la force de sécurité internationale prévue pour Gaza devrait être composée de « pays acceptés par Israël », refusant toutefois de commenter spécifiquement la question de l’implication de la Turquie.
Erdogan a annoncé que les discussions à ce sujet étaient toujours en cours.
« Les entretiens sur la force opérationnelle qui sera déployée à Gaza se poursuivent. Les modalités ne sont pas encore clairement définies. Il s’agit d’une question multiforme requérant des négociations approfondies. Nous sommes prêts à fournir à Gaza toute forme de soutien sur cette question », a-t-il expliqué.
Erdogan a également renouvelé l’appel qu’il avait précédemment lancé aux États du Golfe, les enjoignant à prendre dès maintenant des mesures visant à financer les efforts de reconstruction de Gaza, arguant que personne ne pouvait accomplir cette tâche à lui seul.
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