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Face à « l’incertitude politique », la Banque d’Israël maintient ses taux d’intérêt à 4,5 %

Revoyant ses prévisions de croissance économique à la baisse, l'économie israélienne devrait connaître une croissance de 2,5 % en 2025, estimée en juillet à 3,3 %

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Billets de 100 shekels, vus le 31 décembre 2017. Illustration (Crédit : Nati Shohat/Flash90)
Billets de 100 shekels, vus le 31 décembre 2017. Illustration (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

La Banque centrale d’Israël a décidé lundi de maintenir ses taux d’intérêt inchangés à 4,5 %, pour la 14e fois consécutive, invoquant une « forte incertitude politique », tout en mettant en garde contre un ralentissement de la croissance économique cette année, dans un contexte de guerre contre le groupe terroriste du Hamas et d’inquiétudes croissantes concernant l’isolement du pays.

« L’économie israélienne continue de fonctionner dans un contexte de forte incertitude géopolitique, en raison de l’intensification des combats à Gaza et de la détérioration de l’opinion internationale à l’égard d’Israël », a déclaré la Banque d’Israël dans un communiqué. « En tant que petite économie ouverte, Israël dépend dans une large mesure de sa participation à l’économie mondiale, que ce soit en termes de commerce international, d’investissements étrangers dans l’économie ou de diverses collaborations. »

C’est pourquoi Israël doit faire « tout son possible pour renforcer sa position internationale et ainsi garantir une économie ouverte, entrepreneuriale et robuste », a-t-il insisté.

Yaron a fait l’objet d’une surveillance étroite pour ne pas avoir réussi à réduire les coûts d’emprunt alors que les ménages et les entreprises ont du mal à rembourser leurs prêts hypothécaires et leurs emprunts pendant la guerre qui dure depuis deux ans avec le Hamas. Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a menacé de réduire les impôts si la banque centrale ne commençait pas à baisser les taux d’intérêt afin d’alléger la pression sur les emprunteurs.

« Réduire les impôts maintenant, c’est comme boire un expresso après avoir pris un somnifère », a déclaré Yaron en réponse aux questions des journalistes.

La Banque d’Israël avait baissé ses taux d’intérêt pour la dernière fois en janvier 2024, soit la première baisse en près de quatre ans, afin de soutenir les ménages et les entreprises, alors que l’économie était mise à mal par la guerre à Gaza, déclenchée le pogrom perpétré par le Hamas le 7 octobre 2023.

« Compte tenu des défis économiques et géopolitiques, il convient d’examiner si la politique monétaire actuelle est compatible avec les besoins de l’économie, de l’industrie et des exportations », a déclaré Ron Tomer, président de l’Association des industriels d’Israël, à la suite de la décision sur les taux d’intérêt. « La loi définit un double rôle pour la Banque d’Israël : maintenir la stabilité des prix tout en soutenant la croissance et l’emploi. »

« À l’heure où les exportateurs sont confrontés à l’annulation de contrats par leurs partenaires européens, il est important de veiller à ce que la politique monétaire n’aggrave pas ces difficultés », a déclaré Tomer.

Parallèlement à sa décision sur les taux, la banque centrale a revu à la baisse ses prévisions de croissance économique pour cette année. Elle estime désormais que l’économie connaîtra une croissance de 2,5 % en 2025, alors qu’elle tablait en juillet sur une croissance de 3,3 %. Elle relève toutefois légèrement ses prévisions de croissance pour 2026, les faisant passer de 4,6 % à 4,7 %, sous réserve que « les combats à Gaza se poursuivent avec une intensité variable et prennent fin au cours du premier trimestre 2026 ».

« Les prévisions ont été formulées à la suite de la mobilisation massive des soldats de réserve et du début d’une importante campagne terrestre dans la bande de Gaza, et en partant du principe que les combats à Gaza se poursuivront avec une intensité variable et prendront fin au cours du premier trimestre 2026 », a déclaré Yaron.

La Banque d’Israël a décidé de ne pas baisser les coûts d’emprunt, même si l’inflation annuelle est revenue à 2,9 % en août, se maintenant ainsi dans la fourchette cible du gouvernement, comprise entre 1 % et 3 %, pour la première fois depuis plus d’un an.

« Compte tenu de l’incertitude et de la volatilité considérables, nous ne nous appuyons pas sur un seul élément de données », a expliqué Yaron. « L’inflation restera proche de la limite supérieure de l’objectif au cours des prochains mois et devrait même dépasser la fourchette supérieure, avant de se modérer début 2026. »

La banque centrale a mis à jour ses prévisions et s’attend désormais à ce que l’inflation annuelle à la fin de 2025 oscille autour de 3 %, contre 2,6 % dans les perspectives de juillet. En supposant que les combats intenses prendront fin au début de l’année prochaine, l’inflation devrait reculer à 2,2 % en 2026, contre 2 % dans les prévisions précédentes.

« L’incertitude géopolitique et économique en Israël reste très élevée… Dans un tel contexte, il est nécessaire d’avoir une vision plus claire des tendances économiques et de la convergence de l’inflation vers la fourchette cible », a déclaré Yaron.

« Une baisse prématurée des taux d’intérêt pourrait se retourner contre nous et alimenter une inflation élevée, ce qui aurait un impact négatif sur l’activité économique, en particulier parmi les groupes de population les plus vulnérables. »

La guerre multifronts qui dure depuis deux ans a déjà eu des répercussions négatives sur l’économie. La croissance économique s’est contractée de 4 % en rythme annualisé au cours du trimestre d’avril à juin, les 12 jours de combats avec l’Iran en juin ayant entraîné la fermeture de nombreuses entreprises et nui aux dépenses de consommation, aux exportations et aux investissements.

Yaron a noté que les indicateurs économiques actuels montrent une reprise modérée continue, citant l’augmentation des dépenses par carte de crédit et la volatilité des prix de l’immobilier et du logement.

« Étant donné que la Banque d’Israël prévoit désormais que l’inflation en Israël ne s’écartera pas de manière significative de la limite supérieure de l’objectif d’inflation [d’environ 3 %] dans les mois à venir, il est difficile d’imaginer que la banque centrale abaissera ses taux d’intérêt dans un avenir proche », a déclaré Ronen Menahem, stratège en chef des marchés de la Mizrahi Tefahot Bank.

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