Face au tollé, Tsahal assure que le journaliste d’Al Jazeera tué était payé par le Hamas
Tsahal ne dit rien de la situation des cinq autres journalistes tués aux côtés d'Anas al-Sharif ; la diplomate en chef de l'UE presse Israël de prouver les liens entre Sharif et le Hamas
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Le porte-parole de l’armée israélienne a affirmé lundi que le célèbre journaliste d’Al Jazeera tué la veille était un membre actif du Hamas rémunéré par le groupe terroriste, sur fond d’indignation de la communauté internationale suite au bombardement dans la ville de Gaza qui a également coûté la vie à cinq autres journalistes.
« Avant cette frappe, nous avons collecté des renseignements récents indiquant qu’Anas al-Sharif était un membre actif de la branche militaire du Hamas. Il était d’ailleurs rémunéré par les groupes terroriste du Hamas et par Al-Jazeera, qui soutient le terrorisme », a déclaré le porte-parole international de Tsahal, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani.
Sur X, l’armée israélienne a ajouté qu’Al-Sharif était « chef d’une cellule terroriste du Hamas, responsable d’attaques à la roquette contre des civils et des soldats israéliens.
« Des renseignements et documents collectés à Gaza, dont des listes de participants à des formations, des listes d’entraînement terroriste et des registres de salaire, prouvent qu’il était un agent du Hamas en poste chez Al Jazeera », a-t-elle ajouté, capture d’écran desdits documents à l’appui.
L’armée n’a rien dit de la situation des cinq autres journalistes eux aussi tués dans le bombardement d’une tente, près de l’hôpital Shifa de la ville de Gaza.
Lundi, l’Union européenne a joint sa voix aux condamnations de ce bombardement : la chef de la politique étrangère des 27, Kaja Kallas, a demandé à Israël l’apporter la « preuve » de ses affirmations concernant l’affiliation des journalistes pris pour cibles.
En octobre dernier, l’armée israélienne avait rendu publics des documents saisis à Gaza qui, selon elle, prouvaient que Sharif dirigeait une escouade de lanceurs de roquettes et était membre d’une compagnie d’élite de la Force Nukhba du bataillon Jabaliya Est du Hamas.
Dans son message de lundi, Shoshani a précisé que les documents publiés par l’armée en octobre dernier représentaient « une infime partie, déclassifiée, des renseignements concernant al-Sharif qui ont conduit à la frappe ».
« Ces renseignements ont été collectés lors d’interventions terrestres à Gaza, en deux endroits séparés », a-t-il ajouté.
Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a appelé de ses vœux une « enquête indépendante et impartiale sur ces morts », a déclaré le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric.
« Au moins 242 journalistes ont été tués à Gaza depuis le début de la guerre. Les journalistes et membres des médias doivent être respectés, ils doivent être protégés et ils doivent pouvoir faire leur travail librement, sans crainte pour leur vie ni harcèlement », a-t-il poursuivi.
Depuis la frappe de dimanche, plusieurs pays et organisations internationales reprochent à Israël d’avoir pris, à plusieurs reprises, des journalistes pour cible.
Al Jazeera a fait savoir que l’attaque avait tué ses correspondants Sharif et Mohammed Qraiqea ainsi que les cameramen Ibrahim Zaher, Moamen Aliwa et Mohammed Noufal. Le pigiste Mohammad al-Khaldi faisait également partie du groupe et a lui aussi perdu la vie lors de ce bombardement.
L’armée israélienne a confirmé dimanche avoir mené une frappe, affirmant que Sharif était un « terroriste qui se faisait passer pour un journaliste », ce qu’Al Jazeera a catégoriquement nié, reprochant à Israël de s’en prendre à ses collaborateurs présents dans la bande de Gaza.
Dans un message posthume, rédigé en avril dernier dans l’éventualité de sa mort et publié sur le compte de Sharif lundi matin, il explique avoir été réduit au silence et invite le grand public à « ne pas oublier Gaza ».
Quelques jours avant le bombardement, Israël a validé le projet de prise de contrôle total de Gaza-City et de déplacement vers le sud du million de Palestiniens qui s’y trouve actuellement, ce qui n’a pas manqué de provoquer un tollé international, même de la part de ses plus proches alliés.
A de nombreuses reprises, Israël a reproché aux médias internationaux de reprendre des informations issues d’une bande de Gaza sous contrôle du Hamas et interdit aux journalistes d’y pénétrer depuis le début de la guerre, sauf pour des déplacements sporadiques encadrés par l’armée.
la Communauté du Times of Israël !







