GB : une trentaine de personnes devant la justice pour avoir soutenu Palestine Action
Dans le cadre de la loi antiterroriste ils sont passibles d'une peine allant jusqu'à six mois de prison
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Une trentaine de personnes comparaissaient mercredi devant la justice britannique pour avoir manifesté leur soutien au groupe interdit Palestine Action, classé terroriste par le gouvernement.
« Manifester contre la complicité de génocide, ce n’est pas du terrorisme, c’est de l’humanité », a déclaré au tribunal l’un des premiers prévenus à comparaître, Anthony Harvey, après avoir décliné son identité devant le tribunal de Westminster à Londres. L’accusation de « génocide », non prouvée, est largement répandue auprès des détracteurs d’Israël.
Le procès de ces prévenus, parmi lesquels figurent cet ingénieur à la retraite de 59 ans ou encore une boulangère de 30 ans, devrait avoir lieu après mars 2026, a indiqué le juge à l’audience.
Ils sont accusés d’avoir brandi des pancartes ou porté des tee-shirts avec l’inscription « I support Palestine Action » (« Je soutiens Palestine Action ») lors de manifestations les 5 et 12 juillet.
Dans le cadre de la loi antiterroriste ils sont passibles d’une peine allant jusqu’à six mois de prison.
Les rassemblements auxquels ils ont participé étaient les premiers organisés après l’entrée en vigueur de l’interdiction du groupe. Depuis, plus de 2 000 personnes ont été arrêtées pour soutien à Palestine Action, selon Defend our Juries, qui organise ces rassemblements.
Les couloirs de la Westminster Magistrates’ Court ainsi que la salle d’audience étaient bondés mercredi matin, en raison du nombre de prévenus et des personnes venues les soutenir.
Parmi ces derniers, se trouvaient Trudi Warner, une travailleuse sociale à la retraite, qui a elle été interpellée en août, également pour soutien à Palestine Action. Elle doit comparaitre le 28 novembre.
Ces poursuites « représentent un gaspillage épouvantable d’argent public », a critiqué cette femme de 70 ans auprès de l’AFP. Elle a déploré « une réaction complètement disproportionnée » de la part du gouvernement et « une atteinte à nos droits ».
Le groupe Palestine Action militait notamment contre les ventes d’armes à Israël. Il a été ajouté début juillet à la liste des organisations considérées comme terroristes au Royaume-Uni – comme le Hamas ou Al-Qaïda -, après des actes de vandalisme perpétrés par ses militants, notamment sur une base de l’armée de l’air.
L’interdiction de ce groupe a été largement critiquée.
Dans une lettre rendue publique mardi, le commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Michael O’Flaherty a appelé le gouvernement britannique à préserver la liberté de manifester.
Il a recommandé un examen complet du cadre juridique relatif aux manifestations afin de s’assurer de sa conformité avec les obligations internationales du Royaume-Uni en matière de droits humains.
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