IA et guerre induisent une baisse des inscriptions en maths et informatique en Israël
Selon le Conseil de l'enseignement supérieur, les sciences sociales sont passées devant l'ingénierie comme première filière d'études
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En Israël, le nombre d’étudiants de premier cycle en mathématiques, statistiques ou informatique a baissé de 7,4 % lors de l’année universitaire 2025-2026 et les sciences sociales ont dépassé l’ingénierie, devenant la principale filière d’études supérieures, selon les chiffres publiés dimanche par le Conseil de l’enseignement supérieur.
Ces tendances sont le résultat de la guerre et des évolutions technologiques, notamment l’essor de l’intelligence artificielle, sur les choix d’études et d’orientation professionnelle des étudiants israéliens. Elles soulèvent des interrogations quant à leur impact sur le florissant secteur technologique, véritable colonne vertébrale de l’économie israélienne.
Selon le Conseil, cette baisse des inscriptions en informatique est liée, pour partie tout du moins, aux réactions des étudiants face aux mutations rapides de l’industrie de la high-tech, observant un report de la demande vers l’intelligence artificielle, la science des données et l’ingénierie des données.
Les effectifs en mathématiques, statistiques et informatique sont passés de 22 203 étudiants durant l’année universitaire 2024-2025 à 20 571 en 2025-2026, précise le Conseil.
Ce recul fait suite à une baisse antérieure par rapport aux 23 111 étudiants comptabilisés en 2023-2024. Ces chiffres par filière excluent les étudiants inscrits à l’Université Ouverte.
En revanche, les inscriptions en premier cycle dans les filières de l’intelligence artificielle, de la science des données et de l’ingénierie des données ont augmenté de 3,9 %, passant de 2 174 étudiants au cours de l’année universitaire 2024-2025 à 2 259 en 2025-2026, toujours d’après le Conseil.
L’Université Ouverte subit elle aussi les effets du désintérêt relatif pour l’informatique. Selon Haaretz, cet établissement anticipe une baisse de 12 % des inscriptions en informatique d’ici 2027. Face à un déficit de revenus estimé à 20 millions de shekels l’an prochain, l’université envisage des réductions d’effectifs, une diminution des cours en présentiel et la fermeture de certains centres d’étude.
Des enseignants critiquent vivement les mesures envisagées, dont ils estiment qu’elles risquent de nuire à la qualité de l’enseignement et de faire fuir encore davantage d’étudiants. L’université assure s’employer à garantir sa stabilité financière de long terme.
Les inquiétudes concernant le système éducatif israélien dépassent largement le cadre des universités.
L’enseignement a subi de nombreuses perturbations, ces dernières années, sous l’effet conjugué de la pandémie de COVID-19, des grèves d’enseignants et des fermetures d’écoles liées à la guerre, lesquelles ont aggravé des problèmes structurels anciens dans le primaire comme dans le secondaire en Israël.
Selon les résultats d’évaluations nationales standardisées menées en 2025, qui ont fuité, 3 % seulement des élèves de troisième sont au niveau attendu en sciences, et 22 % en anglais. Le ministre de l’Éducation, Yoav Kisch, a contesté ces résultats en pointant ce qu’il a qualifié de failles dans le déroulement des épreuves.
Des experts du secteur éducatif mettent par ailleurs en cause la pénurie d’enseignants, le déficit d’apprentissage des compétences de base et le creusement des inégalités. Ce qui ne manque pas de susciter des inquiétudes quant à la préparation des futures générations aux études supérieures et au marché du travail.
Les chiffres du Conseil révèlent également un glissement dans le choix des disciplines des étudiants israéliens. Les sciences sociales sont devenues le premier domaine d’études en premier cycle en 2025-2026, avec un effectif de 37 711 étudiants, contre 37 596 en ingénierie. L’année précédente, les sciences sociales comptaient 36 519 étudiants de premier cycle et 37 595 en ingénierie.
En 2017-2018, l’ingénierie était devenue la première filière d’études suite à la mise en œuvre d’un plan gouvernemental visant à stimuler les effectifs en ingénierie et en informatique, afin de répondre aux besoins de la main-d’œuvre israélienne.
À l’époque, un dispositif d’incitations financières avait été mis en place pour favoriser la mise en place par les établissements d’enseignement supérieur de cursus en ingénierie et en informatique, dans le but d’attirer davantage d’étudiants.
L’évolution des inscriptions varie également selon le statut des établissements. Les effectifs des établissement privés d’enseignement supérieur ont en effet augmenté de 9,7 % en 2025-2026, là où Les universités ont enregistré une hausse de 1 %, les mikhlalot (écoles supérieures publiques) accusant une baisse de 2,4 %, toujours d’après le Conseil.
la Communauté du Times of Israël !







