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Iran : Najmeh Amini, 23 ans, menacée d’être exécutée pour un post

"Je suis innocente. Je suis une jeune femme avec tant d'espoirs et de rêves. J'ai une mère et un père qui m'attendent," a-t-elle déclaré

Une manifestante portant sur la bouche un autocollant avec l'inscription « pas d'exécution », à côté des portraits de victimes présumées de la répression, lors d'une marche silencieuse dénonçant la répression meurtrière contre les manifestants anti-gouvernementaux en République islamique, à Paris, le 31 janvier 2026. (Crédit : Sébastien Dupuy/AFP)
Une manifestante portant sur la bouche un autocollant avec l'inscription « pas d'exécution », à côté des portraits de victimes présumées de la répression, lors d'une marche silencieuse dénonçant la répression meurtrière contre les manifestants anti-gouvernementaux en République islamique, à Paris, le 31 janvier 2026. (Crédit : Sébastien Dupuy/AFP)

La justice iranienne a condamné à mort une étudiante de 23 ans pour blasphème sur les réseaux sociaux, ont indiqué des groupes de défense des droits humains, qui dénoncent un recours de plus en plus fréquent à la peine capitale pour des accusations politiques.

La jeune femme a été arrêtée en février dans la ville sainte de Machhad (nord-est) et condamnée à mort en septembre pour insulte au prophète Mahomet, ont précisé plusieurs organisations de défense des droits humains.

« Je suis innocente. Je suis une jeune femme avec tant d’espoirs et de rêves. J’ai une mère et un père qui m’attendent, une famille qui passe chaque nuit à craindre de me perdre jusqu’à ce que le matin arrive », a témoigné Najmeh Amini dans un message audio enregistré en septembre depuis sa prison et partagé par les ONG.

« Souvenez-vous de mon nom. Peut-être que je ne pourrai plus jamais parler. Mais tant que je serai en vie, j’ai un seul espoir : celui de voir, avant que la corde ne me tue, un Iran libre et libéré », a poursuivi cette étudiante en comptabilité.

La loi islamique appliquée en Iran permet la peine capitale pour blasphème, mais les exécutions pour ce motif ont été relativement rares ces dernières années, pendant lesquelles la plupart des peines capitales ont été prononcées pour trafic de drogue ou meurtre

Mais les ONG s’inquiètent d’une intensification des exécutions pour des motifs politiques ou liés à la liberté d’expression, après la grande mobilisation anti-pouvoir réprimée dans le sang en janvier, et depuis la guerre déclenchée par les frappes israélo-américaines contre Téhéran fin février.

Selon ces organisations, 34 hommes ont déjà été pendus en lien avec les manifestations de l’hiver dernier. Et au moins huit femmes sont menacées d’être exécutées pour des accusations d’ordre politique ou sécuritaire, en plus de Najmeh Amini.

« Urgence à agir »

« Les autorités pourraient utiliser cette décision exceptionnelle et sévère » pour faire de cette dernière « un exemple (…) alors que le mécontentement populaire ne cesse de croître », a déclaré à l’AFP Bahar Ghandehari, du Centre pour les droits de l’Homme en Iran (CHRI), basé aux États-Unis.

« La vie de Najmeh Amini est en jeu, et la communauté internationale doit agir de toute urgence pour empêcher son exécution », a-t-elle martelé.

Sa condamnation peut encore faire l’objet d’un appel.

La nature exacte de la publication qui lui est reprochée n’a pas été précisée.

Les comptes rendus de son procès restent rares, mais selon des articles parus dans le quotidien régional Khorosan, Najmeh Amini a affirmé avoir publié ses messages après avoir pris des champignons hallucinogènes avec des amis et son avocat a plaidé la non-intentionnalité.

Dans une autre affaire, l’étudiante a été également condamnée à 12 ans et demi de prison pour atteinte à la sécurité nationale.

L’ONG HRANA (Human Rights Activists News Agency), aussi basée aux États-Unis, assure que la jeune femme a été traquée par la cyberpolice iranienne après les manifestations massives de l’hiver.

Elle « a été maintenue dans un isolement prolongé, soumise à des passages à tabac lors de son arrestation et privée de l’avocat de son choix », selon HRANA.

« Condamner à mort une femme de 23 ans pour ce qu’elle a exprimé sur les réseaux sociaux est une évolution extrêmement inquiétante », a estimé de son côté Mahmood Amiry-Moghaddam, directeur de l’ONG Iran Human Rights (IHR), basée en Norvège.

Pour lui, cette affaire « risque d’étendre l’usage de la peine de mort à l’expression pacifique en ligne ».

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