Italie: des vols et des trains annulés lors de manifestations contre le soutien à Israël
Thunberg et Albanese, rapporteuse de l'ONU, ont pris part à cette journée de grève générale contre le budget "de guerre" ; des militants bloquant l'accès à une entreprise de la défense ont été dispersés par des canons à eau
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Vendredi, en Italie, les grèves et manifestations organisées pour protester contre le soutien du gouvernement à Israël et contre l’augmentation des dépenses militaires ont entraîné l’annulation de dizaines de vols et perturbé le trafic ferroviaire dans tout le pays.
À Turin, des centaines de manifestants ont défilé, beaucoup brandissant des drapeaux palestiniens. La rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits des Palestiniens, Francesca Albanese, et l’ancien ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis, ont participé à une autre manifestation à Gênes.
La militante suédoise Greta Thunberg, qui avait rejoint deux flottilles anti-Israël ayant tenté d’atteindre Gaza au début de l’année, a également marché aux côtés des manifestants.
Les manifestants exhibaient aussi des banderoles appelant à « libérer Mohammed Shahin », un imam condamné à être expulsé d’Italie après avoir qualifié l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023 « d’acte de résistance » au cours d’un rassemblement organisé à l’occasion de l’anniversaire du pogrom.
C’est le syndicat radical USB qui a été à l’origine de cette journée d’action, en collaboration avec des organisations de travailleurs moins importantes.
L’USB est un syndicat militant qui remet en cause la domination traditionnelle des trois principales confédérations, la CGIL (gauche), la CISL (centre) et l’UIL (centre). L’organisation connaît un certain essor depuis ces dernières années.
Dans une vidéo publiée au début du mois, Albanese, connue pour ses propos antisémites et anti-Israël, a déclaré que le « génocide » se poursuivait à Gaza, exhortant les Italiens à participer à la grève.
En raison de ces grèves, l’aéroport de Milan Malpensa a annulé au moins 27 vols et celui de Bologne, au moins 17. Milan Linate, Naples et Venise ont figuré parmi les autres aéroports touchés. La compagnie aérienne nationale italienne ITA Airways a pour sa part affirmé avoir annulé 26 vols intérieurs.
Des annulations de trains ont également été annoncées dans les principales gares de Rome, Turin, Milan et Gênes. Des manifestants ont empêché les trains de s’arrêter à la petite gare milanaise de Lambrate.
Les services de transports en communs urbains ont quant à eux connu des perturbations à Rome et dans plusieurs autres villes.
À Venise, des militants ont bloqué l’accès aux bureaux du groupe italien du secteur de la défense Leonardo, avant d’être dispersés par les canons à eau de la police.
Samedi, l’USB a organisé une nouvelle journée nationale de protestation contre, a-t-il dit, le « budget de guerre » qui a été mis en place par la Première ministre Giorgia Meloni, arguant que le projet de loi de finances 2026 privilégie les dépenses militaires au détriment des investissements indispensables dans les domaines de la santé, de l’éducation et de la protection sociale.
Meloni, qui est au pouvoir depuis 2022, a décrit son budget comme « sérieux, équilibré et responsable », soulignant notamment les réductions d’impôt sur le revenu pour les classes moyennes, qui, selon elle, peuvent aider une économie italienne en difficulté.
Le CGIL, le plus grand syndicat italien, dont la position est plus modérée, a annoncé une grève nationale de ses membres le 12 décembre, pour protester contre le budget.
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