Jérôme Guedj, candidat en 2027 pour éviter « le pire des scénarii » : un duel entre LFI et RN
Le député juif socialiste entend représenter une « gauche républicaine », « universaliste » et « laïque », résolument en rupture avec le mouvement de gauche radicale La France Insoumise
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« Il y a un espace pour une tonitruance socialiste. »
Jeudi, Jérôme Guedj est devenu le premier socialiste à déclarer officiellement sa candidature à l’élection présidentielle de 2027.
Il entend représenter une « gauche républicaine », « universaliste » et « laïque », résolument en rupture avec le mouvement de gauche radicale La France Insoumise (LFI), largement accusé de flirter avec l’antisémitisme, de Jean-Luc Mélenchon.
« Je suis candidat pour porter d’abord cette question des valeurs : on ne transige pas avec la République, on ne transige pas avec la laïcité, avec l’universalisme ; on est intransigeant sur les questions de lutte contre le racisme et l’antisémitisme », a déclaré le député juif de 54 ans sur France Inter.
Souhaitant incarner « le courage de la nuance » – le nom de son micro-parti -, il a néanmoins refusé de participer à la primaire que comptent organiser le 11 octobre les socialistes et les écologistes.
Si le patron des Roses, Olivier Faure, y est favorable et pourrait s’y présenter, les instances du PS n’ont pas encore pris de décision officielle quant à une participation à cette primaire.
Pour Guedj, elle serait « très baroque ».
« Quelle est l’orientation programmatique ? Quelle est la clarté dans les valeurs ? », a interrogé l’ancien tenant de l’aile gauche du PS, membre des « frondeurs » qui avaient grandement compliqué le quinquennat de François Hollande entre 2012 et 2017, mais qui a été, ces derniers mois, fervent partisan du compromis avec Sébastien Lecornu sur le budget.
Cette annonce de candidature vise précisément à « accélérer à la fois le travail programmatique et le travail stratégique » de la gauche non mélenchoniste, a argumenté cet énarque, spécialiste des affaires sociales, en particulier des questions liées au grand âge.
Il a critiqué à ce titre « l’inertie » du débat, y voyant, dans un entretien au quotidien libéral L’Opinion publié dans la foulée de son annonce, « la primaire de la petite gauche ».
Gauches irréconciliables
Interrogé sur la domination évidente de Raphaël Glucksmann, qui se positionne autour de 10 % dans les sondages d’intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle et qui est également partisan d’une rupture complète avec LFI, Guedj a rétorqué que l’eurodéputé n’était pas socialiste et qu’il n’avait pas encore annoncé sa candidature.
« J’apprécie sa clarté, mais il n’est pas illégitime que le PS fasse valoir son identité propre », a-t-il précisé, souhaitant « que nous travaillions tous ensemble » dans « un cadre collectif » afin de permettre à la gauche d’avoir sa place au second tour en 2027.
« Mettons-nous autour de la table devant les Français, portons une orientation politique qui marque une différence et une rupture avec une gauche qui hésite avec la République, avec une gauche qui hésite avec l’universalisme », a-t-il plaidé sur France Inter.
Député de l’Essonne, Guedj a longtemps été très proche de Mélenchon, avant leur rupture provoquée par les hésitations de son mentor à qualifier le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 de terroriste.
Une première brouille avait déjà séparé les deux hommes lorsque le leader insoumis avait quitté le PS, parti dans lequel Guedj était resté.
Symbole de cette déchirure entre deux gauches irréconciliables, en juin 2024, Guedj a refusé de se présenter aux élections législatives anticipées sous l’étiquette du Nouveau Front populaire (NFP), une alliance entre La France insoumise (LFI), le Parti socialiste (PS), les Écologistes et le Parti communiste français (PCF), qui avait permis à la gauche de se placer en tête, même sans majorité suffisante.
Même l’ancien président François Hollande, qui cache peu ses ambitions pour 2027, s’était présenté sous l’étiquette NFP en Corrèze.
Un an plus tard, le député de l’Essonne avait traité Mélenchon, ancien sénateur de ce même département, de « salopard antisémite ».
« Candidature macroniste », a écrit sur le réseau social X le député insoumis Thomas Portes après l’annonce de Guedj.
Adhérant désormais à une ligne « réformiste » du PS, ni « incantatoire » ni « yakafaukon », et ne voyant pas de compromission dans la recherche du compromis, y compris avec le centre macroniste, il se défend d’être devenu pour autant « un social-libéral, puisque j’ai été capable de me confronter à François Hollande sur la politique de l’offre et pas seulement ».
Il se dit soucieux d’éviter « le pire des scénarii » : un duel entre l’Insoumis et le candidat du Rassemblement national (RN) Jordan Bardella au second tour de la présidentielle.
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