La Banque d’Israël maintient ses taux d’intérêt à 4 % malgré la baisse de l’inflation
Bezalel Smotrich a dénoncé une "mauvaise décision" du gouverneur de la Banque d'Israël, Amir Yaron, qu'il a exhorté à revenir sur sa position
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Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

La Banque d’Israël a décidé lundi de maintenir ses taux d’intérêt à 4 % dans un contexte de tensions croissantes liées à une possible confrontation avec l’Iran, et malgré une inflation en baisse et un shekel (très) fort.
« L’incertitude géopolitique a réapparu ces derniers jours, face à une confrontation potentielle avec l’Iran », a déclaré la banque centrale dans un communiqué. « Plusieurs risques subsistent toujours quant à une nouvelle hausse de l’inflation : les développements géopolitiques et leur impact sur l’activité économique, une hausse de la demande conjuguée à des contraintes d’approvisionnement, et l’évolution de la situation budgétaire. »
L’Association des industriels israéliens a appelé la banque centrale à abaisser les taux d’intérêt, compte tenu de la vigueur du shekel. Elle juge en effet que l’appréciation de 15 % du shekel par rapport au dollar au cours des neuf derniers mois nuit à la compétitivité des exportateurs, ainsi qu’à l’industrie et au secteur des hautes technologies. Les exportations représentent jusqu’à 40 % de l’activité économique en Israël.
Avant cette décision, les économistes s’interrogeaient sur la possibilité d’une réduction des taux d’intérêt par la banque centrale, compte tenu de la baisse de l’inflation et de la vigueur du shekel, ou bien d’une pause face à l’intensification des risques géopolitiques.
Jonathan Katz, économiste en chef chez Leader Capital Markets, a indiqué, avant la décision, qu’il ne prévoyait pas de changement des coûts d’emprunt, invoquant « l’augmentation des risques géopolitiques due à une possible escalade avec l’Iran et une croissance très robuste ». Cependant, à plus long terme, Katz prévoit une baisse des coûts d’emprunt à 3 %-3,25 % d’ici la fin 2026.
Pour sa part, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a pointé du doigt le gouverneur de la Banque d’Israël, Amir Yaron, pour n’avoir pas modifié les taux d’intérêt, dénonçant une « mauvaise décision » et l’exhortant à revenir sur sa position.
« Décider de maintenir les taux d’intérêt à un niveau élevé est une erreur, que ne justifient pas les données macro-économiques de l’économie israélienne », a écrit Smotrich dans un message sur le réseau social X. « Le shekel est fort, l’inflation ralentit et se situe largement dans la fourchette cible du gouvernement. »
« Aujourd’hui, les principaux défis sont la croissance et la nécessité d’alléger les contraintes qui pèsent sur les citoyens israéliens, les ménages, les détenteurs de prêts et les petites et moyennes entreprises… Le crédit est un frein pour l’économie, et il retarde la reprise », a expliqué Smotrich.
Smotrich a appelé le gouverneur à « revoir sa décision et à renouer avec la tendance à la baisse des taux d’intérêt ».
En janvier, la banque centrale avait opté pour une baisse des taux d’intérêt de 25 points de base, les ramenant de 4,25 % à 4 %. Dans sa précédente décision de novembre, elle avait abaissé pour la première fois en près de deux ans le taux directeur de 4,5 % à 4,25 %, dans le sillage de l’accord de cessez-le-feu avec le groupe terroriste du Hamas à Gaza.
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