La France Insoumise veut l’annulation d’un concert de la DJ juive Barbara Butch à Grenoble
Le parti de la gauche radicale relance une campagne contre la DJ des JO, dans un climat déjà saturé d’attaques et de polémiques autour de son identité et de son image publique
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La section grenobloise du parti d’extrême gauche de La France insoumise (LFI) appelle à la déprogrammation de Barbara Butch du festival Cabaret Frappé, organisé par la Ville de Grenoble, accusant la DJ et militante juive LGBTQ+ de soutenir Israël.
Programmée le 18 juillet 2026 au Jardin de Ville, l’artiste est notamment visée pour avoir signé une tribune en soutien à la loi Yadan, que LFI accuse de vouloir « criminaliser tout soutien au peuple palestinien ».
Le mouvement politique radical lui reproche également d’avoir animé la Pride de Tel Aviv en 2025 « en plein génocide », alors même que la Pride de Tel Aviv n’a pas eu lieu en 2025 en raison de la guerre des Douze jours.
Devenue mondialement connue après sa participation à la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024, la DJ avait déclenché une tempête médiatique après sa réinterprétation supposée de La Cène. Donald Trump, Recep Tayyip Erdoğan ou encore Marion Maréchal Le Pen avaient dénoncé ce qu’ils considéraient comme un blasphème antichrétien.
Mais derrière les indignations politiques et religieuses, c’est surtout une avalanche d’insultes antisémites, grossophobes et lesbophobes qui s’était abattue sur elle. Cette figure des milieux LGBTQ+, qui revendique fièrement ses origines, son apparence et son identité, avait porté plainte contre plusieurs auteurs de messages haineux et obtenu des condamnations.
La polémique a repris de plus belle après sa nomination à la direction artistique de la Nuit Blanche 2026 par la Ville de Paris. Sur CNews, Mathieu Bock-Côté a dénoncé une promotion des combats « multiculturalistes », « diversitaires », des « drag-queens » et de « la sacralisation de ce qu’on appelle les migrants ». Il a également reproché à la mairie d’avoir choisi une artiste « pas anonyme ».
Un autre média a parallèlement remis en cause les montants alloués à la Nuit Blanche et évoqué de possibles irrégularités dans l’appel d’offres.
C’est dans ce climat déjà particulièrement chargé qu’est venu s’ajouter l’appel au boycott relayé par LFI et des militants pro-palestiniens.
Cette nouvelle polémique a relancé une vague d’insultes sous les publications liées à l’artiste. Parmi lesquelles, elle se fait qualifiée de « juiverie », « grosse truie sioniste », « dégoûtant rond-point juif » ou encore « gros sac à merde juif ».
Sur Instagram, Barbara Butch a tenté d’expliquer sa démarche. « Il y a des choses à redire sur cette loi, mais moi je ne suis ni juriste ni politologue, mon métier c’est de faire danser les gens. »
Elle a également insisté sur le fait que sa signature relevait avant tout d’une dénonciation de l’antisémitisme qu’elle déplore subir au quotidien en France.
« La politique israélienne, elle ne me concerne pas. Bien évidemment qu’il y a des choses à redire sur cette loi, mais une loi, ça se discute. »
La loi Yadan, elle, n’a pas pour objectif d’interdire toute critique d’Israël, mais vise à renforcer l’arsenal juridique contre certaines formes contemporaines d’antisémitisme. Mais en raison de l’obstruction assumée de LFI, la loi Yadan a été retirée, le gouvernement reprenant le relais pour faire adopter une loi.
LFI demande désormais à la maire de Grenoble, Laurence Ruffin, de « clarifier sa position quant à la participation » de Barbara Butch au festival.
À ce stade, sa programmation reste maintenue.
la Communauté du Times of Israël !








