La Haute Cour critique l’armée pour ne pas avoir protégé les Palestiniens contre les violences des extrémistes juifs
L'armée et l'Administration civile devront notamment justifier leur incapacité à prendre des mesures pour mettre un terme au harcèlement des agriculteurs palestiniens, empêchés d'accéder à leurs terres
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.
La Haute Cour de justice a rendu, jeudi, une ordonnance conditionnelle à l’encontre du commandant des forces de l’armée israélienne en Cisjordanie, le général de division Avi Bluth, et du chef du département de l’Administration civile au sein du ministère de la Défense, le général de brigade Hisham Ibrahim, leur ordonnant de justifier leur inaction alors qu’ils étaient censés protéger un groupe d’agriculteurs palestiniens de la vallée du Jourdain contre les actes de harcèlement et contre les violences des partisans du mouvement pro-implantation.
L’ordonnance des juges met en cause en particulier Moshe Sharvit, responsable et résident d’un avant-poste illégal qui se trouve dans le secteur de l’implantation de Hamra, en Cisjordanie. Elle demande à l’armée israélienne et à l’Administration civile d’expliquer pourquoi elles n’ont pas utilisé leur autorité pour empêcher Sharvit d’entrer sur les terres et dans la zone d’habitation des agriculteurs palestiniens qui ont été à l’origine de la requête.
La Cour demande également à Tsahal et à l’Administration civile de justifier leur incapacité à prendre des mesures efficaces pour empêcher Sharvit d’empiéter sur des terres qu’il n’a pas le droit de cultiver.
Les juges ont aussi appelé les militaires israéliens et l’Administration civile à expliquer pourquoi ils ont échoué à garantir aux agriculteurs palestiniens qu’ils pourraient bien accéder à leurs terres et les cultiver. L’ordonnance mentionne spécifiquement une barrière qui a été construite sur une route d’accès, prétendument par Sharvit, qui empêche les exploitants agricoles palestiniens d’accéder à leurs propres parcelles.
Sharvit avait établi son avant-poste agricole illégal en 2020 et il avait installé la barrière bloquant l’accès des agriculteurs palestiniens à leurs terres au mois d’octobre 2023, tout en harcelant systématiquement les fermiers.
Selon l’Association des droits civils en Israël (ACRI), à l’origine de la requête, les soldats de Tsahal qui avaient été appelés par Sharvit quand les agriculteurs palestiniens avaient tenté d’accéder à leurs terres avaient ordonné à ces derniers de quitter leurs parcelles.
En mars 2025, un tribunal avait émis des ordonnances restrictives à l’encontre de Sharvit pour ses agissements à l’égard des Palestiniens locaux – mais l’ACRI a noté qu’il avait violé l’ordonnance à peine trois jours plus tard.
Sharvit a déjà été sanctionné par l’Union européenne, le Royaume-Uni, le Canada, le Japon et les États-Unis pour son comportement violent envers les Palestiniens de la région – même si les sanctions américaines ont ensuite été levées.
« L’inaction de l’armée n’est pas de la passivité, c’est de la complicité », a estimé Noa Sattath, directrice exécutive de l’ACRI. « A plusieurs reprises, des soldats sont arrivés sur les lieux à la demande de Sharvit et ils ont ordonné aux propriétaires palestiniens de quitter leurs propres terres. Et ça, ce n’est pas faire respecter la loi, c’est faire respecter l’anarchie. Face à l’inaction de l’armée et de la police, nous sommes déterminés à utiliser tous les moyens à notre disposition pour mettre un terme à la violence des partisans du mouvement pro-implantation, notamment en prenant pour cible les partisans du mouvement pro-implantation violents », a-t-elle continué.
la Communauté du Times of Israël !








