La justice administrative ordonne à la mairie de Malakoff de retirer un drapeau palestinien de son fronton
La maire communiste, Jacqueline Belhomme, a déclaré qu'elle ne souhaitait ni interjeter appel ni retirer le drapeau
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Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise (Val d’Oise) a ordonné samedi à la mairie de Malakoff (Hauts-de-Seine) de retirer de son fronton un drapeau palestinien, hissé en amont de la reconnaissance par la France d’un Etat de Palestine.
Cette décision est à la connaissance de l’AFP une première depuis la consigne du ministère de l’Intérieur demandant aux préfets de s’opposer, en saisissant la justice administrative, à la pose de drapeaux palestiniens sur des mairies.
Le préfet des Hauts-de-Seine a saisi le tribunal administratif vendredi soir pour exiger le retrait du drapeau de l’hôtel de ville de Malakoff, la mairie communiste dénonçant aussitôt « un coup de force préfectoral contre la libre administration des communes ».
Dans sa décision, consultée par l’AFP, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a considéré que pavoiser le parvis de l’hôtel de ville d’un drapeau palestinien était contraire au principe de la neutralité des services publics et a donc enjoint à la commune de procéder à son retrait immédiat.
Le ministère de l’Intérieur avait mis en avant ce principe dans sa consigne aux préfets.
Contactée par l’AFP, la maire communiste de Malakoff Jacqueline Belhomme a déclaré qu’elle ne souhaitait ni interjeter appel ni retirer le drapeau.
« Le préfet a appliqué à la lettre les consignes du ministère de l’Intérieur, mais c’est un coup d’épée dans l’eau », a-t-elle commenté, ajoutant que le drapeau sera retiré mardi « comme prévu ».
Plusieurs maires ont prévu de hisser le drapeau palestinien lundi, jour de la reconnaissance de l’Etat de Palestine par le président de la République Emmanuel Macron.
« L’Etat non seulement ne demande pas le pavoisement, mais demande le non-pavoisement », a insisté samedi le secrétaire général du ministère de l’Intérieur, Hugues Moutouh.
Dans les Pyrénées-Atlantiques, le maire communiste de Mauléon-Licharre (3 000 habitants), qui avait affiché un drapeau palestinien dès vendredi, l’a retiré samedi après saisine de la justice administrative par le préfet du département dans le cadre d’un référé.
« J’ai coupé les deux ficelles ce (samedi) matin et le drapeau est maintenant dans mon bureau. C’est une atteinte à ma liberté de penser », a déclaré Louis Labadot à la radio Ici Pays Basque.
Le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a aussi suspendu la décision de la mairie de Bezons (Val d’Oise) d’apposer un drapeau palestinien sur le fronton de son hôtel de ville, avant même qu’il ne soit hissé, se fondant sur un communiqué de la maire de cette commune
A Lille, jumelée depuis 1998 avec la ville cisjordanienne de Naplouse, deux drapeaux palestiniens ont été hissés devant la mairie, aux côtés de deux drapeaux français et d’un drapeau européen, a constaté l’AFP vendredi.
Deux panneaux ont été installés sur la façade, dont l’un avec écrit : « Cessez-le-feu immédiat à Gaza; Libération des otages; Respect du droit international; Reconnaissance de l’Etat de Palestine ».
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