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La marine intercepte la dernière flottille pour Gaza; 150 militants seront expulsés

Des commandos israéliens sont descendus en rappel sur un navire et ont abordé huit voiliers en Méditerranée ; Israël qualifie la tentative de briser le blocus de "futile"

Emanuel Fabian est le correspondant militaire du Times of Israël.

Les forces navales israéliennes montent à bord d'un des bateaux de la Flottille de la liberté en Méditerranée, tôt le matin du 8 octobre 2025. (Crédit : Capture d'écran : X)
Les forces navales israéliennes montent à bord d'un des bateaux de la Flottille de la liberté en Méditerranée, tôt le matin du 8 octobre 2025. (Crédit : Capture d'écran : X)

La marine israélienne a intercepté, tôt mercredi matin, une nouvelle flottille qui tentait de franchir son blocus maritime sur la bande de Gaza, contrôlée par le groupe terroriste palestinien du Hamas. Environ 150 militants ont été arrêtés et transférés en Israël, en vue de leur expulsion.

Cet incident survient une semaine après l’interception par la marine de 42 navires composant la flottille Global Sumud, la plus importante à ce jour à avoir tenté de défier le blocus. Israël a depuis expulsé la grande majorité des 479 militants qui y participaient, dont l’activiste suédoise pour le climat Greta Thunberg.

Le ministère israélien des Affaires étrangères a indiqué sur son compte X que la flottille, qui tentait de briser le blocus maritime de Gaza, avait été empêchée d’atteindre son objectif. Les navires et leurs passagers ont été interceptés puis conduits au port d’Ashdod.

« Une nouvelle tentative futile de briser le blocus naval légal et d’entrer dans une zone de combat s’est soldée par un échec », a publié le ministère sur X. « Les navires et les passagers ont été transférés vers un port israélien. Tous les passagers sont sains et saufs et devraient être expulsés rapidement. »

L’interception de la flottille par la marine a eu lieu après le refus des organisateurs de transférer la petite quantité d’aide symbolique qu’ils transportaient à Israël ou à des organisations internationales pour qu’elle puisse être acheminée et distribuée dans la bande de Gaza.

La flottille, composée de neuf bateaux organisés par la Freedom Flotilla Coalition (FFC), comprenait environ une centaine d’activistes sur le principal navire et une cinquantaine d’autres sur les huit autres voiliers. Elle avait quitté l’Italie il y a environ deux semaines.

L’opération d’interception s’est déroulée avant l’aube, à environ 150 milles marins au large de Gaza. En moins de quarante minutes, les forces de l’unité de commandos navals Shayetet 13 et d’autres unités de la marine israélienne ont pris le contrôle des neuf navires, dont le Conscience, un bâtiment à passagers de 68 mètres de long.

En raison de la taille du Conscience, les commandos sont descendus en rappel depuis un hélicoptère de l’armée de l’air israélienne sur le pont du navire, tandis que les huit autres voiliers étaient abordés depuis des bâtiments de guerre.

Les organisateurs du Conscience ont signalé tôt mercredi matin que leur « navire était attaqué par un hélicoptère militaire israélien », ajoutant que « les huit voiliers sont illégalement interceptés et détournés ».

La FFC a déclaré que « les participants – humanitaires, médecins et journalistes du monde entier – ont été emmenés contre leur gré et sont détenus dans des conditions inconnues ».

« L’armée israélienne n’a aucune juridiction légale sur les eaux internationales », a-t-elle affirmé, ajoutant que « notre flottille ne représente aucun danger ».

Selon la FFC, les navires transportaient environ 110 000 dollars d’aide humanitaire sous forme de médicaments, d’équipements respiratoires et de produits nutritionnels destinés aux hôpitaux de Gaza.

Des images publiées par les activistes montrent les forces navales israéliennes montant à bord des bateaux.

Les neuf navires et les 150 militants ont été escortés jusqu’au port d’Ashdod, où la police et les services de l’immigration doivent désormais procéder à leur expulsion.

Le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim a condamné avec force l’armée israélienne après l’interception de plusieurs embarcations et a exigé la libération des militants malaisiens participant à la mission.

Outre la flottille interceptée la semaine dernière, Israël a déjà déjoué plusieurs tentatives similaires en juin et juillet, alors que la communauté internationale exprimait sa colère face à la crise humanitaire dans la bande de Gaza. Les responsables israéliens ont dénoncé ces missions, les qualifiant de manœuvres pro-Hamas.

Selon le ministère des Affaires étrangères, les 42 navires de la flottille Global Sumud ne transportaient qu’environ deux tonnes d’aide humanitaire, « soit moins d’un dixième du contenu d’un seul camion ». Environ 300 camions d’aide humanitaire entrent quotidiennement à Gaza.

Israël et l’Égypte maintiennent divers degrés de blocus sur la bande de Gaza depuis que le groupe terroriste Hamas a pris le pouvoir en 2007, à la suite d’un coup d’État violent contre les forces palestiniennes rivales.

Des militaires de la Marine israélienne montent à bord du navire Marinette, membre de la flottille Soumoud, en mer Méditerranée, le 3 octobre 2025. (Crédit : Global Sumud Flotilla)

Israël affirme que le blocus est nécessaire pour empêcher le Hamas de faire passer des armes en contrebande. Ses détracteurs le dénoncent comme une punition collective imposée aux quelque deux millions de Palestiniens vivant dans l’enclave.

Israël a subi d’énormes pressions internationales au sujet de sa guerre à Gaza. La guerre a été déclenchée le 7 octobre 2023, lorsque des milliers de terroristes dirigés par le Hamas ont envahi le sud d’Israël, et perpétré un véritable pogrom. Ils ont assassiné ce jour-là plus de 1 200 personnes et en ont enlevé 251 pour les emmener en otages dans la bande de Gaza. 47 d’entre eux sont toujours aux mains des terroristes dans l’enclave, ainsi que la dépouille d’un soldat de Tsahal enlevée en 2014.

Le conflit a provoqué une grave crise humanitaire dans la bande de Gaza, où la majorité de la population a été déplacée.

Le ministère de la Santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que plus de 66 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats, un bilan impossible à vérifier et qui ne distingue pas les civils des terroristes. Israël estime avoir tué plus de 22 000 terroristes dans la bande de Gaza et 1 600 autres sur son territoire lors du pogrom du 7 octobre.

Des agences ont contribué à cet article.

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