Rechercher

La police des frontières a abattu un Bédouin non armé à Rahat, invoquant la légitime défense

Des policiers réservistes auraient craint pour leur vie car l'homme, ancien combattant de Tsahal, aurait opposé une « forte résistance » lors de son arrestation ; l'agent suspecté a été privé d'accès aux locaux de la police pendant deux semaines

Ahmad Said al-Na'ami, 50 ans, abattu par un agent de la police des frontières dans la ville de Rahat, dans le sud du pays, le 9 mai 2026. (Crédit : Facebook)
Ahmad Said al-Na'ami, 50 ans, abattu par un agent de la police des frontières dans la ville de Rahat, dans le sud du pays, le 9 mai 2026. (Crédit : Facebook)

Dans la nuit de samedi à dimanche, un agent de la police des frontières a abattu un Bédouin israélien dans la ville de Rahat, dans le sud du pays, a annoncé la police.

Les forces de l’ordre ont déclaré que la victime, Ahmad al-Naami, âgé de 50 ans, avait tenté de fuir devant les agents avant de les attaquer, ce qui leur avait fait craindre pour leur vie. La famille a réfuté cette version des faits, soulignant que l’homme souffrait d’un handicap physique.

Selon la police, un groupe d’agents qui patrouillaient dans la ville avant l’aube a repéré un véhicule suspect et lui a fait signe de s’arrêter. Le conducteur a alors pris la fuite au volant de sa voiture, et les policiers se seraient lancés à sa poursuite.

Lorsqu’il est descendu du véhicule et a tenté d’échapper à la police à pied, deux réservistes de la police des frontières l’ont pris en chasse, tirant des coups de feu en l’air. Ils l’ont rapidement appréhendé.

D’après la police, Naami aurait alors « opposé une forte résistance » et agressé les agents. « Les agents se sont sentis en danger de mort et ont ouvert le feu, blessant le suspect », précise leur communiqué.

Naami n’était pas armé lorsqu’il a été touché au torse, a confié un porte-parole de la police des frontières au journal Haaretz. Il a été transféré à l’hôpital Soroka, où il a succombé à ses blessures.

« Il s’agit d’un meurtre de sang-froid. S’il avait été juif, cela ne serait pas arrivé », a déclaré le frère de la victime à la chaîne d’information N12. Le défunt, ancien membre de l’unité de reconnaissance du désert de l’armée israélienne, laisse derrière lui sept enfants.

Le frère de Naami a accusé la police d’avoir menti après avoir confondu son frère avec une autre personne, ajoutant que celui-ci souffrait d’un handicap qui l’empêchait de fuir à pied.

Le Département des enquêtes internes de la police (DIPI), chargé des investigations sur les policiers soupçonnés d’infractions pénales, a ouvert une enquête sur cette fusillade mortelle.

Le policier des frontières soupçonné d’avoir tiré sur l’homme a été interrogé samedi. Il s’est vu interdire l’accès aux locaux de la police pendant deux semaines, a annoncé un porte-parole du DIPI au Times of Israel.

Les dirigeants de la communauté arabe et certains responsables politiques ont vivement condamné cette fusillade mortelle.

« Une fois de plus, ‘nous avons eu le sentiment que nos vies étaient en danger’, et une fois de plus, c’est un citoyen arabe qui a été tué par des tirs de la police », a dénoncé le député du parti Raam, Waleed Alhawashla.

« Quand on a la gâchette trop facile contre les citoyens arabes, c’est toujours la même version [des faits] qui ressort, comme par réflexe. »

Le député Raam Waleed Alhawashleh s’adresse aux journalistes à Tarabin al-Sana, un village bédouin soumis à une descente de police qui a duré plusieurs jours, le 31 décembre 2025. (Crédit : Charlie Summers/Times of Israel)

Le député a réclamé la diffusion des images enregistrées par les caméras corporelles des policiers.

« Les citoyens exigent des réponses sincères, et non un soutien aveugle [aux policiers] », a-t-il écrit.

Depuis le début de l’année 2026, quatre citoyens arabes ont été tués par des tirs de la police, selon l’organisation Abraham Initiatives. En 2025, ce sont au total 12 citoyens arabes qui ont été tués par la police, un chiffre en forte hausse par rapport aux deux années précédentes, au cours desquelles un et sept citoyens avaient respectivement été tués par les forces de l’ordre.

Début janvier, les inspecteurs du DIPI ont ouvert une enquête sur plusieurs policiers soupçonnés d’avoir abattu un homme lors d’une descente nocturne à Tarabin al-Sana, et d’avoir ensuite détruit les preuves. L’enquête est toujours en cours.

La semaine dernière, des policiers de Beer Sheva auraient agressé, arrêté et cassé le nez d’un procureur arabe israélien Me Salah Khalil Faisal Naameh et de deux de ses proches, après s’être introduits dans leur appartement à la suite d’une plainte pour tapage nocturne.

Les policiers ont accusé Naameh d’avoir agressé des agents. Mais les images de la caméra corporelle divulguées vendredi semblent contredire cette version : on y voit les policiers se jeter sur le procureur quelques secondes après qu’il leur a ouvert la porte.

Deux autres policiers ont été interrogés, soupçonnés d’être impliqués dans le passage à tabac du procureur de Beer Sheva et de deux de ses proches la semaine dernière, a annoncé le DIPI. Ils sont soupçonnés d’agression et de coups et blessures graves et se sont vu interdire l’accès aux locaux de la police pendant cinq jours et tout contact avec les autres personnes impliquées dans l’affaire.

Naameh, l’avocat qui travaille pour le parquet du district sud, a eu le nez cassé et a subi des blessures à un œil et aux deux reins lors de cette agression présumée. La police était intervenue à la suite d’une plainte pour tapage nocturne provenant du domicile.

La police a accusé Naameh et ses deux proches, qui travaillent tous deux dans le secteur médical, d’avoir agressé les agents arrivés sur les lieux, mais lui et ses collègues ont rejeté la version des faits de la police.

L’enquête en cours est menée par le DIPI, une agence du parquet général chargée d’enquêter sur les soupçons d’actes criminels commis par des policiers.

En savoir plus sur :
Pour commenter, rejoignez
la Communauté du Times of Israël !
Rejoidre la Communauté du Times of Israël
Seuls les membres qui payent un abonnement peuvent commenter les articles. Alors rejoignez nous et profitez d'autres avantages !
Veuillez utiliser un email au format suivant : example@domain.com
Confirm Mail
Merci ! Consultez votre mail maintenant
Vous faites désormais partie de la Communauté du Times of Israël ! Un e-mail contenant votre lien de connexion a été envoyé à . Une fois configuré, vous pourrez profiter de vos avantages et commenter.

Merci pour votre fidélité !

Si vous voyez ce message, ça veut dire que vous faites partie de nos lecteurs les plus assidus. Pour continuer votre lecture, veuillez rejoindre notre Communauté. Rejoignez-nous maintenant !
image
Inscrivez-vous gratuitement
et continuez votre lecture
L'inscription vous permet également de commenter les articles et nous aide à améliorer votre expérience. Cela ne prend que quelques secondes.
Déjà inscrit ? Entrez votre email pour vous connecter.
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
SE CONNECTER AVEC
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation. Une fois inscrit, vous recevrez gratuitement notre Une du Jour.
Register to continue
SE CONNECTER AVEC
Log in to continue
Connectez-vous ou inscrivez-vous
SE CONNECTER AVEC
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un e-mail à .
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.