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La situation à Gaza « relève du génocide au sens propre du terme », estime l’émir du Qatar devant l’ONU

S’adressant à l’Assemblée générale des Nations unies, le cheikh Tamim a vivement critiqué le comportement d’Israël à Gaza, en Cisjordanie, au Liban et en Syrie

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

L'émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, prenant la parole lors de la 81ᵉ session de l'Assemblée générale des Nations unies, au siège de l'ONU, le 22 septembre 2026. (Crédit : Yuki Iwamura/AP)
L'émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, prenant la parole lors de la 81ᵉ session de l'Assemblée générale des Nations unies, au siège de l'ONU, le 22 septembre 2026. (Crédit : Yuki Iwamura/AP)

NATIONS UNIES — Selon l’émir du Qatar, Tamim bin Hamad Al Thani, mettre un frein à l’ « agression » israélienne au Moyen-Orient représente « le véritable défi auquel la communauté internationale doit faire face » en matière de respect de l’État de droit.

S’adressant mardi à l’Assemblée générale des Nations unies, le cheikh Tamim a vivement critiqué le comportement d’Israël à Gaza, en Cisjordanie, au Liban et en Syrie.

« On ne peut parler d’un ordre international juste tant que la Palestine en reste un angle mort », a déclaré l’émir du Qatar.

« Ce qui s’est passé à Gaza relève du génocide au sens propre du terme. C’est une tache de honte sur la conscience de l’humanité entière », a-t-il affirmé. Israël rejette catégoriquement ces allégations ; Jérusalem insiste sur le fait que son armée respecte le droit international de la guerre, tandis que le Hamas, groupe terroriste dont les dirigeants vivent à Doha, utilise les civils comme autant de boucliers humains.

« Les générations futures s’étonneront de l’immense écart qui sépare l’ampleur de la catastrophe et le niveau de la réponse internationale pour y mettre un terme », a ajouté Tamim, interpellant les dirigeants politiques israéliens de tous bords qui prônent l’ « émigration encouragée » des Gazaouis – un euphémisme qui, selon l’émir du Qatar, revient en réalité à un déplacement forcé.

« Au lieu d’être honnêtes face à eux-mêmes, ils se réfugient dans des accusations aveugles, invoquant l’antisémitisme et des théories du complot, et accusant d’autres puissances et États d’être responsables de la dégradation de leur image », a-t-il poursuivi, dans une apparente allusion aux allégations israéliennes selon lesquelles le Qatar financerait des actions d’incitation à la haine contre Israël sur de multiples plateformes.

« C’est un peu comme si… les soldats israéliens ne s’étaient pas vantés de leurs crimes, tant par des enregistrements audio que par des images, et comme si les images des crimes contre l’humanité commis à Gaza n’avaient pas été diffusées par toute une génération de jeunes à travers le monde », a précisé Tamim.

Il a souligné les efforts déployés par le Qatar en tant que médiateur entre Israël et le Hamas tout au long de la guerre à Gaza, afin d’obtenir des cessez-le-feu et des accords de libération d’otages.

Doha a souvent été critiquée en Israël pour avoir accueilli le Hamas et fait parvenir des fonds à Gaza, permettant au groupe terroriste de renforcer son arsenal. Le Qatar fait pour sa part valoir que c’est Israël qui lui avait demandé de remplir ces fonctions.

Tamim a déploré l’enlisement du plan du Conseil de paix prévoyant le désarmement du Hamas. Il a également fustigé Israël pour ne pas avoir respecté les engagements pris dans le cadre de l’accord, à savoir mettre fin à ses frappes, procéder au retrait de ses troupes de Gaza et accroître l’accès de l’aide humanitaire.

« Nous craignons que ceux qui considèrent le déplacement de la population comme étant la solution ne s’opposent à tout ce qui pourrait alléger la vie des civils, car cela renforcerait leur résilience sur leur propre terre », a déclaré Tamim.

L’émir du Qatar a par ailleurs condamné « les persécutions, l’apartheid et le terrorisme des colons en Cisjordanie, la profanation des lieux saints musulmans et chrétiens » et le déni du droit à l’autodétermination des Palestiniens.

Il a dénoncé les zones tampons établies par Israël au Liban et en Syrie, affirmant que la seule justification avancée par Jérusalem était sa méfiance envers le nouveau régime de Damas.

« La destruction de villages entiers dans le sud du Liban, en plein jour, fait écho aux événements survenus en Palestine », a déploré l’émir.

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