L’ADL et l’AJC dénoncent un rapport qui accuse les Juifs et la « blanchité » de menacer l’université
Un rapport soutient que les structures du sionisme et du colonialisme menacent la liberté académique et que les accusations d’antisémitisme servent à faire taire les critiques d’Israël
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Lundi, des organisations juives américaines ont vivement critiqué un rapport récent du groupe de travail sur la liberté académique et la procédure de titularisation de la National Communication Association (NCA), qui présente Israël comme un « État colonialiste » se livrant à des « violences génocidaires ». Les organisations juives ont dénoncé un rapport colportant des « théories antisémites du complot ».
Dans un communiqué conjoint, l’Anti-Defamation League (ADL), l’American Jewish Committee (AJC) et l’Academic Engagement Network (AEN) ont jugé « scandaleuse » l’idée avancée par le rapport selon laquelle les « sionistes » se seraient ligués avec des suprémacistes blancs pour porter atteinte à la liberté académique.
La NCA, association universitaire fondée en 1914, dit travailler avec des milliers de chercheurs et d’enseignants en communication aux États-Unis et dans le monde.
Depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël, qui a déclenché la guerre à Gaza, Israël est la cible d’une vague de boycotts universitaires. Plus d’un millier de boycotts visant des chercheurs et des institutions israéliens ont été recensés au cours des deux dernières années par un groupe de travail de l’Association des universités israéliennes dédié à la lutte contre les boycotts.
La guerre a également entraîné de nombreuses manifestations anti-Israël dans les universités américaines, dont beaucoup comportaient des actes et slogans ouvertement antisémites et visaient les étudiants juifs. Le président américain Donald Trump a mené une campagne contre les établissements universitaires qui toléraient l’antisémitisme, mais ses détracteurs l’accusent d’utiliser cette question comme prétexte pour s’en prendre aux universités.
Le rapport de la NCA représente un « manquement moral flagrant » qui « recourt à des théories antisémites du complot pour expliquer l’état actuel de la liberté académique dans les universités américaines », indiquent les organisations juives dans le communiqué.
Le rapport de 60 pages de la NCA soutient que les libertés académiques seraient menacées par ce qu’elle décrit comme « des réseaux organisés de désinformation et de haine de la droite » cherchant à réduire au silence les universitaires opposés au pouvoir établi.
Il tente de redéfinir le concept de liberté académique, en affirmant que les plus grandes menaces pesant sur les universités américaines et dans le monde ne proviendraient pas seulement d’ingérences politiques, mais également de la « blanchité sous-jacente de la production de connaissances occidentales » et de structures « coloniales, capitalistes et impériales » propres aux institutions universitaires.
Selon le rapport, cette « blanchité » perpétuerait un système excluant systématiquement les universitaires issus de groupes marginalisés, notamment autochtones, noirs, migrants ou de genre divers. Le document affirme également que les initiatives de l’administration Trump et de membres de la droite pour faire respecter la liberté académique seraient une forme de « réaction blanche » visant à « faire taire les critiques de la blanchité ».
Ciblant Israël, le rapport accuse les acteurs politiques de « mobiliser » les plaintes pour antisémitisme afin de « faire taire les critiques conceptuellement fondées à l’égard d’Israël et de ses pratiques coloniales ».
Il soutient aussi que les incidents antisémites dans les établissements universitaires serviraient de prétexte pour cibler et expulser des manifestants, et que « de puissants donateurs, administrateurs et politiciens » utiliseraient « stratégiquement le trope de l’antisémitisme » pour réprimer la liberté d’expression universitaire.
Le document formule par ailleurs une condamnation appuyée de ce qu’il appelle la « campagne génocidaire israélienne » à Gaza, citant la destruction d’universités palestiniennes et les « meurtres d’universitaires palestiniens » comme preuves des menaces pesant sur l’enseignement supérieur.
Il recommande à la NCA de créer un « fonds juridique pour les bourses d’études palestiniennes » afin de contrer ce qu’il décrit comme une « attaque sioniste contre la liberté académique », et l’exhorte à explorer des moyens « d’exercer la pression nécessaire sur les institutions israéliennes » concernant la destruction des infrastructures universitaires à Gaza.
Le rapport ne traite pas de l’identité ou de l’expérience juives en dehors de ce cadre politique.
Dans leur réponse commune, l’ADL, l’AJC et l’AEN ont dénoncé une « grave défaillance morale » de la part d’une association universitaire qui « recourt à des théories du complot antisémites pour expliquer l’état de la liberté académique dans les universités américaines ».
« L’usage répété de ces termes contestés et de ces théories du complot empêche toute réflexion critique au lieu de la favoriser, tout en alimentant des accusations infondées contre Israël et ses soutiens, devenues des vecteurs d’animosité anti-juive dans les milieux universitaires et au-delà », peut-on lire dans la déclaration.
Tout aussi préoccupant, selon la déclaration commune, le rapport rejetterait les nombreuses preuves de la montée de l’antisémitisme en les qualifiant « d’inventions ou de manipulations destinées à étouffer les critiques d’Israël ».
« Il inverse également le problème : au lieu de reconnaître la résurgence de l’antisémitisme, le rapport suggère que les Juifs (ou les “sionistes”) utiliseraient les accusations d’antisémitisme comme une arme pour exercer leur contrôle », peut-on lire dans la réponse. « Ce discours est non seulement faux, mais aussi dangereux, car il renforce les schémas préjudiciables qui consistent à blâmer les victimes, ce qui excuse les actes répréhensibles et décharge les auteurs de leur responsabilité. »
La déclaration conclut que le recours, dans le rapport de la NCA, à un langage issu de tropes antisémites anciens sur une prétendue influence juive opérant en coulisses pour contrôler les institutions est « profondément irresponsable », et que les appels à isoler ou pénaliser des institutions universitaires pour des raisons politiques sont « fondamentalement incompatibles avec les principes de liberté académique, d’échange ouvert d’idées et de collaboration scientifique que le rapport prétend défendre ».
la Communauté du Times of Israël !







