L’administration Trump censure illégalement les manifestants propalestiniens, conclut un juge
"Nous ne sommes pas et nous ne devons pas devenir un pays qui emprisonne et expulse les gens parce que nous avons peur de ce qu'ils ont à nous dire", s'inquiète le juge
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Le gouvernement Trump musèle illégalement le mouvement de solidarité avec les Palestiniens de Gaza face à Israël sur les campus universitaires en arrêtant et en tentant d’expulser des étudiants étrangers pour leur seul discours, conclut mardi un juge fédéral américain.
Ce juge de Boston (nord-est) considère que la ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, et le secrétaire d’Etat, Marco Rubio, « ont abusé des larges pouvoirs de leurs services pour lancer des procédures d’expulsion contre des étrangers propalestiniens essentiellement en raison de leur discours politique protégé par la Constitution ».
Il cite notamment les cas de Mahmoud Khalil, militant propalestinien de l’université Columbia à New York, ou de l’étudiante turque Rumeysa Ozturk, doctorante de l’université Tufts dans le Massachusetts, tous deux arrêtés en mars par des agents de la police de l’immigration (ICE) et relâchés après de longs mois de détention.
L’objectif de telles procédures est de « réprimer les manifestations étudiantes propalestiniennes et de terroriser d’autres propalestiniens étrangers (ou autres) se trouvant dans une situation similaire afin de les réduire au silence au motif que leurs opinions n’étaient pas les bienvenues », estime le juge.
Or contrairement à l’interprétation qu’en fait le président Donald Trump, le Premier amendement de la Constitution des Etats-Unis, qui garantit la liberté d’expression, s’applique à tous, qu’ils soient américains ou non, souligne le juge.
« La liberté d’expression de personne n’est illimitée, bien sûr, mais ces limites sont les mêmes pour tous, citoyens aussi bien qu’étrangers », selon le texte de la décision.
Au cours du procès, des responsables des services d’investigation du ministère de la Sécurité intérieure ont témoigné s’être largement appuyés pour déterminer les personnes à cibler sur des listes de milliers de noms établies par des organisations pro-israéliennes, observe le magistrat.
Tel était ainsi le cas de Mahmoud Khalil et de Rumeysa Ozturk, tous deux publiquement dénoncés par notamment l’organisation baptisée « Canary Mission ».
« Nous ne sommes pas et nous ne devons pas devenir un pays qui emprisonne et expulse les gens parce que nous avons peur de ce qu’ils ont à nous dire », s’inquiète le juge.
Donald Trump a lancé une offensive contre les grandes universités américaines, les accusant de laisser prospérer sur leurs campus des mouvements de soutien aux Palestiniens face à l’offensive israélienne dans la bande de Gaza, qu’il assimile à des manifestations d’antisémitisme.
Israël est en guerre contre le Hamas depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut des communautés du sud d’Israël, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages. Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent 50 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Vingt d’entre eux seraient encore en vie.
Le ministère de la santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que plus de 65000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ce bilan, qui ne peut être vérifié et qui ne fait pas la distinction entre terroristes et civils, inclut les quelque 20 000 terroristes qu’Israël affirme avoir tués au combat et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.
Israël affirme s’efforcer de minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les Gazaouis comme boucliers humains, en menant ses combats depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
Le bilan de l’offensive terrestre israélienne contre le Hamas à Gaza et des opérations militaires menées le long de la frontière avec la bande de Gaza s’élève à 469 morts. Ce bilan inclut un officier de police tué lors d’une mission de sauvetage d’otages et des civils qui travaillaient comme sous-traitant pour le ministère de la Défense.
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