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L’Afrique du Sud se retire de la Biennale de Venise après une polémique sur Gaza

Le ministre de la Culture sud-africain, Gayton McKenzie, fervent défenseur d'Israël, a critiqué l'œuvre consacrée à l'enclave de l'artiste sélectionnée pour représenter le pays - qui ne fera finalement pas le déplacement en Italie

Le ministre sud-africain des Sports, des Arts et de la Culture, Gayton McKenzie (au centre), s'exprime lors d'une cérémonie commémorative en l'honneur des Français qui ont lutté contre l'apartheid, en présence du vice-président sud-africain Paul Mashatile et du président français Emmanuel Macron, au Freedom Park de Pretoria, le 21 novembre 2025, à la veille du sommet des dirigeants du G20. (Crédit :  Ludovic MARIN / AFP)
Le ministre sud-africain des Sports, des Arts et de la Culture, Gayton McKenzie (au centre), s'exprime lors d'une cérémonie commémorative en l'honneur des Français qui ont lutté contre l'apartheid, en présence du vice-président sud-africain Paul Mashatile et du président français Emmanuel Macron, au Freedom Park de Pretoria, le 21 novembre 2025, à la veille du sommet des dirigeants du G20. (Crédit : Ludovic MARIN / AFP)

JTA — L’Afrique du Sud ne participera pas à la Biennale de Venise, cette année, dans le sillage d’un différend entre le ministère de la Culture du pays et l’artiste sélectionnée, dont l’installation prévue était axée sur Gaza.

Gabrielle Goliath, une artiste sud-africaine qui avait été sélectionnée pour représenter le pays à l’exposition culturelle internationale, avait prévu de présenter une performance intitulée « Elegy » qui comprenait un hommage à la poétesse palestinienne Hiba Abu Nada, tuée lors d’une frappe aérienne israélienne en 2023.

La sélection de Goliath pour représenter l’Afrique du Sud à la biennale par Art Periodic, une organisation à but non-lucratif qui gère le pavillon au nom du pays, avait rapidement suscité le mépris de Gayton McKenzie, le ministre sud-africain de la Culture, qui avait qualifié son travail de « très controversé ».

Alors que l’Afrique du Sud compte depuis longtemps parmi les détracteurs les plus virulents d’Israël et que les relations diplomatiques entre les deux pays se sont détériorées au cours de la guerre à Gaza, McKenzie s’est distingué par son soutien à l’État juif.

Au mois de janvier, McKenzie a finalement mis fin à l’accord avec Art Periodic, écrivant dans une lettre qu’il présenterait plutôt à Venise des œuvres d’art véhiculant « un message positif » sur l’Afrique du Sud, selon le New York Times.

Dans un message qui a été diffusé sur Facebook au mois de janvier, McKenzie a affirmé qu’un « pays étranger » non-identifié avait tenté de financer l’installation sud-africaine à la Biennale, ajoutant que des rumeurs avaient laissé entendre que « la plateforme sud-africaine est utilisée comme intermédiaire par une puissance étrangère pour soutenir un message géopolitique sur les actions d’Israël à Gaza ».

Vue extérieure de l’Arsenal pendant la 60e Biennale des arts à Venise, en Italie, le 16 avril 2024. (Crédit : AP Photo/Luca Bruno)

Il a poursuivi : « La position de l’Afrique du Sud sur Israël et Gaza est claire. Peut-être que la position de ce pays devrait également être clairement énoncée ses propres soin – et non indirectement, par le biais de la tribune d’un autre pays. »

À la suite de cette annonce, Goliath a intenté un procès contre McKenzie afin d’être réintégrée en tant qu’artiste représentante du pays. Le procès a été rejeté mardi.

« Nous pensons que cette décision crée un dangereux précédent, mettant en péril les droits des artistes, des conservateurs et des créatifs en Afrique du Sud, notamment les droits à la liberté d’expression, à la liberté de dissidence », ont expliqué Goliath et son avocat dans un communiqué. « Il va sans dire que nous contesterons cette décision en faisant appel. »

Le ministère avait initialement tenté de trouver un remplaçant à Goliath, mais il a annoncé vendredi qu’il n’y aurait pas d’installation à Venise cette année.

Avec la décision qui a été prise par l’Afrique du Sud, ce n’est pas la première fois que la Biennale de Venise suscite la controverse au sujet du conflit israélo-palestinien. En 2024, la représentante d’Israël à l’exposition avait fermé son exposition pour appeler à un cessez-le-feu à Gaza et à la libération des otages.

Cette année, Israël devrait potentiellement revenir à la biennale, même si la participation du pays a été accueillie par des appels au boycott de la part du groupe pro-palestinien Art Not Genocide Alliance.

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