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L’ancien chef du Shin Bet, Yoram Cohen, rejoint le parti Yashar de Gadi Eisenkot

Celui qui a occupé le poste de chef de l’agence de sécurité intérieure de 2011 à 2016 sous l'autorité de Benjamin Netanyahu, estime qu'il est "dangereux" de le laisser au pouvoir

L’ancien chef du Shin Bet, Yoram Cohen (à gauche), et le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, sur une photo publiée le 5 mai 2026. (Crédit : Yashar)
L’ancien chef du Shin Bet, Yoram Cohen (à gauche), et le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, sur une photo publiée le 5 mai 2026. (Crédit : Yashar)

Gadi Eisenkot a annoncé mardi que l’ancien chef du Shin Bet, Yoram Cohen, était le dernier en date à rejoindre son parti Yashar. Il a rendu hommage à la vaste expérience de Cohen en matière de sécurité ainsi que son intégrité.

« Yoram, mon ami, apporte avec lui plus de 35 ans d’une riche expérience en matière de sécurité et d’expertise dans tous les domaines en lien avec la sécurité nationale. C’est une voix professionnelle, digne d’un homme d’État, d’une voix éthique qui incarne le type de leadership que Yashar propose au peuple d’Israël. Un leadership qui est fondé sur la responsabilité et l’intégrité ; sur les résultats, et non sur les slogans », a dit Eisenkot dans un communiqué.

« Israël doit affronter des défis majeurs sur les plans sécuritaire et social – des défis qui, s’ils sont mal gérés par les dirigeants, comme c’est le cas aujourd’hui, pourraient nous mener au bord de l’effondrement. Face à l’ampleur de la situation, j’ai décidé de répondre à l’appel d’urgence qui a été lancé par mon ami Gadi », a commenté Cohen.

« Je rejoins aujourd’hui le parti Yashar car je considère que mon ami Gadi est l’homme de la situation, au bon moment et au bon endroit, pour diriger l’État d’Israël », a-t-il ajouté.

S’adressant aux journalistes à Tel Aviv lors d’une conférence de presse conjointe avec Eisenkot, l’ancien chef du Shin Bet, a déclaré que permettre à la coalition au pouvoir « ratée » du Premier ministre Benjamin Netanyahu « de continuer à diriger l’État d’Israël est, à mon avis, un acte irresponsable et même dangereux pour le pays ».

« Le choix de me lancer en politique n’est pas naturel pour moi. J’ai passé la majeure partie de ma vie dans les coulisses, et je préfère les opérations sur le terrain aux discours », a expliqué Cohen, ajoutant qu’il estime, avec Eisenkot, « que nous avons les capacités personnelles, organisationnelles et managériales nécessaires pour relever les défis actuels, prendre des décisions même si elles sont complexes, apporter le changement et redonner de l’espoir au peuple ».

L’ancien chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet, Yoram Cohen (à gauche), et le chef du parti Yashar, Gadi Eisenkot, lors d’une conférence de presse, à Tel Aviv, le 5 mai 2026. (Crédit : Arik Marmor)

Interrogé sur les raisons pour lesquelles il ne s’était pas rallié à l’ancien Premier ministre Naftali Bennett et au chef de l’opposition Yaïr Lapid au sein de leur nouveau parti « BeYahad », Eisenkot a répondu qu’il avait « travaillé pendant de nombreux mois à la mise en place d’une infrastructure pour remporter les élections » et que, dans cette optique, il avait « rencontré tous les candidats et tenté de parvenir à une structure tripartite, car je pensais que c’était la bonne solution, mais cela n’a pas abouti ».

C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, « j’ai continué à renforcer Yashar pour qu’il soit aussi important que possible », soulignant que Bennett et Lapid ne l’avaient informé de leurs projets que « cinq minutes avant le communiqué de presse ».

« Je considère que nous sommes confrontés aux élections les plus cruciales depuis la création de l’État, et qu’il faut unir nos forces pour gagner », a déclaré Eisenkot, précisant qu’il siégerait dans un gouvernement avec tout parti partageant les valeurs d’un « État juif et démocratique, la reconnaissance des valeurs de la Déclaration d’indépendance et la reconnaissance du devoir de service militaire et de service civil ».

Cela exclut actuellement les partis arabes de la Knesset, a ajouté Cohen.

Interrogé par un journaliste sur des informations selon lesquelles il serait en pourparlers avec Avigdor Liberman, le chef d’Yisrael Beytenu, en vue d’unir leurs deux partis, Eisenkot a déclaré que les deux hommes entretenaient une relation de longue date et s’étaient rencontrés et entretenus ces derniers mois, mais qu’il ne souhaitait pas entrer dans les détails.

Eisenkot a ajouté que son parti serait composé à parts égales d’hommes et de femmes et qu’un tiers de ses candidats serait constitué de jeunes. Il a également appelé tous les partis dont les intentions de vote sont actuellement inférieures au seuil électoral, y compris son ancien parti, Kakhol Lavan, à se retirer de la course ou à s’allier à d’autres formations.

Cohen a occupé le poste de chef du Shin Bet de 2011 à 2016 sous l’autorité du Premier ministre Benjamin Netanyahu – et il est depuis devenu un fervent détracteur du Premier ministre en exercice. Il a été l’un des nombreux anciens hauts responsables de la sécurité à dénoncer les attaques verbales qui ont été lancées à l’encontre de l’agence de sécurité intérieure par les proches de Netanyahu et il a accusé le Premier ministre d’abuser de l’agence à des fins politiques.

L’année dernière, Cohen avait confié que Netanyahu lui avait un jour demandé de « discréditer » Bennett, son rival politique, pour l’écarter de son cabinet de sécurité en révoquant son habilitation de sécurité, invoquant un cas de « problème de loyauté » dont la nature n’avait pas été précisée. Une information qui a été démentie par le bureau de Netanyahu, qui avait accusé Cohen de l’avoir inventée.

Cohen a également affirmé que, pendant son mandat, Netanyahu lui avait demandé à plusieurs reprises de commettre des « actes illégitimes » – avec notamment des mises sur écoute de hauts responsables de la défense du gouvernement dans le but de garantir qu’ils ne divulgueraient pas d’informations issues d’une réunion de sécurité particulièrement sensible.

Au sein de Yashar, Cohen va rejoindre Matan Kahana, ancien ministre des Affaires religieuses ; Orit Farkash-Hacohen, ancienne députée du parti Kakhol Lavan ; Shaul Meridor, ancien directeur du budget au ministère des Finances, ainsi qu’Inbar Yehezkeli, ancienne cheffe de cabinet de trois ministres des Affaires sociales et conseillère en politique sociale.

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