Le cabinet examinera l’annexion partielle de la Cisjordanie à sa prochaine réunion
Des ministres veulent lancer l’annexion avant l’Assemblée générale de l’ONU, au moment où la France et d’autres pays prévoient de reconnaître un État palestinien
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Le cabinet devrait discuter la semaine prochaine de l’annexion de certains territoires de la Cisjordanie, ont rapporté jeudi les médias israéliens, alors que les appels en ce sens se multiplient parmi les députés de droite.
Selon la chaîne N12, la discussion aura lieu dans le contexte du plan de construction d’implantations récemment approuvé à l’initiative du ministre des Finances, Bezalel Smotrich. Ce projet prévoit la construction d’environ 3 400 logements dans la zone E1 (East1), un secteur controversé, situé entre Jérusalem et l’implantation de Maale Adumim.
Rien n’indique qu’un vote aura lieu sur la question de l’annexion lors de la réunion annoncée pour dimanche.
Le bureau du Premier ministre n’a pas répondu aux demandes de commentaires sur cette éventuelle discussion ni, plus largement, sur l’ordre du jour du cabinet.
Pendant des années, les pressions internationales étaient parvenues à dissuader Israël de construire dans la zone E1, les détracteurs affirmant qu’un tel projet couperait la Cisjordanie en deux, la séparant de Jérusalem-Est, ce qui compromettrait la perspective d’une solution à deux États.
Les projets d’annexion de certaines parties de la Cisjordanie, déjà envisagés par le passé, risquent d’envenimer davantage les relations entretenues par Israël avec plusieurs de ses alliés occidentaux, au moment où la France et d’autres pays se sont engagés à reconnaître un État palestinien lors de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre.
Ynet a rapporté jeudi matin que Netanyahu avait discuté à huis clos avec plusieurs ministres de haut rang de la question de la souveraineté en Cisjordanie. Si le gouvernement avait déjà envisagé par le passé des initiatives similaires restées sans suite, les détails de cette rencontre, tenue la semaine dernière, laissent entendre que « le climat politique pourrait créer une occasion rare pour une telle initiative », selon le média.
Parmi les hauts responsables qui, selon le site d’information, ont participé à la réunion figuraient le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer, le ministre des Affaires étrangères Gideon Saar, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, le conseiller à la sécurité nationale Tzachi Hanegbi et le secrétaire du Cabinet Yossi Fuchs.
Dermer aurait clairement exprimé son soutien à l’annexion, soulignant que « la question est de savoir quelles parties » du territoire seraient concernées.
La France envisage d’ouvrir une ambassade du côté palestinien
Le député du Likud, Avichai Boaron, a déclaré en début de semaine, dans une interview à la radio, que « le peuple d’Israël » souhaitait la souveraineté sur la Cisjordanie et que l’annexion pourrait avoir lieu en même temps que l’Assemblée générale de l’ONU, le mois prochain.
Plusieurs ministres du cabinet, dont Smotrich, la ministre des Implantations et des Missions nationales, Orit Strouk, et le ministre de la Justice, Yariv Levin, exerceraient également des pressions pour que cette mesure soit prise avant la réunion de l’ONU.
Par ailleurs, la France envisagerait d’ouvrir une ambassade dans les territoires de Cisjordanie placés sous le contrôle de l’Autorité palestinienne (AP), parallèlement à l’ouverture d’une ambassade de la Palestine en France, a déclaré Ofer Bronchtein, conseiller de longue date du président français Emmanuel Macron sur les questions israélo-palestiniennes à la chaîne N12.
Bronchtein a expliqué qu’une telle décision, alors que les tensions diplomatiques entre Paris et Jérusalem s’accentuent, constituerait une étape naturelle après la promesse française de reconnaître un État palestinien. L’ambassade française serait probablement située à Ramallah, où se trouve le siège de l’AP.
Le gouvernement israélien s’oppose à la création d’un État palestinien et a rejeté toute reconnaissance, la qualifiant de « récompense pour le terrorisme ».
Bronchtein a réaffirmé qu’un État palestinien était, selon lui, dans l’intérêt d’Israël, arguant que le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas, le 7 octobre 2023, n’aurait pas eu lieu si un tel État palestinien avait déjà existé. La stabilité qu’il aurait apportée aurait empêché l’attaque, a-t-il estimé.
L’ambassade de France en Israël n’a pas répondu à une demande de commentaire sur les propos de Bronchtein.
Smotrich pousse pour l’annexion de Gaza
Jeudi également, Smotrich a prononcé un discours, appelant à l’annexion de certains pans de la bande de Gaza si le Hamas persistait à refuser de déposer les armes.
Lors d’une conférence de presse à Jérusalem qui a eu lieu jeudi, le ministre d’extrême droite a présenté son plan pour « gagner à Gaza d’ici la fin de l’année ». Il a proposé qu’Israël adresse un ultimatum au Hamas : désarmer et libérer les otages, ou faire face à une annexion progressive sur une base progressive, hebdomadaire.
Selon lui, les Palestiniens seraient d’abord invités à se déplacer vers le sud de Gaza, Israël imposant un siège sur le nord et sur le centre du territoire dans l’objectif d’éliminer les bastions restants du Hamas. Le plan se terminerait par une annexion, a continué Smotrich, et verrait la majeure partie du territoire placée sous le contrôle total d’Israël dans un délai de quatre semaines.
L’ensemble du plan « peut être réalisé en trois à quatre mois », a-t-il poursuivi, appelant Netanyahu « à adopter immédiatement ce plan dans son intégralité ».
Netanyahu a fait savoir, au début du mois, que si Israël prévoit de prendre le contrôle militaire de Gaza, « nous ne voulons pas garder » l’enclave côtière.
« Nous voulons disposer d’un périmètre de sécurité, mais nous ne voulons pas gouverner [Gaza]. Nous ne voulons pas être présents en tant qu’instance de gouvernement », a-t-il déclaré devant les caméras de Fox News.
Le Premier ministre avait précisé qu’Israël souhaitait « remettre l’enclave aux forces arabes qui la gouverneront correctement, sans nous menacer et qui offriront une bonne vie aux Gazaouis ».
Netanyahu a également dit à un groupe de journalistes indiens en visite, selon la chaîne anglophone CNN-News18, que « notre plan n’est pas d’occuper ou d’annexer Gaza. Notre objectif est de détruire le Hamas et de récupérer nos otages, puis de remettre Gaza à un gouvernement transitoire ».
la Communauté du Times of Israël !







