Le Centre Yitzhak Rabin aurait annulé un événement à cause de la venue de Ben Gvir
Le ministre d’extrême droite devait s’exprimer lors d’une conférence de son ministère, mais le centre s’y serait opposé en raison de menaces proférées avant l’assassinat de Rabin
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Le Centre Yitzhak Rabin de Tel Aviv a refusé d’accueillir une conférence organisée par le ministère de la Sécurité nationale parce que le ministre ultranationaliste Itamar Ben Gvir devait y prendre la parole, selon des informations publiées mardi.
Des sources citées par le quotidien Haaretz ont indiqué que la bibliothèque et le centre de recherche avaient informé le ministère que l’événement était reporté afin de ne pas contrevenir aux règles interdisant l’utilisation de fonds publics à des fins de propagande électorale avant le scrutin du 27 octobre. Mais selon ces sources, la véritable raison de cette décision était d’empêcher Ben Gvir de prendre la parole.
Ben Gvir s’est fait connaître dès l’adolescence pour son activisme dans les milieux de l’extrême droite, notamment lorsqu’il avait été filmé en train de se vanter d’avoir dérobé l’insigne de la voiture du Premier ministre Yitzhak Rabin, quelques semaines avant l’assassinat de ce dernier par un extrémiste juif.
« Tout comme nous avons mis la main sur cet insigne, nous pouvons aussi nous en prendre à Rabin », avait déclaré Itamar Ben Gvir à l’époque.
Le 4 novembre 1995, Yigal Amir a assassiné Rabin alors qu’il quittait un rassemblement à Tel Aviv, organisé sur ce qui a par la suite été rebaptisé la place Rabin.
Dans une déclaration à Haaretz, le centre a précisé qu’il s’agissait « d’un organisme public créé par la loi électorale (méthodes de propagande) et les directives du procureur général, qui interdisent l’utilisation des ressources publiques d’un organisme de ce type d’une manière susceptible de créer une connotation de propagande électorale ou de servir de tribune politique ».
La conférence, prévue la semaine prochaine, était organisée par l’Autorité nationale pour la sécurité communautaire, qui relève du ministère de Ben Gvir. Quelque 250 responsables de programmes de lutte contre la violence venus de tout le pays devaient y participer.
Des sources anonymes ont confié à Haaretz que Ben Gvir, ministre depuis 2023, n’avait assisté à aucun des précédents événements annuels de l’Autorité, mais qu’il avait décidé cette année d’y prononcer un discours, sans doute en raison du prochain scrutin électoral.
Le centre a récemment fait savoir au ministère qu’il refusait la participation de Ben Gvir et que, si celui-ci devait néanmoins assister à la conférence, l’événement serait purement et simplement annulé, selon les sources.
La directrice de l’Autorité nationale pour la sécurité communautaire, la juge à la retraite Avital Chen, a donc informé les participants que la conférence serait reportée après les élections du mois prochain. Aucune nouvelle date n’a été communiquée.
La procureure générale Gali Baharav-Miara s’est récemment heurtée à la direction spirituelle du parti Shas après avoir décidé qu’une cérémonie commémorative financée par l’État en l’honneur de l’ancien grand rabbin séfarade Ovadia Yosef, premier chef spirituel du parti, devait être reportée après les élections. Sa décision a suscité de vives critiques de la part du fils d’Ovadia Yosef, le rabbin Yitzhak Yosef, qui a appelé Dieu à « en finir avec elle ».
La semaine dernière, Baharav-Miara a proposé un compromis, estimant que la cérémonie commémorative pourrait avoir lieu comme prévu avant les élections à condition qu’elle soit organisée à titre privé, et non financée par l’État.
la Communauté du Times of Israël !







