Le chanteur franco-israélien Amir face au boycott : « La musique est l’antithèse de la haine »
Invité de C à vous sur France 5, l'artiste est revenu sur les appels au boycott de ses concerts, déclenchés par ses liens passés avec Israël
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Plusieurs mois après le lancement d’un appel au boycott visant ses concerts, Amir est revenu publiquement sur la polémique qui l’a visé. Le chanteur franco-israélien était invité jeudi sur le plateau de C à vous, sur France 5, aux côtés du violoniste Renaud Capuçon.
À l’origine de cette controverse, la participation d’Amir en 2014 à un événement organisé à Hébron, ainsi que sa présence à une soirée de soutien aux soldats de Tsahal. Des engagements qui avaient suscité de vives critiques et entraîné des appels à boycotter ses concerts.
Hébron possède un statut singulier. Suite au Protocole d’Hébron de 1997, elle est scindée en deux zones : H1, qui représente environ 80 % de la ville et est gérée par l’Autorité palestinienne, et H2. Cette dernière, qui comprend la Vieille Ville, est soumise à un contrôle militaire israélien, dont l’objectif est d’assurer la protection d’environ 850 Israéliens vivant au milieu de plus de 200 000 Palestiniens.
Face à Anne-Elisabeth Lemoine, l’artiste a accepté de revenir sur cet épisode de sa carrière. « Je me suis retenu longtemps d’évoquer ce boycott parce qu’on sait tous quelles sont les motivations et ce que l’on me reproche », a-t-il confié. Amir a tenu à rappeler la constance de son discours pacifique : « J’ai toujours parlé et chanté pour fédérer. Je n’ai jamais tenu le moindre mot, la moindre déclaration qui n’était pas celle de la paix, du vivre ensemble, de la fin des souffrances. » Avant d’ajouter : « Je suis certain que ce ne sont pas mes opinions politiques qu’on pointe du doigt, mais ce que je suis. »
Le chanteur a également insisté sur son refus de répondre à la haine. « La haine, le racisme, je le laisse aux autres. La musique est faite pour le partage, elle est l’antithèse de la haine », a-t-il déclaré.
Présent à ses côtés, Renaud Capuçon a apporté son soutien et élargi le débat, rappelant que le monde de la musique classique n’échappe pas non plus aux pressions politiques et aux appels au boycott. « Je pense que nous, les artistes, on doit être des témoins de paix. On est sur scène pour amener quelque chose qui fait rêver, pleurer, émouvoir, tout sauf la haine », a-t-il renchéri.
Le violoniste a ensuite raconté une expérience personnelle marquante. Il a révélé avoir été la cible d’une vague de messages haineux après un voyage en Israël, il y a deux ans, où il s’était rendu pour jouer avec l’Orchestre d’Israël, comme il le fait régulièrement. « En atterrissant, j’avais mis un petit tweet, et j’avais reçu 800 messages de haine », a-t-il expliqué.
Le musicien, qui est par ailleurs l’époux de Laurence Ferrari, a précisé la violence de certaines attaques reçues : « On me traitait de nazi. Et je ne suis pas juif. J’allais simplement comme chaque année en Israël parce que c’est un pays extraordinaire. » Avant de conclure : « S’il y avait eu des concerts, s’il y avait eu un orchestre à Gaza, je serais allé aussi à Gaza. »
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