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Le chef de l’AIEA aurait des gardes du corps 24h/24 et 7 jours sur 7 en raison de menaces iraniennes

Selon le WSJ, ce sont les services de sécurité autrichiens qui ont alerté M. Grossi, suite à de menaces iraniennes publiques pendant la guerre contre Israël, en juin dernier

Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, à son arrivée au palais de l'Élysée pour y rencontrer rle président français à Paris, le 25 juin 2025. (JULIEN DE ROSA / AFP)
Le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, à son arrivée au palais de l'Élysée pour y rencontrer rle président français à Paris, le 25 juin 2025. (JULIEN DE ROSA / AFP)

Ces dernières semaines, le chef de l’organisme de surveillance nucléaire de l’ONU a été placé sous la protection d’un service de sécurité à raison de 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 en raison de menaces iraniennes, a indiqué mercredi le Wall Street Journal, citant des personnes proches du dossier.

Rafael Grossi a été placé sous la protection de l’unité d’élite des services spéciaux Cobra, en Autriche, siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Ces dispositions ont été prises fin juin lorsque les services de renseignement autrichiens ont été informés d’une menace à l’encontre du chef de l’AIEA de la part de personnes liées à l’Iran, a déclaré au journal une personne proche du dossier, une autre source ajoutant que la menace venait de l’Iran et que les autorités la prenaient très au sérieux.

« Nous confirmons que l’Autriche a mis à disposition une unité Cobra mais nous ne pouvons pas confirmer l’origine précise de la menace », a répondu au WSJ Fredrik Dahl, le porte-parole de l’AIEA.

Ni le ministère autrichien de l’Intérieur ni la mission iranienne n’ont fait de commentaires.

Diplomate argentin considéré comme un possible successeur au Secrétaire Général de l’ONU, Antonio Guterres, Grossi fait l’objet de menaces de Téhéran depuis le début de la guerre qui a opposé l’Iran à Israël 12 jours durant en juin dernier.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Mariano Grossi, visite une exposition sur les réalisations nucléaires de l’Iran, à Téhéran, en Iran, le 17 avril 2025. (Organisation de l’énergie atomique d’Iran via AP)

Lors de cette guerre, que Téhéran impute pour partie à l’AIEA, Israël a bombardé des infrastructures liées au programme nucléaire et balistique de la République islamique, au motif qu’elles représentaient des menaces graves et immédiates pour la sécurité d’Israël. Ce à quoi l’Iran a riposté par des tirs de missiles et de drones meurtriers sur des infrastructures militaires et civiles en Israël. Les États-Unis sont par ailleurs intervenus et ont mené des frappes contre les installations nucléaires en Iran.

Le cessez-le-feu entre l’Iran et Israël tient depuis le 24 juin dernier.

En juin dernier, au plus fort des hostilités, Ali Larijani, un proche conseiller du guide suprême iranien Ali Khamenei, avait écrit sur X : « Quand la guerre finira, nous nous occuperons de Grossi. »

Un haut responsable du système judiciaire iranien a déclaré après la guerre que Grossi pourrait être jugé par contumace.

Par ailleurs, le journal semi-officiel Kayhan a accusé le chef de l’AIEA d’espionnage pour le compte d’Israël et appelé à son exécution. Selon les autorités iraniennes, Grossi travaille pour Jérusalem, ce que lui laissent penser des photos du diplomate avec un ex-haut responsable israélien.

La guerre a éclaté peu de temps après la publication d’un important rapport de l’AIEA accusant l’Iran de mener des activités nucléaires sans les déclarer à l’organisme de surveillance de l’ONU.

Précédé de nombreuses conclusions de même teneur, ce rapport évoquait plus clairement que jamais l’existence d’activités secrètes coordonnées, certaines d’entre elles cohérentes avec la production d’armes nucléaires.

Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique, Rafael Mariano Grossi, au centre, visite une exposition sur les réalisations nucléaires de l’Iran, à Téhéran, en Iran, le 17 avril 2025. (Organisation de l’énergie atomique d’Iran via AP)

Sur la base des énonciations du rapport de l’AIEA, les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ont prévu de demander que le Conseil des gouverneurs de l’agence, composé de 35 pays, déclare que l’Iran viole ses obligations en matière de non-prolifération.

Le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne sont par ailleurs parties au Plan d’action global conjoint de 2015, accord conclu entre l’Iran et les puissances occidentales en vertu duquel l’Iran a accepté de limiter son programme nucléaire et de l’ouvrir à des inspecteurs en échange d’un allègement des sanctions.

Mardi, des diplomates iraniens se sont entretenus avec des représentants de ces trois pays, à Genève, pour tenter d’éviter les sanctions dites de « snapback » dans le cadre du JCPOA, que les États européens ont menacé de déclencher en raison du non-respect des obligations.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Johann Wadephul (au centre), flanqué du ministre britannique des Affaires étrangères David Lammy (à gauche), du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot (2e à droite) et de la haute représentante et vice-présidente de l’UE chargée des affaires étrangères et de la politique de sécurité Kaja Kallas (à droite), à l’issue de leur rencontre avec le ministre iranien des Affaires étrangères sur le programme nucléaire de Téhéran, à Genève, le 20 juin 2025. (Fabrice Coffrini / AFP)

Avant la guerre, l’Iran était en phase de négociation avec les États-Unis à propos de son programme nucléaire ; le président américain Donald Trump lui avait d’ailleurs donné un délai de 60 jours pour parvenir à un accord, lequel, selon le dirigeant américain, avait expiré la veille de l’attaque israélienne.

Dimanche, les médias officiels iraniens ont publié des propos de Khamenei affirmant que le conflit entre Téhéran et les États-Unis au sujet de son programme nucléaire était « insoluble ».

Mardi, M. Grossi a fait savoir que l’Iran avait autorisé une première équipe d’inspecteurs de l’AIEA à entrer sur son territoire, les derniers ayant été évacués lorsque la guerre a éclaté en juin. La question de leur accès aux sites nucléaires n’est cependant toujours pas réglée.

L’Iran nie catégoriquement toute intention de se doter de l’arme nucléaire mais enrichit de l’uranium à des niveaux sans application pacifique, empêche les inspecteurs étrangers de venir vérifier ses installations nucléaires et a amélioré ses capacités balistiques.

Selon Israël, l’Iran avait par ailleurs pris des mesures en faveur de l’armement peu de temps avant la guerre.

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