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Le gouvernement syrien aurait offert les archives d’Eli Cohen, découvertes après la chute d’Assad

Après l'annonce par Israël de la récupération des archives dans le cadre d'une opération, des sources ont confié à Reuters que Sharaa avait donné son accord à leur restitution pour atténuer l'hostilité d'Israël

L'un des 2 500 éléments appartenant à l'espion israélien Eli Cohen récupéré en Syrie lors d'une opération secrète du Mossad rendue publique le 18 mai 2025. (Crédit : Bureau du Premier ministre)
L'un des 2 500 éléments appartenant à l'espion israélien Eli Cohen récupéré en Syrie lors d'une opération secrète du Mossad rendue publique le 18 mai 2025. (Crédit : Bureau du Premier ministre)

AMMAN/DAMAS, Jordanie/Syrie – Les dirigeants syriens ont approuvé la remise des effets de l’espion Eli Cohen, décédé depuis longtemps, à Israël dans le but d’apaiser l’hostilité israélienne et de faire un geste de bonne volonté à l’égard du président américain Donald Trump, ont déclaré trois sources à Reuters.

Israël a annoncé dimanche qu’il avait récupéré des documents, des photographies et des objets personnels qui avaient appartenu à Cohen, précisant que son agence d’espionnage, le Mossad, avait collaboré avec une agence de renseignement étrangère qui n’a pas été identifiée pour sécuriser tous ces effets.

Toutefois, une source proche des services de sécurité syriens, un conseiller du président syrien Ahmed al-Sharaa et une personne proche des discussions entre les deux pays ont affirmé que ces archives ont été offertes à Israël en tant que geste de bonne volonté indirect de Sharaa, qui cherche à apaiser les tensions et à gagner la confiance de Trump.

Cohen, qui avait été pendu en 1965 sur une place du centre de Damas après avoir infiltré l’élite politique syrienne, est toujours considéré comme un héros en Israël et comme l’espion le plus célèbre du Mossad – il avait découvert des secrets militaires qui avaient contribué à la victoire éclair de l’État juif lors de la guerre des Six Jours, en 1967.

Dimanche, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié Cohen de légende, disant qu’il a été « le plus grand agent de renseignement dans les annales de l’État ».

Alors qu’Israël cherche depuis longtemps à récupérer sa dépouille pour l’inhumer dans le pays qui était le sien, la restitution de ces effets, qui se trouvaient depuis 60 ans entre les mains des services de renseignement syriens, a été saluée par le Mossad comme « une réussite de la plus haute moralité ».

Israël n’a pas révélé publiquement comment ces archives étaient entrées en sa possession – se contentant de dire qu’elles étaient le résultat d’une « opération secrète et complexe du Mossad, en coopération avec un service de renseignement étranger allié ».

A l’heure de la rédaction de ces lignes, ni le cabinet Netanyahu, ni les autorités syriennes, ni la Maison Blanche n’ont souhaité s’exprimer sur le rôle de la Syrie dans la récupération des archives Cohen par Israël.

Nadia Cohen (à gauche), veuve de l’espion Eli Cohen, rencontrant le Premier ministre Netanyahu (à droite), après qu’Israël a récupéré quelque 2 000 effets liés à sa capture en Syrie, dans son bureau, le 18 mai 2025. (Crédit : Bureau du Premier ministre)

Les dossiers Cohen

Après que les rebelles dirigés par Sharaa ont soudainement renversé le président Bachar al-Assad au mois de décembre – mettant un terme au règne d’une dynastie qui gouvernait le pays d’une main de fer depuis 54 ans – ils avaient découvert les dossiers Cohen dans un bâtiment des services de sécurité de l’État, selon la source de sécurité syrienne.

Sharaa et ses conseillers étrangers avaient rapidement décidé d’utiliser ces documents comme moyen de pression, a ajouté la source.

La source proche des services de sécurité syriens a expliqué que Sharaa avait réalisé que ces archives étaient d’une grande importance pour les Israéliens et que leur restitution s’apparenterait à un geste diplomatique significatif.

L’arrêt des attaques commises par Israël à l’encontre de la Syrie et l’amélioration des relations avec les États-Unis et d’autres pays occidentaux sont déterminants pour Sharaa, qui s’efforce de redonner vie à son pays dévasté par 14 années de guerre civile.

Le président par intérim de la Syrie, Ahmed al-Sharaa, lors d’une conférence de presse conjointe avec le président français Emmanuel Macron après une réunion à l’Élysée, à Paris, le 7 mai 2025. (Crédit : Stephanie Lecocq/Pool via AP)

Israël considère Sharaa et ses insurgés – qui avaient appartenu à la faction d’al-Qaïda en Syrie – comme des djihadistes non-repentis. Depuis la chute du président Assad, les forces israéliennes ont été déployées sur neuf postes au total à l’intérieur du sud de la Syrie, principalement dans une zone-tampon placée sous le contrôle des Nations unies, à la frontière entre les deux pays. L’armée de l’air israélienne a bombardé à plusieurs reprises des cibles en soutien à la minorité druze du pays.

L’agence Reuters a rapporté, ce mois-ci, que les Émirats arabes unis avaient mis en place un canal de communication dédié aux négociations entre Israël et la Syrie, dans le but notamment d’instaurer la confiance entre les deux parties.

D’autres canaux indirects ont également été ouverts, selon deux personnes proches du dossier.

Dans le cadre de ces pourparlers, la Syrie a accepté certaines mesures – notamment de restituer les dépouilles de Cohen et de trois soldats israéliens qui avaient été tués alors qu’ils combattaient les forces syriennes au Liban, au début des années 1980, a indiqué une personne au fait de ces discussions. Le corps sans vie de l’un de ces soldats, le sergent de première classe Zvi Feldman, a été rapatrié au sein de l’État juif, a annoncé Israël, la semaine dernière.

De gauche à droite : Zachary Baumel, Yehuda Katz et Zvi Feldman (Autorisation)

La restitution des dossiers de Cohen s’est inscrite dans le cadre de ces mesures qui visent à instaurer un climat de confiance. Elle a été effectuée avec l’approbation directe de Sharaa, a déclaré cette source.

La semaine dernière, Trump a rencontré Sharaa en Arabie saoudite – un entretien surprise. Il a exhorté le nouvel homme fort de Damas à normaliser les liens avec Israël et il a annoncé qu’il allait lever les sanctions à l’encontre de la Syrie.

Les responsables syriens disent souhaiter la paix avec tous les États de la région, et Sharaa a confirmé ce mois-ci que Damas avait mené des discussions indirectes avec Israël par l’intermédiaire de différents États dans le but de calmer la situation.

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