Le leader français du halal Isla Délice visé par des accusations de liens avec Israël
La marque se retrouve au cœur d’une polémique relayée sur les réseaux sociaux et par certains médias, notamment Al-Kanz ; le PDG de Fauchon jure que la compagnie "n'aura jamais" de liens avec Israël
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La marque française de produits halal Isla Délice se retrouve au centre d’une polémique relayée par les réseaux sociaux et certains médias, notamment le site algérien Al-Kanz. Depuis plusieurs jours, la marque fait l’objet d’appels au boycott, alimentés par des accusations de liens avec Israël.
Isla Délice, nom commercial de la société Amalric, est le leader du marché halal en France, avec près de la moitié des parts de marché dans les segments charcuteries, surgelés et plats cuisinés. L’impact réel de cette polémique sur ses ventes n’est pas connu à ce jour.
Selon Al-Kanz, l’origine de la polémique remonte au rachat d’Isla Délice par le fonds d’investissement A&M Capital Europe (AMCE), officialisé le 1er septembre 2025. Quelques jours plus tôt, alors que le conflit à Gaza se poursuivait, Alvarez & Marsal, partenaire stratégique d’AMCE, a ouvert à Tel-Aviv une filiale, A&M Cyber Risk Services LTD, spécialisée en cybersécurité, installée dans le centre névralgique de l’écosystème sécuritaire israélien. La concomitance de ces événements a alimenté des rumeurs sur les réseaux sociaux, présentées par certains comme un lien indirect entre Isla Délice et Israël.
Sur les réseaux sociaux, certaines publications ont largement circulé. Une vidéo partagée par un restaurateur de Mulhouse sur Instagram et TikTok, totalisant près de 800 000 vues, présente Isla Délice comme une « succursale israélienne ». D’autres contenus affirment que, dans le contexte du conflit à Gaza, il serait légitime de s’interroger sur les liens et l’image de la marque. Ces informations ont été relayées sur l’application Boycott X, outil du réseau permettant d’identifier les marques visées par des campagnes de boycott.
Des internautes appellent au boycott de la marque Halal Isla Délice suite à son rachat par une entreprise qui aurait des liens avec Israël pic.twitter.com/89rwFJlqt1
— 75 Secondes ????️ (@75secondes) December 26, 2025
Isla Délice et son PDG, Éric Fauchon, ont répondu à la polémique en niant tout lien avec Israël. Dans un communiqué, l’entreprise a qualifié les informations circulant en ligne de « fausses » et reposant sur des amalgames. Le PDG a insisté sur le fait que la marque « n’a aucun lien ni aucune activité en Israël » et « n’en aura jamais » et qu’elle intervient uniquement sur le marché européen, en France, au Royaume-Uni et en Espagne.
La controverse repose aussi en grande partie sur la structure financière de la société. A&M Capital Europe, fonds de middle-market, a pris le contrôle d’Isla Délice auprès du fonds britannique Perwyn. Alvarez & Marsal, partenaire stratégique du fonds, a ouvert une filiale à Tel-Aviv, au sein de l’Azrieli Center, directement face à des bâtiments militaires israéliens. Certaines publications extrapolent cette proximité pour établir un lien entre la marque et l’appareil sécuritaire israélien, ce que la société conteste fermement.
Cette nouvelle polémique s’inscrit dans un contexte historique de soupçons récurrents concernant Isla Délice. Depuis sa création en 1991 par Jean-Daniel Hertzog, la marque a déjà été accusée à plusieurs reprises, sans fondement, d’être associée à Israël ou de ne pas respecter les normes du halal. Ces théories complotistes ont été relayées par diverses personnalités et ont alimenté des appels au boycott.
Des appels au boycott de la marque halal Isla Délice pour des prétendus liens avec Israël, le PDG dément pic.twitter.com/FDK4MkozO0
— BFM (@BFMTV) December 26, 2025
Pour Isla Délice, cette controverse intervient à un moment stratégique : la marque cherche à se développer à l’international, notamment au Royaume-Uni et en Allemagne, après avoir élargi sa présence dans la grande distribution européenne.
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