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Le Liban refuse de fouiller les domiciles privés pour rechercher des armes du Hezbollah

Les États-Unis poussent le président libanais à s'adresser directement à Benjamin Netanyahu, alors qu'Israël et le Liban divergent sur les méthodes efficaces pour désarmer le groupe terroriste

Des terroristes du Hezbollah effectuant un exercice d'entraînement dans le village d'Aaramta, dans le district de Jezzine, au sud-Liban, le 21 mai 2023. (Crédit : Hassan Ammar/AP)
Des terroristes du Hezbollah effectuant un exercice d'entraînement dans le village d'Aaramta, dans le district de Jezzine, au sud-Liban, le 21 mai 2023. (Crédit : Hassan Ammar/AP)

Israël fait pression sur l’armée libanaise pour qu’elle se montre plus agressive dans le désarmement du groupe terroriste Hezbollah, soutenu par l’Iran, en fouillant les domiciles privés du sud à la recherche d’armes, ont déclaré lundi trois responsables de la sécurité libanais et deux responsables israéliens.

Cette demande, formulée ces dernières semaines, a été rejetée par les dirigeants militaires libanais, car ils craignent qu’elle ne déclenche des troubles civils et ne compromette une stratégie de désarmement jugée prudente mais efficace par l’armée, ont déclaré les responsables de la sécurité libanais à Reuters.

L’armée libanaise est convaincue qu’elle pourra déclarer le sud du Liban exempt d’armes du Hezbollah d’ici la fin 2025, conformément à l’accord de trêve qui a mis fin à la guerre dévastatrice entre Israël et le Hezbollah l’année dernière, déclenchée lorsque le groupe terroriste a commencé à tirer des roquettes et des drones sur Israël le 8 octobre 2023, au lendemain de l’attaque dévastatrice menée par son allié, le Hamas.

Une opération de ratissage des vallées et des forêts a permis de localiser plus de 50 tunnels et de confisquer plus de 50 missiles guidés et des centaines d’autres armes, selon deux sources civiles libanaises informées des opérations de l’armée.

Mais le plan de l’armée n’a jamais prévu de fouiller les propriétés privées, selon les responsables de la sécurité libanais.

Israël doute de la réussite de la mission en l’absence de telles mesures.

Les armées libanaise et israélienne surveillent le cessez-le-feu

Deux responsables libanais de la sécurité ont déclaré qu’Israël avait demandé ces raids lors des réunions d’octobre du « Mécanisme », une commission dirigée par les États-Unis qui rassemble des officiers libanais et israéliens afin de surveiller la mise en œuvre de la trêve.

Des soldats de l’armée libanaise montent la garde sur un site où un grand nombre de véhicules ont été détruits lors de frappes aériennes israéliennes, dans le village de Msayleh, au sud du Liban, le samedi 11 octobre 2025. (Crédit : AP Photo/Mohammed Zaatari)

Peu après, Israël a intensifié ses opérations terrestres et ses frappes aériennes dans le sud du Liban, pour contrer les tentatives de réarmement du Hezbollah.

Ces frappes ont été considérées comme un avertissement clair que l’absence de fouilles plus approfondies pourrait déclencher une nouvelle campagne militaire israélienne à grande échelle, ont déclaré les responsables de la sécurité libanais.

« Ils exigent que nous procédions à des fouilles maison par maison, mais nous ne le ferons pas… nous n’allons pas faire les choses à leur manière », a déclaré l’un des responsables.

Le Hezbollah a été sévèrement affaibli par l’incursion israélienne et par les attaques israéliennes et américaines contre son soutien, l’Iran, mais il exerce toujours un pouvoir énorme parmi les chiites dans le fragile système de gouvernance confessionnel du Liban.

Toutes les sources ont refusé d’être nommées en raison du caractère sensible de la question. L’armée libanaise a refusé de commenter, conformément à sa politique habituelle envers les médias.

Le bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas répondu à une demande de commentaires, mais Netanyahu a déclaré le 2 novembre qu’Israël « attend du gouvernement libanais qu’il fasse ce qu’il s’est engagé à faire, à savoir désarmer le Hezbollah, mais il est clair que nous exercerons notre droit à la légitime défense comme le stipulent les conditions du cessez-le-feu. Nous ne permettrons pas au Liban de devenir un nouveau front contre nous et nous agirons comme nécessaire. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’exprime lors d’une réunion du cabinet le 30 septembre 2025. (Capture d’écran/GPO)

Le Liban veut éviter la paralysie

L’armée libanaise craint que les habitants du sud ne considèrent les perquisitions domiciliaires comme une soumission à Israël, selon les responsables de la sécurité libanais.

Beyrouth craint également qu’Israël ne continue à changer les règles du jeu, créant un risque permanent d’escalade des frappes et sapant les tentatives de stabilisation d’un pays déjà secoué par des bouleversements géopolitiques et économiques, selon les responsables de la sécurité et un responsable politique.

Mais les responsables israéliens affirment que le Hezbollah accélère ses efforts pour se réarmer à partir de propriétés situées dans le sud et plus au nord, et que l’armée libanaise ne parvient pas à lui faire face.

Israël transmet les renseignements sur les dépôts présumés du Hezbollah au Mécanisme, qui les transmet à son tour à l’armée libanaise pour qu’elle y donne suite. Israël a également pris des mesures directes, notamment contre les transferts d’armes du Hezbollah ou lorsqu’il estime que les troupes libanaises n’ont pas agi assez rapidement, a déclaré un responsable militaire israélien à Reuters.

Les responsables de la sécurité libanais affirment que les nouveaux postes de contrôle de l’armée dans le sud empêchent le Hezbollah de déplacer des armes.

Le Hezbollah nie qu’il se reconstruit dans le sud

Il n’a pas entravé les opérations de ratissage de l’armée libanaise dans cette région et n’a pas tiré sur Israël depuis le cessez-le-feu de l’année dernière.

Des partisans du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah bloquant les rues avec des pneus en feu alors qu’ils se rassemblent en voitures et en motos pour protester contre le soutien du gouvernement à un plan visant à le désarmer, dans la banlieue sud de Beyrouth, très tôt 8 août 2025. (Crédit : Ibrahim Amro/AFP)

Mais il a également refusé à plusieurs reprises de désarmer complètement. Cette semaine, il a publié une déclaration publique affirmant qu’il avait un « droit légitime » de défendre le Liban contre Israël.

Le responsable militaire israélien a déclaré que le Hezbollah souhaitait rester une force dominante au Liban, un désir partagé par l’Iran.

Les États-Unis poussent le Liban à entamer des négociations

Beyrouth est également exhorté par les États-Unis à établir des canaux politiques avec Israël afin de parvenir à un cessez-le-feu durable et de résoudre leur différend frontalier de longue date.

« La voie à suivre […] doit passer par Jérusalem ou Tel-Aviv pour engager le dialogue », a déclaré l’envoyé américain Thomas Barrack lors d’une conférence sur la sécurité qui s’est tenue ce mois-ci à Bahreïn.

Il a suggéré au président libanais Joseph Aoun de « décrocher son téléphone, d’appeler Netanyahu et de lui dire : « Mettons fin à cette absurdité » ».

Le président libanais Joseph Aoun s’adressant à l’Assemblée générale des Nations unies, au siège de l’ONU, à New York, le 23 septembre 2025. (Crédit : Ludovic Marin/AFP)

Aoun s’est dit prêt à entamer des pourparlers, sans préciser s’il envisagerait un contact direct. Le Hezbollah a rejeté toute négociation, et les quatre responsables libanais sont restés prudents.

Ils ont cité les exemples de Gaza et de la Syrie, affirmant qu’Israël avait ajouté des conditions de dernière minute qui avaient stoppé les progrès vers la fin de ces conflits, et ont déclaré que sa demande de perquisitions domiciliaires revenait au même.

« Le format importe moins que l’engagement », a déclaré le responsable politique libanais. « Direct, indirect, le mécanisme, autre chose. Une fois qu’il y aura un engagement israélien et des garanties américaines, nous pourrons commencer à mettre les pièces en place. »

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