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Le Liban remet à Israël un homme détenu depuis un an ; sa famille ignorait son sort

Salah Abu Hussein avait disparu depuis mi-2024 ; ses proches saluent cette surprise, fruit de négociations secrètes ; Netanyahu annonce "un signe des choses à venir"

Le civil israélien Salah Abu Hussein (à gauche) rencontre le coordinateur israélien pour les otages et les personnes disparues, Gal Hirsch, après son retour du Liban, le 21 août 2025. (Crédit : Michael Dimenshtein/GPO)
Le civil israélien Salah Abu Hussein (à gauche) rencontre le coordinateur israélien pour les otages et les personnes disparues, Gal Hirsch, après son retour du Liban, le 21 août 2025. (Crédit : Michael Dimenshtein/GPO)

Un civil israélien emprisonné au Liban depuis un an à l’insu de sa famille a été remis à Israël jeudi.

Le coordinateur israélien pour les otages et les personnes disparues, Gal Hirsch, a annoncé le retour de Salah Abu Hussein, précisant qu’il était le fruit de négociations avec le Liban ces derniers mois et qu’il avait été rendu possible grâce à l’aide de la Croix-Rouge (CICR).

Abu Hussein a été transféré en Israël par les autorités libanaises via le poste-frontière de Rosh Hanikra, a indiqué Hirsch dans un communiqué du bureau du Premier ministre.

« Après un premier interrogatoire et un examen médical », Abu Hussein a été emmené par Tsahal dans un hôpital où il devrait subir d’autres examens et traitements, « avant de retrouver sa famille », précise le communiqué.

Hirsch a ajouté que « les circonstances de l’incident font l’objet d’une enquête des forces de sécurité ».

Selon la presse israélienne, la famille d’Abu Hussein avait signalé sa disparition il y a un an, et n’a appris où il se trouvait qu’à son retour jeudi.

On ignore comment et quand Abu Hussein est entré au Liban. Ces dernières années, plusieurs civils arabes israéliens ont traversé la frontière libanaise avant d’être renvoyés en Israël par les autorités libanaises.

Les médias libanais ont rapporté qu’Abu Hussein avait été arrêté après être entré dans la ville de Naqoura, où il avait demandé de l’eau à des habitants. Il aurait été emprisonné au Liban en juillet 2024, et des négociations secrètes auraient eu lieu au cours des derniers mois. Aucun prisonnier libanais détenu en Israël n’aurait été libéré en échange de lui, selon les informations disponibles.

Résident du village de Rumana en Galilée, Abu Hussein souffrait apparemment de troubles mentaux.

« Pendant tout ce temps, nous ignorions qu’il était détenu au Liban », a déclaré un proche anonyme au site Ynet. « Nous ne savons pas comment il est arrivé là-bas, mais nous sommes très heureux qu’il soit de retour et vivant. Le gouvernement a travaillé à son retour sans nous en informer. Ce n’est qu’aujourd’hui que nous avons appris ces détails, et ce fut une grande surprise. »

Dans un communiqué, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a salué cette nouvelle, remercié ceux qui ont œuvré à ce résultat, ajoutant que c’était « une avancée positive » et « un signe annonciateur de ce qui est à venir ».

On ignore si le Premier ministre faisait référence à une possible amélioration discrète des relations avec les dirigeants de Beyrouth ou à un éventuel accord pour la libération des otages détenus à Gaza. Depuis au moins trois jours, le Premier ministre s’abstient de commenter l’annonce du Hamas, qui affirme avoir accepté une proposition américaine de cessez-le-feu, laquelle aurait été préalablement approuvée par Jérusalem.

Un homme scande des slogans assis sur les épaules d’un autre homme portant un drapeau palestinien en bandana, alors que des manifestants bloquent la route principale devant le camp de réfugiés palestinien de Burj al-Barajneh, au sud de Beyrouth, la capitale du Liban, le 16 juillet 2019. (Crédit : ANWAR AMRO/AFP)

Sans avoir été provoqué et affirmant agir en soutien à Gaza, le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran, a commencé dès le 8 octobre à lancer sur Israël des attaques quasi quotidiennes de roquettes et de drones. Celles-ci visaient des villes et des bases militaires et ont entraîné plus d’un an d’affrontements avec Israël.

En septembre 2024, l’armée israélienne a lancé une offensive dévastatrice, contre le groupe terroriste, éliminant une grande partie de sa direction et affaiblissant ses capacités. En vertu d’un accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024, l’armée libanaise a été déployée dans le sud du pays avec pour mission de démanteler l’infrastructure du groupe terroriste soutenu par Téhéran.

Ce mois-ci, le gouvernement libanais a chargé l’armée d’élaborer un plan pour désarmer le Hezbollah d’ici la fin de l’année. L’organisation a promis de résister, affirmant qu’elle se battrait pour conserver ses armes et menaçant qu’il n’y aurait “plus de vie au Liban” si l’on tentait de la désarmer. »

Les médias libanais ont rapporté jeudi que l’armée s’apprêtait à commencer, dans la nuit, à confisquer des armes cette nuit-là dans deux camps palestiniens, Al-Buss près de Tyr et Burj al-Barajneh, près de Beyrouth.

Créés en 1948 à l’arrivée des réfugiés palestiniens, ces camps ont été progressivement contrôlés par des groupes armés palestiniens. Les autorités libanaises n’y ont jamais exercé de véritable autorité et les habitants n’ont pas la citoyenneté libanaise.

Selon les informations disponibles, cette initiative s’inscrit dans un effort plus large du Liban visant à faire en sorte que toutes les armes soient détenues exclusivement par l’État, l’objectif principal étant le désarmement du Hezbollah.

Les mêmes sources indiquent que la décision a été prise en coordination avec l’Autorité palestinienne (AP). Bien que l’AP n’exerce aucun contrôle direct sur les camps de réfugiés, elle conserve une certaine influence sur les Palestiniens qui y vivent.

Jeudi également, Tsahal a déclaré qu’un membre de la force d’élite Radwan du Hezbollah avait été éliminé dans une frappe de drone israélien dans le sud du Liban.

Selon Tsahal, il opérait dans la région de Deir Seryan et ses activités constituaient une violation du cessez-le-feu en vigueur entre Israël et le Hezbollah.

Depuis l’accord de novembre, Tsahal mène régulièrement des frappes contre des cibles du groupe terroriste qu’elle accuse de violer la trêve. L’armée affirme avoir neutralisé plus de 230 de ses membres dans ces frappes. Tsahal maintient des forces en permanence à cinq points stratégiques à l’intérieur du Liban, près de la frontière, estimant que leur présence est nécessaire pour garantir la sécurité des Israéliens.

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