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Interview

Le père d’un Arabe de Jérusalem-Est assassiné le 7 octobre peine à comprendre ce qui s’est passé

Suhaib Razeem, qui était chauffeur de bus, a été enlevé par des terroristes du Hamas lors du festival Nova et tué dans le kibboutz Beeri. Son père Mohammed évoque pour la première fois le chagrin de la famille

Nurit Yohanan est la correspondante du Times of Israel pour le monde arabe et palestinien.

Suhaib Razeem détenu par un terroriste du Hamas sur le site du festival Supernova, le 7 octobre 2023. (Capture d'écran/ YouTube)
Suhaib Razeem détenu par un terroriste du Hamas sur le site du festival Supernova, le 7 octobre 2023. (Capture d'écran/ YouTube)

Dans la maison de Mohammed Razeem dans le quartier de Beit Hanina à Jérusalem-Est, la présence du fils, Suhaib, se fait sentir partout.

Avec les photographies sur les tables, les murs, la mémoire de Suhaib est partout, vibrante, même si les circonstances de sa mort, le 7 octobre 2023, ne sont pas évoquées.

Suhaib, qui était chauffeur de bus, aurait dû ramener les festivaliers de la rave Nova le samedi matin, il y a de cela deux ans. Au lieu de ça, il a été enlevé par les terroristes du Hamas qui ont attaqué le festival et a été conduit au domicile de Pessi Cohen, dans le kibboutz Beeri, où les hommes armés se sont retranchés avec 14 otages vivants et un mort.

Après un affrontement entre terroristes et militaires, la plupart des otages vivants, dont Suhaib, ont été tués.

Jusqu’à ce jour, Razeem, 66 ans, n’avait jamais publiquement parlé de ce qui s’est passé.

Dans une interview accordée au Times of Israel dans la maison familiale, là où Suhaib vivait, le deuil continue. Même les frères et sœurs de Suhaib, confie Razeem, ne se sont que rarement ouverts à la presse.

Le cas de Suhaib est particulièrement délicat. Habitant de Jérusalem-Est, cet arabe musulman, a été assassiné par des terroristes du Hamas lors d’une attaque menée contre des Juifs et des Israéliens dans un acte autoproclamé de « résistance » nationaliste palestinienne.

Suhayb Razem, assassiné le 7 octobre 2023. (Autorisation)

Suhaib avait 22 ans lorsqu’il a été tué : il était le huitième d’une fratrie de neuf. Comme la plupart des habitants de Jérusalem-Est, les Razeem ont la résidence permanente en Israël mais pas la nationalité.

Suhaib était devenu chauffeur de bus agréé moins de six mois avant sa mort, après avoir travaillé dans la volaille pendant des années. Il rêvait de s’acheter son propre bus.

« Au sein de notre communauté, nous recueillons parfois de l’argent pour les études ou le mariage d’un tel, alors nous avons collecté de l’argent pour lui. Il a dit à sa mère : ‘Soit je me marie, soit j’achète le bus. Je prie pour ça.’ »

« En fin de compte », explique Razeem, « il a décidé d’acheter le bus : il n’a pas eu le temps de faire plus de quatre ou cinq trajets avant d’être tué. La course pour Nova était sa cinquième ou sixième mission. »

Quatre jours seulement avant la mort de leur fils, Razeem et sa femme s’étaient rendus à La Mecque avec leur fille aînée et sa famille pour effectuer le pèlerinage de la Omra. Pieux musulman, Razeem y était déjà allé à plusieurs reprises, dont une fois avec Suhaib. Mais cette fois, son fils n’était pas venu.

« Il m’avait dit : ‘Je ne prendrai pas de travail ce jour-là et je te conduirai au pont Allenby.’ » Il nous a emmenés là-bas, nous nous sommes dit au revoir et voilà. Nous étions supposés nous absenter une semaine et demie et revenir le samedi 14 octobre », ajoute Razeem.

Mohammed Razem, père de Suhayb Razem, assassiné le 7 octobre 2023, à côté d’une photo de son fils, le 1er octobre 2025 (Nurit Yohanan, The Times of Israel).

Trois jours plus tard, le 7 octobre, Suhaib est arrivé sur le site du festival Nova, dans le sud d’Israël, pour prendre des festivaliers. Il est sans doute arrivé juste avant le début de l’attaque-surprise du Hamas.

Dans une vidéo filmée par les terroristes, diffusée plus tard dans le cadre de reportages télévisés, on peut voir Suhaib au festival, entouré d’hommes armés du Hamas. L’un d’entre eux le tient par le bras et le conduit vers les autres. Ils lui demandent en arabe : « Tu es arabe ? Tu es arabe ? Où sont les soldats ? ». L’un des terroristes dit que sa carte d’identité a été saisie et qu’il est chauffeur de bus, avant d’ordonner à un autre assaillant : « Emmenez-le. »

Les terroristes ont semble-t-il laissé Suhaib appeler ses proches pour leur dire qu’il était kidnappé – mais il est difficile de dire s’il l’a fait depuis le festival ou plus tard, lorsqu’il se trouvait dans la maison de Cohen, dans le kibboutz Beeri, là où les hommes armés s’étaient retranchés avec les otages.

Suhaib n’a pas appelé son père, qui se trouvait à l’étranger, mais ses frères, à Jérusalem.

Selon Razeem, « Suhaib a parlé à ses frères et leur a dit : ‘J’ai été enlevé’. »

Les frères se sont immédiatement rendus à un poste de police de Jérusalem-Est et sont allés voir un représentant de la Croix-Rouge de Jérusalem pour signaler l’enlèvement.

Plus tard, Suhaib a rappelé ses frères depuis le téléphone d’une femme juive elle aussi prise en otage, leurs ravisseurs les ayant autorisés à passer un appel à leurs proches.

Ses frères ont informé leur sœur aînée, qui se trouvait avec leurs parents à La Mecque. Cette dernière a préféré garder la nouvelle pour elle jusqu’au samedi soir, moment où ils devaient terminer le pèlerinage.

« Cette nuit-là, après avoir terminé la Omra, nous sommes rentrés à l’hôtel », se souvient Razeem. « Ma fille a soudain paru agitée et nous a dit : ‘Venez, il faut que je vous dise quelque chose’. J’ai demandé ce qui s’était passé. Elle a répondu : ‘La guerre a éclaté et mon frère a été kidnappé’. J’ai rétorqué : ‘Mon fils est mort’. Elle a dit : ‘Non, père ! » et j’ai répondu ‘C’est ce que je ressens, il est mort’. J’ai appelé mes enfants en Israël et ils m’ont dit : ‘Non, il va bien, il a été kidnappé mais il va bien’. »

Suhaib Razeem détenu par un terroriste du Hamas sur le site du festival Supernova, le 7 octobre 2023. (Capture d’écran/ YouTube)

Toujours pas de réponses claires

La famille a tenté de rentrer en Israël plus tôt mais le retour a été compliqué. Le point de passage d’Allenby entre la Jordanie et la Cisjordanie, par lequel ils devaient traverser pour se rendre en Arabie saoudite et en revenir, avait en effet été fermé.

Ils ont fini par rentrer chez eux, à Jérusalem, le jeudi 12 octobre dans l’après-midi, soit cinq jours après le massacre.

Pendant tout ce temps, confie Razeem, ils n’ont rien su de ce qui était arrivé à Suhaib : personne, au sein des autorités, ne leur a donné d’informations, comme beaucoup d’autres familles.

Le lundi suivant, la police a appelé pour demander aux parents de Suhaib de venir au poste avec un échantillon de son ADN. Avec le recul, ils ont compris que c’était pour identifier son corps mais sur le moment, les policiers ne leur ont pas expliqué pour quelle raison ils avaient besoin de l’échantillon.

C’est 10 jours après le massacre du 7 octobre, le 17 octobre, que des représentants de la police, des médecins et des travailleurs sociaux sont venus au domicile familial pour les informer que Suhaib était décédé et que sa dépouille leur serait restituée sous peu pour l’inhumer.

Le lendemain, la dépouille de Suhaib a été transportée par ambulance militaire dans un hôpital de Jérusalem-Est et de là, au cimetière.

À ce moment-là, ni l’armée ni le gouvernement ne leur ont donné les circonstances de sa mort.

« Ils nous ont donné un bordereau disant qu’il était mort, mais rien sur la cause du décès – nous ne la connaissons pas. Jusqu’à maintenant, nous ne savons pas », regrette Razeem.

Suhaib a été inhumé 11 jours après sa mort, mais, comme le note Razeem, c’est allé relativement vite comparé à d’autres victimes du 7 octobre, compte tenu de l’extrême difficulté de retrouver et identifier les corps des victimes du pire massacre de toute l’histoire d’Israël.

« Les Juifs qui travaillent avec mes enfants ont été surpris qu’on nous l’ait rendu si rapidement, car pour beaucoup d’autres, cela a pris nettement plus de temps », fait-il remarquer.

Grâce au test ADN, l’identification visuelle formelle n’a pas été requise. Pour autant, Razeem est allé voir la dépouille de son fils lorsqu’il a été transféré de l’ambulance à l’hôpital al-Makassed de Jérusalem-Est, d’où est parti le cortège funèbre.

Il raconte avoir vu des blessures sur tout le côté droit du corps de son fils – sans pouvoir en dire davantage sur ce qui lui est arrivé.

« J’ai demandé à la personne qui manipulait le corps avant l’enterrement : ‘Est-il intact ?’ Ils m’ont dit oui. Nous l’avons enterré, des amis sont venus et nous sommes restés assis pendant trois jours », se rappelle Razeem, en larmes, en évoquant la période de deuil dans l’islam.

Ce que la famille sait de ce jour-là

Tous ce que Razeem sait aujourd’hui au sujet de la mort de son fils, il l’a appris par les médias.

La maison de Pessi Cohen où les restes de Liel Hetzroni, 12 ans, ont été découverts au kibboutz Beeri, près de la frontière séparant Israël et Gaza, dans le sud d’Israël, le 19 novembre 2023. (Crédit : Chaim Goldberg/Flash90)

Parlant couramment l’hébreu, Razeem a regardé les reportages dans les médias israéliens dans les mois qui ont suivi le massacre. Les deux seules rescapées de la prise d’otages dans la maison de Cohen, au kibboutz Beeri, Hadas Dagan et Yasmin Porat, ont été interviewées et ont parlé de Suhaib.

Elles ont expliqué que Suhaib avait servi de traducteur entre les otages et les terroristes, et c’est probablement pour cette raison qu’il avait été enlevé au festival Nova et conduit au kibboutz Beeri.

Ce qui s’est passé dans le kibboutz Beeri, à savoir l’affrontement entre terroristes et soldats israéliens le 7 octobre, s’est aussi produit dans une maison d’Ofakim et au poste de police de Sderot.

« [Suhaib] m’a dit : ‘Regardez-moi, je suis de Jérusalem-Est. Nous [c’est-à-dire les terroristes] voulons vous emmener à Gaza », a déclaré Porat à la chaîne israélienne N12 en décembre 2023 dans une interview avec Dagan.

Selon Dagan, « à ce moment-là, il y a eu un malaise autour de la table… et puis le traducteur a dit : ‘Calmez-vous, calmez-vous, ils ne vous emmènent qu’au point de passage d’Erez et à Gaza, et demain soir, vous serez chez vous.’ »

Porat, qui a survécu parce qu’elle a été sortie de la maison comme bouclier humain par un terroriste qui s’est rendu, a déclaré à Haaretz : « Je ne sais pas pourquoi ils m’ont choisie. Il y avait une sorte de connexion entre moi et Suhaib. Au début, il m’a calmée et dit qu’ils nous emmèneraient tous les deux au passage d’Erez. Quand les terroristes ont pris un téléphone pour parler à la police, Suhaib s’est tourné vers moi, et c’est comme ça que tout a commencé. »

Les deux rescapées ont expliqué de quelle manière, samedi en fin d’après-midi, après de longues heures de négociations entre Tsahal et les forces de police, à l’extérieur de la maison, et les terroristes à l’intérieur, les militaires avaient lancé l’assaut en tirant sur la maison.

Selon les conclusions d’une enquête de Tsahal publiée l’an dernier, le général de brigade Barak Hiram, qui se trouvait alors au kibboutz Beeri mais pas devant la maison, avait autorisé l’utilisation d’obus de chars légers sur et près de la maison à compter de 17h00, de façon à forcer les terroristes à se rendre. Selon ces mêmes conclusions, un otage a été tué par les bombardements.

Les causes de la mort des autres otages ne sont pas claires mais il semble que nombre d’entre eux aient succombé à des tirs – peut-être des terroristes.

Mohammed Razeem, père de Suhaib Razem, assassiné le 7 octobre 2023, photographié à son domicile de Beit Hanina, à Jérusalem, le 1er octobre 2025. (Nurit Yohanan/Le Times of Israel).

Si ce n’est lors des quelques interviews données à des médias, Razeem explique que les siens ne parlent pas des circonstances de la mort de Suhaib en dehors de leur cercle immédiat.

En entrant dans sa maison, le souvenir de Suhaib est partout, mais les détails – jusqu’au fait qu’il ait été assassiné le 7 octobre – restent dans la famille.

Lorsqu’on lui demande s’il en parle avec ses voisins ou connaissances à Jérusalem-Est, Razeem répond : « Nous n’avons parlé à personne de ce qui s’est passé. Nous ne voulons pas que les gens disent des choses plus tard… Pour rouvrir des plaies ? Tout le monde sait qu’il est mort lors de la guerre. Mais ce qui s’est passé, et l’endroit où il est mort, nous ne voulons pas en parler. Cela appartient à la famille, à nous, enfants et oncles compris. Avec les autres, nous n’en parlons pas. C’est notre secret. »

En sa qualité de fervent musulman, Razeem se sent mal lorsqu’on lui demande si le fait que son fils ait été tué par d’autres musulmans rend la perte plus difficile encore à supporter.

« C’est ce qui s’est passé », dit-il. « Nous ne nous opposons pas à Dieu. C’est ainsi que Dieu l’a voulu. Les musulmans arabes ne résistent pas au destin. Pourquoi ? C’est entre les mains de Dieu. »

D’autres problèmes

La vie quotidienne de Razeem est encore assombrie par un autre problème, assez courant à Jérusalem-Est : la menace de démolition de sa maison. Construite il y a de cela 22 ans, sa maison a en effet fait l’objet d’un ordre de démolition qui a été annulé, explique Razeem, mais il y a de cela deux ans, la municipalité a émis un nouvel ordre affirmant que la maison a été construite illégalement.

Depuis lors, il s’est entretenu à deux reprises le maire de Jérusalem, Moshe Lion, qui l’a renvoyé vers les conseillers juridiques de la ville. Ils n’ont pas annulé l’ordre de démolition, qui a été reporté de deux ans. Entre-temps, Razeem doit payer une amende de 1 000 shekels par mois pour construction non autorisée.

Pour construire légalement en Israël, il faut disposer de plans de zonage, mais les plans directeurs de quartier de Jérusalem-Est, qui remontent aux années 1980 et 1990, n’ont pas été mis à jour pour répondre aux besoins d’une population croissante.

La légalisation rétroactive de la construction est une procédure complexe qui dépend du statut du terrain et de l’accord des autorités nationales.

« Ce que je voudrais aujourdhui, c’est qu’ils règlent cela », explique Razeem.

Il ajoute que, de temps en temps, des organisations comme celle des victimes de Nova ou d’autres, qui rendent hommage aux victimes du terrorisme, lui offrent leur aide.

« Ils sont bien, mais je ne veux pas les impliquer dans tout ça », confie-t-il.

La municipalité de Jérusalem a déclaré en réponse à une question du Times of Israel : « Par respect pour les circonstances malheureuses de cette tragédie, et à la demande du maire, le procureur municipal a rencontré à plusieurs reprises M. Mohammed Razeem, père de la victime du festival Nova, il y a plus d’un an. A titre de secours, la famille a obtenu l’allègement et l’échelonnement des intérêts sur les arriérés des amendes », ajoute-t-il en précisant que des mesures ont été prises pour tenter de régler le problème et d’empêcher la démolition du bâtiment dans le cadre d’un litige foncier « complexe » entre Razeem et des tiers.

Des photos de Suhaib Razeem, assassiné le 7 octobre 2023, à l’entrée de la maison de sa famille, à Beit Hanina, à Jérusalem-Est. (Nurit Yohanan/ Le Times of Israel)

Regarder ses photos la nuit

Suhaib n’a jamais pu se marier ou avoir des enfants.

« Il n’avait même pas commencé à construire sa vie », regrette Razeem.

Pourtant, il laisse derrière lui une grande famille – huit frères et sœurs et de nombreux neveux et nièces. La famille a continué de s’agrandir depuis sa mort. Au cours de notre entretien, l’une de ses sœurs a accouché de ce qui aurait été la 21e nièce ou neveu de Suhaib.

« Il me manque dans tellement de choses. Tous ses amis étaient mariés, alors il restait ici avec moi. Il s’occupait de ses neveux et nièces. Il offrait des boucles d’oreilles à sa nièce, des cadeaux pour les enfants, leur organisait des petites fêtes », se rappelle Razeem en montrant des photos de Suhaib lors de repas en famille.

Razeem explique qu’il ne s’est jamais opposé aux rêves de Suhaib – peut-être parce qu’il était l’un des plus jeunes de la fratrie, avec sept frères et sœurs aînés.

« Il avait voyagé en Turquie, en Thaïlande. Je ne lui avais jamais demandé : « Où es-tu, où vas-tu ? » Je ne l’avais jamais retenu ; je ne voulais pas qu’il se sente retenu », souligne Razeem.

Il confie que l’an dernier, à l’approche du 7 octobre, le chagrin l’avait durement frappé.

Cette année, la famille a organisé une prière pour rendre hommage à Suhaib avant la date-anniversaire.

« La semaine dernière, sa mère lui a fait un mémorial. Elle a dit : ‘Je ne veux pas le faire le 7, je veux le faire un autre jour.’ Elle a invité les amis et voisins, a cuisiné de bons petits plats. Nous ne l’oublions pas. La nuit, je m’assieds, je prends mon téléphone et je regarde des photos de lui, celles que je vous ai montrées », confie Razeem.

Tout au long de la conversation, Razeem répète que malgré le temps qui passe temps, il n’arrive toujours pas à accepter – et peut-être ne l’acceptera-t-il jamais totalement – la perte de son fils.

« Je ne comprends toujours pas ce qui s’est passé. Je n’arrive pas à comprendre comment une telle catastrophe a pu se produire », conclut-il. « Mon esprit ne l’accepte pas. Comme si c’était un rêve dont je ne me serais pas encore réveillé. »

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