Liban : Aoun affirme que le monopole de l’État sur les armes est nécessaire dans le sud
Le président rappelle que le contrôle militaire au sud du fleuve Litani est « inévitable » et appelle à une surveillance internationale alors qu'Israël cible le Hezbollah et le Hamas
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Le président libanais Joseph Aoun a expliqué, dans la journée de vendredi, que le monopole de l’État sur les armes était inévitable et il a exhorté un comité chargé de superviser le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah à veiller à ce que l’armée libanaise soit la seule présence armée dans le sud du pays.
Sous les pressions fortes des États-Unis, craignant une intensification des frappes israéliennes, le Liban s’est engagé à désarmer le groupe terroriste soutenu par l’Iran, qui est sorti très affaibli d’un conflit de plus d’un an avec Israël, qui s’est largement terminé par un cessez-le-feu conclu au mois de novembre dernier.
Malgré la trêve, Israël a continué à mener des frappes fréquentes au Liban, affirmant qu’elles visent principalement le Hezbollah suite à ses violations de la trêve. Israël indique que le groupe terroriste tente de se réarmer et de se reconstruire.
Une frappe aérienne israélienne qui a été lancée en début de semaine a également pris pour cible un centre d’entraînement du Hamas dans le camp de réfugiés palestiniens d’Ain al-Hilweh, près de Sidon, tuant 13 membres du groupe, a confirmé vendredi l’armée israélienne.
L’armée a ajouté que la frappe, menée à l’aide de munitions de précision, sous surveillance de l’armée de l’air, s’était efforcée de minimiser les atteintes aux civils.
Tsahal a critiqué le Liban, affirmant que l’État s’est engagé à désarmer les factions armées dans les camps, mais que le Hamas continue à exploiter les zones civiles à des fins militaires. Les militaires ont ajouté que le centre d’entraînement qui a été attaqué au début de la semaine « est clairement la preuve des tentatives de l’organisation de s’implanter au Liban ».
Dans le cadre d’un plan approuvé par le gouvernement, l’armée libanaise doit démanteler les infrastructures militaires du Hezbollah au sud du fleuve Litani, à environ 30 kilomètres de la frontière, d’ici la fin de l’année. Elle s’attaquera ensuite au reste du pays.
Il est « important et inévitable » de garantir que l’État gardera le contrôle sur les armes, comme sur les décisions en matière de guerre et de paix, a noté Aoun dans un discours prononcé à la veille de la fête de l’indépendance du pays.
Il a ajouté que le Liban était prêt à confier au comité de supervision de la trêve – qui est composé des États-Unis, de la France, du Liban, d’Israël et des forces de maintien de la paix des Nations unies – la tâche de « veiller à ce que, dans la région sud du Litani, seule l’armée libanaise exerce sa souveraineté par ses propres moyens ».
Il a également affirmé que le Liban était prêt à négocier, sous l’égide des États-Unis ou de la communauté internationale, « tout accord qui mettra définitivement fin aux agressions transfrontalières ».
Aoun a prononcé ce discours depuis le sud du Liban, où Israël maintient toujours des postes militaires dans cinq endroits jugés stratégiques par l’armée.
Il a exhorté « les amis du Liban et les pays frères à superviser l’ensemble de ce processus en établissant des calendriers clairs et garantis, en mettant en place un mécanisme international de soutien à l’armée libanaise et en aidant aux efforts de reconstruction ».
Cela permettra de garantir « que toutes les armes sont entre les mains de l’État, sur l’ensemble du territoire libanais », a-t-il ajouté.
Alors que les frappes israéliennes se poursuivent, l’agence de presse officielle libanaise a annoncé qu’une personne avait été tuée vendredi dans un bombardement.
Selon le ministère de la Santé, plus de 330 personnes ont été tuées au Liban et 945 personnes ont été blessées depuis le cessez-le-feu.
Le rapporteur spécial des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Morris Tidball-Binz, a souligné « une tendance plus générale aux meurtres illégaux et aux violations de l’accord de cessez-le-feu par Israël ».
Tidball-Binz est un expert indépendant mandaté par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies qui ne s’exprime pas au nom des Nations unies.
L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.
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