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Le Qatar, l’Égypte et la Turquie auraient exhorté le Hamas à accepter le plan de Trump à Gaza

Le Premier ministre qatari aurait déclaré au groupe terroriste à Doha qu'il n'obtiendrait pas de meilleur accord ; des informations contradictoires circulent sur le positionnement des chefs du Hamas à Gaza

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu quittent la salle à manger d'État de la Maison Blanche à Washington, DC, à l'issue d'une conférence de presse conjointe, le 29 septembre 2025. (Crédit : Jim WATSON / AFP)
Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu quittent la salle à manger d'État de la Maison Blanche à Washington, DC, à l'issue d'une conférence de presse conjointe, le 29 septembre 2025. (Crédit : Jim WATSON / AFP)

Le Qatar, l’Égypte et la Turquie ont exhorté le Hamas à répondre favorablement à l’accord proposé par le président américain Donald Trump concernant un cessez-le-feu à Gaza qui ouvrirait la porte à la libération des otages, a rapporté Axios dans la journée de mardi, alors que d’autres informations ont laissé entendre que le groupe terroriste considérait cette offre comme injuste et qu’il était susceptible de la rejeter.

Le Premier ministre qatari Mohammed bin Abdulrahman al-Thani et le chef des services de renseignement égyptiens Hassan Rashad, qui font office de médiateurs dans les négociations, ont rencontré les chefs du Hamas à Doha lundi dans la soirée puis à nouveau mardi en présence du chef des services de renseignement turcs Ibrahim Kalin, a rapporté Axios, citant deux sources proches des négociations.

Au cours de la réunion de lundi, al-Thani a indiqué aux leaders du Hamas qu’il ne serait pas en mesure d’obtenir un meilleur accord, qu’il était convaincu que Trump était bien déterminé à mettre un terme à la guerre et que cette détermination constituait une garantie suffisante pour le Hamas, selon l’une des sources citées par Axios.

Le Hamas a répondu qu’il étudierait la proposition de bonne foi, a ajouté la source, faisant écho à la déclaration qui a été faite lundi par le Qatar, qui a laissé entendre que le groupe terroriste s’était engagé à examiner l’offre de manière responsable.

L’accord proposé bénéficie du soutien des pays occidentaux, arabes et musulmans, ainsi que de l’Autorité palestinienne. La Russie et le Vatican ont également apporté leur appui à la proposition, mardi, tandis que les groupes militants américains anti-israéliens l’ont rejetée.

Trump a présenté le plan lors d’une conférence de presse conjointe à la Maison Blanche avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu, lundi. Ce dernier a approuvé la proposition. Mardi, Trump a déclaré que le Hamas avait « trois ou quatre jours » pour apporter sa réponse et qu’il devrait « payer cher » un éventuel refus.

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio et l’émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad al-Thani, à l’Amiri Diwan, à Doha, au Qatar, le 16 septembre 2025. (Crédit : Nathan Howard/Pool Photo via AP)

La proposition prévoit la libération des 48 otages qui se trouvent encore dans les geôles du Hamas dans les 72 heures. En échange, Israël libérerait 250 prisonniers palestiniens condamnés à perpétuité, 1 700 Gazaouis, dont toutes les femmes et tous les enfants qui ont été placés en détention depuis le pogrom commis par le Hamas du 7 octobre 2023 qui a été à l’origine de la guerre à Gaza – et l’État juif restituera 15 corps sans vie de Gazaouis décédés pour chaque dépouille d’un otage israélien.

La proposition exigerait également un retrait israélien en trois phases de Gaza, le désarmement du Hamas, la démilitarisation de la bande, la garantie d’une aide humanitaire sans entrave au sein de l’enclave côtière et sa remise à un gouvernement international de transition qui ne comprendrait ni le Hamas, ni l’Autorité palestinienne. Le Hamas a refusé de désarmer en l’absence d’un état palestinien, une perspective qu’Israël rejette.

Des informations contradictoires ont toutefois fait leur apparition concernant la réaction du Hamas à cette proposition, en particulier sur le positionnement des chefs militaires du Hamas à Gaza.

La BBC, qui a cité un haut responsable du Hamas, a affirmé que le groupe terroriste s’oppose également à la soi-disant Force internationale de stabilisation, qu’il « considère comme une nouvelle forme d’occupation ».

Le responsable du Hamas aurait déclaré que cette offre « sert les intérêts d’Israël » et « ignore ceux du peuple palestinien », et que le groupe terroriste était susceptible de la rejeter.

Selon la BBC, « un point de discorde majeur » pour le Hamas est l’obligation de remettre tous les otages dans les 72 premières heures de la trêve, car cela priverait le groupe terroriste de son seul moyen de pression.

Le média a précisé que le chef du Hamas basé à Gaza, Izz al-Din Haddad, « serait déterminé à continuer de se battre » et que les chefs du Hamas en dehors de Gaza ont récemment été écartés des discussions dans la mesure où ils ne contrôlent pas les otages.

Le chef du Hamas à Gaza, Izz al-Din Haddad, alors commandant de la brigade du Hamas à Gaza, apparaît dans une vidéo diffusée par la branche militaire du Hamas en mai 2022.

Un autre article paru dans le journal saoudien Asharq Al-Awsat a cité des sources proches du groupe terroriste qui ont affirmé que l’offre de Trump « penche d’un côté et crée une injustice », servant les intérêts israéliens plutôt que palestiniens.

L’organisation examinera toutefois l’offre « de manière positive », ont confié les sources citées par Asharq Al-Awsat.

Les sources ont ajouté qu’aucune date précise n’avait été fixée pour que le Hamas apporte sa réponse au plan, mais que les médiateurs avaient demandé au groupe d’agir rapidement et de se prononcer dans un délai d’environ deux jours.

Selon les sources, si les points contenus dans le plan sont exposés de manière détaillée et exhaustive, ils ne contiennent aucune garantie réelle concernant la mise en œuvre des termes de l’accord.

Elles ont noté qu’il pourrait être nécessaire d’ajuster le calendrier de libération des otages, y compris la restitution des dépouilles de ceux qui sont morts, car il faudra du temps pour localiser les lieux de sépulture des captifs tués dans la bande de Gaza.

La Russie et le Vatican se joignent au chœur des soutiens au plan de Trump

Le Kremlin a déclaré mardi qu’il espérait que la proposition de Trump serait mise en œuvre, et un diplomate russe lui a offert un soutien supplémentaire lors d’un appel téléphonique avec un haut responsable de l’Autorité palestinienne.

Lors d’un appel téléphonique avec des journalistes, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a dit que « la Russie soutient et salue toujours les efforts livrés par Trump en faveur d’une fin définitive de la tragédie qui se déroule actuellement ».

Il a ajouté : « Et bien sûr, nous voulons que ce plan soit mis en œuvre et qu’il contribue à mener les événements au Moyen-Orient à une conclusion pacifique ».

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Vershinin, a ultérieurement expliqué par téléphone au vice-président de l’Autorité palestinienne, Hussein al-Sheikh, que la Russie soutenait « toutes les mesures susceptibles de faciliter la fin des effusions de sang », a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères.

Des Palestiniens font la queue pour obtenir de l’eau dans un centre de distribution caritatif du camp de réfugiés de Nuseirat, dans la bande de Gaza assiégée par Israël, le 4 septembre 2025. (Crédit : Eyad BABA / AFP)

« L’espoir a été exprimé que la mise en œuvre réussie de la nouvelle initiative américaine permettra un cessez-le-feu durable à Gaza, la libération des otages et des détenus et l’acheminement sans entrave de l’aide humanitaire dans la région », a poursuivi le ministère.

Moscou, a-t-il ajouté, soutient une solution prévoyant « la création d’un État palestinien indépendant coexistant en paix et en harmonie avec Israël ».

Le pape Léon XIV a également salué mardi le plan de Trump et il a confié espérer que le Hamas y apportera une réponse positive.

« Il y a des éléments très intéressants » dans ce plan, a estimé le pape dont les propos ont été cité par l’agence de presse italienne ANSA. « J’espère que le Hamas l’acceptera dans les délais fixés ».

« De tous côtés, les gens disent : ‘Espérons qu’il n’y aura pas de violence, que les gens seront respectés’. C’est très important », a commenté le pape devant les journalistes alors qu’il quittait la résidence d’été de Castel Gandolfo, où il se rend régulièrement.

Dans le même temps, les groupes américains anti-israéliens et pro-palestiniens ont critiqué la proposition de Trump. La députée américaine Rashida Tlaib, la seule américano-palestinienne à siéger au Congrès américain, a écrit sur les réseaux sociaux : « Trump et le criminel de guerre Netanyahu, les auteurs du génocide, n’ont pas à décider de l’avenir de Gaza ».

L’organisation National Students for Justice in Palestine et le réseau US Palestinian Community Network ont posté un message sur les réseaux sociaux affirmant que « la normalisation n’est jamais la solution ».

« Seul le peuple palestinien décide de son chemin vers la libération, ce n’est pas Trump, ni Israël », a indiqué le communiqué.

Nerdeen Kiswani, qui est responsable du groupe militant Within Our Lifetime, basé à New York, a dit que ce plan « n’a rien à voir avec la paix » mais que « il s’agit d’un projet de capitulation et de prise de contrôle par des étrangers ».

« Cet accord démantèlerait les capacités militaires du Hamas ; il mettrait un terme à sa gouvernance politique et il garantirait que Gaza ne représentera plus jamais une menace pour Israël », a-t-elle déclaré.

Des manifestants défilent à Times Square lors d’une manifestation pro-palestinienne et anti-israélienne, vendredi 26 septembre 2025, à New York, alors que le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’adresse à l’Assemblée générale des Nations unies (Crédit : AP Photo/Angelina Katsanis).

Le groupe militant d’extrême gauche Code Pink, qui proteste souvent contre Israël, a indiqué que « ce n’est pas un plan de paix. C’est un plan d’occupation permanente », même si le plan dévoilé par la Maison Blanche stipule explicitement « qu’Israël n’occupera pas et n’annexera pas Gaza ».

Un autre groupe d’extrême gauche anti-israélien, le People’s Forum, a déclaré que la rencontre entre Trump et Netanyahu « renforçait la complicité des États-Unis dans le génocide du peuple palestinien », tout en appelant à « mettre fin au génocide ».

Le groupe antisioniste Jewish Voice for Peace n’a pas répondu à une demande de commentaire. D’autres groupes n’ont pas réagi pour le moment et aucune organisation pro-palestinienne ne semble avoir exprimé son soutien à l’accord.

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