« Lehaïm Intifada » : un nouveau groupe juif rejette le JVP, jugé insuffisamment radical
Le Front étudiant juif antisioniste déclare son engagement "à démanteler le sionisme dans son intégralité en affrontant les institutions sionistes sur les campus"
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JTA — Un groupe anonyme d’étudiants activistes juifs s’est séparé de Jewish Voice for Peace (JVP) pour former une nouvelle organisation nationale, l’Anti-Zionist Jewish Student Front, qui s’engage à intensifier les campagnes contre le sionisme sur les campus universitaires.
Dans un communiqué publié cette semaine, le groupe radical s’est présenté comme faisant partie de ce qu’il a qualifié « d’intifada étudiante » mondiale et il a déclaré qu’il s’alignait sur l’« Université populaire », un réseau informel de militants anti-Israël.
« Nous travaillons à démanteler le sionisme dans son intégralité en confrontant les institutions sionistes sur les campus, en luttant pour le désinvestissement et en poursuivant la criminalisation du sionisme en tant qu’arme de guerre suprémaciste blanche », indique le communiqué.
Jewish Voice for Peace, la plus grande organisation juive antisioniste du pays, a confirmé cette rupture. JVP a pris de l’importance ces dernières années, organisant des manifestations très médiatisées pour protester contre la guerre menée par Israël contre le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, et s’associant à des groupes militants progressistes. Cependant, n’ayant pas atteint ses objectifs organisationnels, elle s’est récemment tournée vers le lobbying politique.
L’Anti-Zionist Jewish Student Front se présente comme plus radical, remettant en question l’efficacité des structures à but non lucratif existantes pour le militantisme sur les campus et rejette l’idée que « antisionisme = antisémitisme ».
Au lieu de cela, il affirme qu’il se concentrera sur la confrontation directe avec les « institutions sionistes sur les campus » et sur la promotion du désinvestissement. Son logo comporte la phrase yiddish « Lehaïm Intifada [soulèvement, en arabe] » entourée d’un slogan en arabe qui dit : « Là où il y a oppression, que la résistance [lutte armée, terrorisme] prospère. »
L’annonce a été publiée sur Instagram par le compte de l’Anti-Zionist Jewish Student Front et présentée comme une collaboration avec cinq autres entités : les sections universitaires des universités George Washington, Georgetown et américaine ; le réseau International Jewish Anti-Zionist Network, un groupe activiste formé en 2008 ; et l’activiste antisioniste Anna Rajagopal.
L’organisation n’a pas répondu à une demande d’informations de la presse. Rajagopal a répondu à une demande de commentaires en déclarant qu’elle ne représentait pas le groupe concerné et qu’elle n’avait « aucune envie de parler à un employé de la Jewish Telegraph[ic] Agency, quel que soit le sujet, jamais ». Elle n’a pas répondu aux autres questions.
La vidéo d’annonce cite de nombreux concepts juifs, notamment « tzedek » ou justice et « doikayt », le mot yiddish signifiant « ici » que les militants juifs antisionistes ont adopté comme mot d’ordre.
La vidéo montre des images de l’université George Washington, où le militantisme anti-Israël est particulièrement virulent. Quelques semaines seulement après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023 dans le sud d’Israël, des étudiants ont projeté des messages anti-Israël, notamment « Gloire à nos martyrs », sur un bâtiment de l’université. L’établissement a suspendu les associations JVP et Students for Justice in Palestine (SJP) à la suite de cette action.
Les deux groupes se sont depuis désaffiliés de l’établissement. La section locale de JVP a déclaré au journal étudiant, le mois dernier, qu’elle cesserait de fonctionner en tant que groupe étudiant, après avoir été suspendue pour une année supplémentaire.
Elle se sépare également aujourd’hui de l’organisation nationale JVP, une décision confirmée dans un communiqué par Jonah Rubin, responsable senior de l’organisation sur les campus.
« Cette décision de se séparer à l’amiable fait suite à de longues discussions fondées sur des principes entre toutes les parties », a déclaré Rubin.
« Bien que nous partagions l’objectif de mobiliser les Juifs antisionistes qui œuvrent pour la libération de la Palestine, nos analyses quant à la stratégie et aux tactiques les plus appropriées pour répondre au génocide actuel à Gaza et à la montée du fascisme chez nous divergent. »
« Au fil de nos discussions, il est apparu clairement que la meilleure voie à suivre était de poursuivre nos objectifs communs au sein d’organisations distinctes. Nous souhaitons bonne chance à ces étudiants », a-t-il ajouté.
Rubin a précisé que les plus de 100 sections locales de JVP continueront à construire « un mouvement populaire de Juifs antisionistes déterminés à mener des actions stratégiques pour lutter contre le racisme, le fascisme, le génocide et l’apartheid ».
L’Anti-Zionist Jewish Student Front promet lui aussi un avenir prometteur, animé par la conviction qu’il faut « rejeter le sionisme et défendre le droit des Palestiniens à revenir, à rester et à résister ».
« Les étudiants apprennent et s’adaptent chaque jour dans la lutte contre la bête impérialiste américaine et sioniste », affirme le groupe dans sa vidéo.
« Nos effectifs augmentent, nos principes se renforcent et notre engagement à mettre en œuvre des changements substantiels n’a jamais été aussi fort. »
la Communauté du Times of Israël !








