Les Casques bleus accusent Israël d’avoir construit des « murs » en territoire libanais, Israël dément
Beyrouth sévit contre les changeurs de devises afin de couper les vivres de l'Iran au Hezbollah ; Israël accuse le Hezbollah d'avoir assassiné un homme politique chrétien libanais en 2023
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La Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a fait savoir, vendredi, que certaines sections du mur frontalier qu’Israël est en train de construire à la frontière libanaise franchissaient la Ligne bleue reconnue par l’ONU. Elle a estimé que cette construction était une violation de la souveraineté du Liban.
Les travaux de construction d’un mur frontalier destiné à remplacer la clôture vieillissante qui a séparé jusqu’à présent Israël du Liban avaient commencé en 2018, et ils ont progressé lentement.
L’accusation qui a été lancée par la FINUL est intervenue alors qu’Israël poursuit ses frappes quasi-quotidiennes contre les membres du groupe terroriste du Hezbollah, dans le sud du Liban, dans un contexte de pressions appliquées par les États-Unis et par Israël sur Beyrouth. Ils somment les autorités libanaises de couper le financement du groupe terroriste et de confisquer ses armes.
Selon la FINUL, au mois d’octobre, ses observateurs « ont effectué une étude géospatiale d’un mur en béton en forme de T qui avait été érigé par l’armée israélienne au sud-ouest de Yaroun » – étude qui a confirmé que le mur « franchissait la Ligne bleue, rendant plus de 4 000 mètres carrés de territoire libanais inaccessibles au peuple libanais ».
Les forces de maintien de la paix des Nations unies ont précisé avoir informé les militaires israéliens de leurs conclusions, ajoutant qu’elles avaient demandé demandé de déplacer le mur.
Ce mois-ci, la FINUL a déclaré que ses observateurs « avaient constaté la construction d’autres murs en T dans la région », rapportant : « Une étude a confirmé qu’une section du mur au sud-est de Yaroun franchissait également la Ligne bleue. Nous informerons officiellement l’armée israélienne de nos conclusions à ce sujet également ».
La FINUL a indiqué que « la présence et les constructions israéliennes sur le territoire libanais constituent des violations de la résolution 1701 du Conseil de sécurité et de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban ».
Au début de l’année 2023, l’armée israélienne avait accéléré ses travaux de construction du mur – des travaux qui s’étaient ensuite arrêtés avec le début de la guerre, le 7 octobre 2023, quand le groupe terroriste du Hezbollah avait lancé ses attaques contre Israël.
Depuis le cessez-le-feu conclu au mois de novembre 2024, les ouvriers sont revenus pour s’occuper du mur frontalier, ainsi que de la construction de dizaines de nouveaux postes militaires du côté israélien de la frontière.
« Nous appelons à nouveau l’armée israélienne à respecter la Ligne bleue dans toute sa longueur et à se retirer de toutes les zones situées au nord de cette dernière », a-t-elle dit, alors que Tsahal maintient toujours cinq positions à l’intérieur du sud du Liban après le cessez-le-feu du mois de novembre 2024 qui a mis fin aux combats avec le Hezbollah.
La FINUL a ajouté qu’un nouveau mur en cours de construction entre Aitaroun et Maroun al-Ras se trouvait du côté israélien de la Ligne bleue.
L’armée israélienne frappe un dépôt d’armes du Hezbollah
L’accusation de la FINUL est intervenue vingt-quatre heures après qu’Israël a frappé un dépôt d’armes du Hezbollah et un site souterrain adjacent dans le sud du Liban – le dernier d’une série de bombardements aériens israéliens quasi quotidiens qui ont visé contre des cibles du Hezbollah dans la région, Israël accusant le groupe terroriste soutenu par l’Iran de chercher à redresser la tête, en violation de l’accord de cessez-le-feu.
L’infrastructure était située à côté d’un centre sportif et de loisirs public, « ce qui constitue un autre exemple de l’utilisation cynique par le Hezbollah des civils libanais comme boucliers humains pour ses opérations menées à partir de zones civiles », a déclaré l’armée.
Un autre site du Hezbollah dans le sud du Liban a également été visé par une frappe aérienne jeudi matin, ont ajouté les militaires israéliens.
L’armée a expliqué que le Hezbollah poursuivait ses efforts visant à reconstruire ses infrastructures au Liban, et que la présence de tels sites, ainsi que les activités du groupe terroriste dans la région, « constituaient une violation des accords entre Israël et le Liban ».
מוקדם יותר הבוקר, חיל-האוויר תקף, מחסן אמצעי לחימה ותשתית טרור תת קרקעית אשר שימשו את חיזבאללה במרחב דרום לבנון.
תשתיות הטרור שהותקפו מוקמו בסמוך לאוכלוסיה אזרחית, ומהוות דוגמה נוספת לשימוש הציני שעושה חיזבאללה באזרחי לבנון כמגן אנושי לפעולות הארגון מתוך נכסים אזרחים>>> pic.twitter.com/IRbTKVgpNt
— Israeli Air Force (@IAFsite) November 13, 2025
Les médias libanais ont également fait état d’une autre frappe aérienne israélienne contre une voiture dans la ville de Toul, dans le sud du Liban. Tsahal a indiqué que l’explosion n’avait pas été le résultat d’une frappe, mais qu’il s’agissait d’un accident survenu lors d’une tentative du Hezbollah de faire passer des armes en contrebande.
Le Hezbollah a été considérablement affaibli lors de sa dernière guerre avec Israël – une guerre qui avait débuté lorsque le groupe terroriste avait commencé à tirer des missiles en direction de l’État juif, le 8 octobre 2023, vingt-quatre heures après que le groupe terroriste Hamas a commis son pogrom dans le sud d’Israël depuis Gaza, déclenchant la guerre dans la bande.
Après presque un an d’affrontements quotidiens, au mois de septembre 2024, Israël avait procédé à des frappes aériennes massives et lancé une incursion terrestre limitée dans le sud du Liban. Un cessez-le-feu avait été conclu deux mois plus tard, laissant le Hezbollah gravement affaibli. L’accord permet à Israël de frapper les menaces imminentes.
Beyrouth sévit contre les changeurs de devises
Vendredi, le Liban a annoncé que les changeurs de devises et les sociétés de transfert devaient se conformer à des règles plus strictes.
Une décision qui a été prise quelques jours après qu’un responsable américain en visite à Beyrouth a déclaré que son pays était déterminé à couper le financement versé par Téhéran au Hezbollah, et après que le Trésor américain a fait savoir que les Gardiens de la révolution iranienne avaient transféré plus d’un milliard de dollars au groupe terroriste cette année, principalement via des sociétés de change.
Dans le cadre des efforts visant à « retirer le Liban de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI), la Banque centrale du Liban a pris aujourd’hui la première d’une série de mesures préventives visant à renforcer la conformité au sein du secteur financier », a déclaré la Banque centrale dans un communiqué.
Au mois d’octobre dernier, le GAFI avait ajouté le Liban à sa « liste grise » des pays soumis à une surveillance accrue de leurs transactions financières.
La Banque centrale a indiqué qu’elle imposait des mesures « à toutes les institutions financières non bancaires agréées par la Banque centrale du Liban, y compris les sociétés de transfert d’argent, les bureaux de change » et autres entreprises traitant des transactions en devises étrangères et des transferts vers et depuis le pays.
Selon une circulaire de la Banque centrale datée du 1er novembre, toutes les institutions financières non bancaires doivent « collecter des informations et des données relatives à leurs clients et à leurs opérations » pour les transactions d’un montant supérieur ou égal à 1 000 dollars et elles sont dans l’obligation de les communiquer à la Banque centrale.
Les institutions doivent confirmer qu’elles ont collecté les informations requises avant d’effectuer toute transaction, ajoute la circulaire.
Ces mesures sont conformes « aux normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment d’argent et contre le financement du terrorisme, et de prévention à l’encontre de l’utilisation abusive du système financier autorisé pour des transactions suspectes », précise-t-elle.
Israël affirme que le Hezbollah a assassiné un homme politique chrétien
Dans le cadre des efforts de désarmement et de désengagement financier, Israël a affirmé vendredi qu’un homme politique libanais décédé au mois d’août 2023 n’avait pas été victime d’un accident de voiture, comme cela avait été initialement affirmé, mais qu’il avait été assassiné par le Hezbollah.
Elias al-Hasrouni, 72 ans, était un membre éminent des Forces libanaises, le principal parti chrétien du Liban dirigé par Samir Geagea.
Hasrouni avait été retrouvé mort à Ain Ebel, une ville à majorité chrétienne entourée de villages chiites où le Hezbollah était très présent, le 2 août 2023, dans le sud du Liban. Les médias libanais avaient d’abord rapporté qu’il s’agissait d’un accident de voiture.
Quelques jours plus tard, les autorités locales et le parti de Hasrouni avaient affirmé qu’il avait été kidnappé par plusieurs individus et battu à mort.
#خاص ???? جيش الدفاع يكشف عن وحدة الاغتيالات التابعة لحزب الله التي اغتالت السياسي المسيحي إلياس الحصروني
????يؤكد جيش الدفاع ما تم تداوله بشأن اغتيال أمين عام حزب القوات اللبنانية في بنت جبيل، إلياس الحصروني على يد الوحدة 121 التابعة لحزب الله الارهابي، وذلك خلافًا للشائعات التي… pic.twitter.com/eXr1ym2WKk
— افيخاي ادرعي (@AvichayAdraee) November 14, 2025
Dans un message qui a été diffusé sur X, vendredi, le colonel Avichay Adraee, porte-parole arabophone de l’armée israélienne, a déclaré que Hasrouni, « connu pour son positionnement farouchement anti-Hezbollah’, avait été assassiné par l’unité des opérations spéciales du groupe terroriste.
« Dans la nuit du 1er août 2023, des membres de l’unité 121 ont tendu une embuscade à Hasrouni sur une route qui se trouvait à proximité de son domicile à Ain Ebel, dans le sud du Liban. Ils l’ont enlevé et ils l’ont tué en l’empoisonnant et en lui brisant les côtes. Ensuite, pour donner l’impression qu’il avait dévié de la route et qu’il était décédé dans un accident de voiture, ils ont remis son corps sans vie dans son véhicule, qu’ils ont envoyé contre un arbre, et ils l’ont laissé à l’intérieur dans un fossé, au bord de la route », a expliqué Adraee.
Selon le porte-parole, l’unité 121, l’unité chargée de la surveillance et des opérations spéciales du Hezbollah, « procède à des assassinats visant des journalistes, des officiers, des politiciens et d’autres personnalités au Liban qui s’opposent au Hezbollah et à ses activités ».
« Cette unité sert de bras armé à la sécurité interne de l’organisation, qui l’utilise pour traquer et éliminer ses opposants », a-t-il dit, soulignant que l’ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri avait figuré parmi les victimes de l’unité.
« Malgré le coup dur qui a été subi par le Hezbollah pendant la guerre, le groupe terroriste continue d’essayer de semer le chaos au Liban et de reconstruire sa puissance en utilisant l’Unité 121 et d’autres outils. Le peuple libanais, qui aspire à la stabilité et à la prospérité, comprend parfaitement la nécessité d’éliminer ce bras iranien en décomposition qui a entraîné le pays dans des guerres inutiles, qui espionne la population et qui assassine ses opposants », a ajouté Adraee.
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