Les échanges de menaces entre Téhéran et Washington scrutés de près au Moyen-Orient
Le Qatar, ami des deux pays, a mis en garde contre une confrontation américano-iranienne, jugée "catastrophique" pour la région
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La répression meurtrière de la contestation en Iran et les menaces répétées de Donald Trump d’une intervention contre Téhéran, à laquelle le pouvoir iranien se dit prêt à riposter, sont scrutées de près par les pays du Moyen-Orient.
Voici comment la crise est perçue par les puissances régionales :
Israël
Ennemi juré de l’Iran, Israël soutient ouvertement les manifestants, sans évoquer une intervention militaire.
Le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, a dit dimanche espérer que l’Iran « serait bientôt délivré du joug de la tyrannie », condamnant ce qu’il qualifie de « massacres de masse contre des civils ».
Israël et l’Iran se sont affrontés en juin dans une guerre de 12 jours, déclenchée par une attaque israélienne sans précédent contre des installations et responsables militaires et nucléaires, ainsi que sur des zones habitées, à laquelle les Etats-Unis ont brièvement pris part.
Un haut responsable militaire israélien a déclaré à l’AFP que l’armée serait « en mesure de répondre avec force si nécessaire » à une action iranienne.
L’armée est « en alerte face à d’éventuels scénarios surprises », a déclaré son porte-parole, Effie Defrin, tout en mettant en garde contre les « rumeurs ».
« Les manifestations en Iran relèvent d’une affaire intérieure », a-t-il écrit sur X.
L’Arabie saoudite
L’Arabie saoudite a assuré Téhéran qu’elle n’autoriserait l’usage ni de son espace aérien, ni de son sol, pour d’éventuelles frappes visant l’Iran, ont indiqué mercredi à l’AFP deux sources proches des autorités.
Mercredi, l’ambassade américaine à Ryad a appelé son personnel à une « prudence accrue »
Alliée des Etats-Unis, l’Arabie Saoudite, à majorité sunnite, a longtemps été à couteaux tirés avec l’Iran, à majorité chiite.
Les deux poids lourds de la région ont même rompu leurs relations pendant sept ans avant d’opérer en 2023 un rapprochement sous l’égide de la Chine.
L’Arabie saoudite avait condamné en juin les attaques israéliennes contre l’Iran, et exprimé sa « grande préoccupation » après les frappes américaines contre des sites nucléaires clés du pays.
Lors du premier mandat du président américain Donald Trump, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ont soutenu sa position de « pression maximale » sur l’Iran.
Mais le vent a tourné dans le Golfe, selon des analystes, après l’absence de soutien tangible de Washington face à des attaques imputées à l’Iran et à ses alliés.
Ryad mise de son côté sur la stabilité régionale pour sortir son économie du tout-pétrole.
Selon le Wall Street Journal, la puissante monarchie du Golfe s’est employée en coulisses, aux côtés d’Oman et du Qatar, à dissuader l’administration Trump de frapper l’Iran.
« L’effondrement total du régime pourrait déclencher le chaos, provoquer plus de dommages que de bénéfices et être exploité par diverses parties animées de mauvaises intentions à l’égard de l’Arabie saoudite », a écrit sur X l’analyste saoudien Hesham Alghannam.
Les Emirats et le Qatar
Comme Ryad, Abou Dhabi a adopté ces dernières années un ton plus mesuré envers Téhéran. Seul un bras de mer de quelque 150 km sépare Dubaï, joyau des Emirats et destination touristique phare, de l’Iran.
Puissance portuaire, le pays redoute une fermeture par l’Iran du détroit d’Ormuz, point de passage clé du commerce mondial de pétrole, que Téhéran a souvent menacé de bloquer.
Le Qatar de son côté, médiateur clé entre Israël et le Hamas à Gaza, est proche à la fois de l’Iran et des Etats-Unis.
Doha a confirmé mercredi le départ d’une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid, la plus grande installation militaire américaine au Moyen-Orient, visée par l’Iran le 23 juin en représailles aux frappes américaines.
Mardi, le Qatar avait mis en garde contre une confrontation américano-iranienne, jugée « catastrophique » pour la région.
L’Irak
Un conflit entre Washington et Téhéran affecterait l’Irak, frontalier de l’Iran, où des troupes américaines sont toujours déployées après des décennies de conflits et d’instabilité.
L’Irak n’a aucune intention de s’impliquer dans une confrontation, il « a trop à perdre et n’est pas assez fort pour faire la moindre différence », a déclaré l’analyste Hamzeh Hadad à l’AFP
En cas d’escalade, le pays « serait l’une des cibles les plus proches pour les Iraniens », a-t-il ajouté.
Après le début de la guerre à Gaza, en octobre 2023, des groupes pro-iraniens en Irak ont mené des attaques contre des troupes américaines et Israël avant que Washington n’y mette fin par des frappes massives.
« Aucune faction armée irakienne » n’est en mesure d’aider le pouvoir iranien, » selon M. Hadad, pour qui « la seule force de l’Irak est la diplomatie: il peut parler à la fois aux Iraniens et aux Américains ».
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