Les États-Unis frappent l’Iran et annulent l’exemption sur les sanctions pétrolières
Washington a riposté suite à l'attaque de pétroliers dans le détroit d'Ormuz ; Téhéran menace de "terribles représailles"
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Mardi, l’armée américaine a déclenché une nouvelle vague de frappes contre l’Iran et révoqué l’autorisation lui permettant de vendre son pétrole, après que trois pétroliers ont été touchés par des projectiles dans le détroit d’Ormuz, fragilisant un cessez-le-feu déjà précaire.
Après une journée marquée par d’immenses processions en hommage au guide suprême iranien assassiné, l’ayatollah Ali Khamenei, dans la ville sainte de Qom, le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a annoncé le début de « puissantes » frappes destinées à « faire payer l’attaque de navires commerciaux ».
« L’agression iranienne est injustifiée, dangereuse et elle constitue une violation flagrante du cessez-le-feu », a déclaré le CENTCOM sur X avant d’ajouter que plus de 80 cibles iraniennes ont été touchées – défenses aériennes, équipements de commandement, radars côtiers, missiles anti-navires et une soixantaine d embarcations du Corps des Gardiens de la révolution islamique (CGRI).
« Les forces du CENTCOM restent positionnées et elles sont prêtes à faire payer l’Iran chaque fois que l’accord sera transgressé », a-t-il ajouté.
Les médias iraniens ont fait état d’explosions, tôt dans la journée de mercredi, dans la ville portuaire et méridionale de Sirik, sur l’île de Qeshm, ainsi qu’à Bandar Abbas. Aucune perte civile n’est à déplorer, mais plusieurs personnes ont été blessées par des éclats d’obus.
Ces frappes ont été précédées par la révocation par Washington de l’exemption temporaire de sanctions sur le pétrole iranien, accentuant la pression sur Téhéran en pleines négociations.
« Les agissements iraniens dans le détroit sont absolument inacceptables par les États-Unis : il y aura des conséquences », a déclaré un responsable américain à l’AFP.
Le responsable, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a rappelé que le protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran était « entièrement basé sur les comportements de chacun » et que Téhéran n’en bénéficierait que s’il se « comportait bien ».
Les cours du pétrole sont remontés de plus de 3 % suite à cette annonce.
Les négociations se poursuivent en vue d’un accord final
Un responsable américain a déclaré que les négociateurs continuaient à travailler de bonne foi en vue d’un accord final avec l’Iran.
Mais le contrôle du détroit confère à Téhéran un pouvoir considérable – susceptible de pousser dans l’impasse l’armée la plus puissante du monde. Les analystes affirment que Téhéran utilise les attaques contre les navires pour élargir ce pouvoir tandis qu’il négocie un accord de paix à long terme avec les États-Unis.
En vertu de l’accord intérimaire, le Trésor américain avait accordé cette autorisation jusqu’au 21 août ; sa révocation donne désormais à l’Iran jusqu’au 17 juillet pour liquider ses transactions.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a condamné cette mesure, la qualifiant de violation de l’accord-cadre visant à mettre fin à la guerre, et il a déclaré que Washington porterait la responsabilité des conséquences.
« L’Iran lance un avertissement sérieux concernant les conséquences de la violation du traité par l’Amérique, et prendra des mesures décisives pour protéger ses intérêts et sa sécurité », a déclaré le ministère dans un communiqué qui a été relayé par les médias officiels.
Faisant écho au ministère des Affaires étrangères, le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, a accusé les États-Unis de violations « majeures » du protocole d’accord, citant les attaques américaines contre l’Iran, le renouvellement des sanctions pétrolières, les menaces de nouvelles frappes, les violations des « ajustements » iraniens dans le détroit d’Ormuz et la poursuite des attaques israéliennes contre le Hezbollah au Liban.
Le commandement militaire conjoint suprême de l’Iran, le quartier général central Khatam al-Anbiya, a quant à lui déclaré que les forces armées iraniennes apporteraient une « réponse écrasante » à ce qu’il a qualifié d’« acte flagrant d’agression » de la part des États-Unis, avertissant que Téhéran ne permettrait aucune ingérence américaine dans la gestion du détroit d’Ormuz.
Il a ajouté que le seul passage sûr pour les navires commerciaux et les pétroliers, dans le détroit d’Ormuz, était l’itinéraire défini par l’Iran.
Plusieurs heures plus tard, le Koweït a déclaré que ses défenses aériennes s’étaient activées pour intercepter des tirs entrants et pour faire face à des missiles.
Il n’y a eu aucune information sur ce qui, le cas échéant, a pu être touché dans l’un ou l’autre des pays.
Le Bahreïn et le Koweït ont tous deux été ciblés par l’Iran lors de précédentes flambées de tensions pendant le cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran.
Les Gardiens de la révolution iraniens (IRGC) ont déclaré avoir frappé des dizaines d’installations militaires américaines au Bahreïn et au Koweït en réponse aux frappes américaines, dans un communiqué qui a été diffusé par le radiodiffuseur d’État IRIB.
« En réponse initiale à cette agression, la Marine et la force aérospatiale des IRGC ont mené une opération conjointe de missiles et de drones contre 85 installations militaires américaines clés » dans les deux pays, tout en abattant également un drone MQ-9, a indiqué le communiqué.
Le Qatar a imputé à l’Iran les attaques de mardi contre les navires – notamment celle qui a été lancée contre le gigantesque méthanier qatari de gaz naturel liquéfié, l’Al Rekayyat, qui a rapporté avoir été frappé pendant la nuit par un drone qui a provoqué un incendie au niveau de la salle des machines.
L’équipage est sain et sauf et il est en cours d’évacuation.
Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a déclaré avoir convoqué l’ambassadeur adjoint de l’Iran et lui avoir remis une note de protestation suite à l’attaque contre le méthanier, exhortant Téhéran à « cesser immédiatement toute pratique contraire à la sécurité régionale ».
« Nous tenons l’Iran pour pleinement et juridiquement responsable de cette attaque et de tous les dommages ou répercussions qui en découlent », a écrit sur X le porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar, Majed Al Ansari.
L’Iran a fait part de son « désarroi » face aux accusations du Qatar dans un communiqué publié par l’agence de presse d’État IRNA, qualifiant ces affirmations d’« inacceptables ».
Dans le communiqué, l’Iran a affirmé avoir scrupuleusement tenu ses engagements tout en se plaignant du fait que les navires commerciaux courent des risques en utilisant des itinéraires non coordonnées avec Téhéran.
Le superpétrolier Wedyann battant pavillon saoudien et transportant du pétrole brut, a lui aussi été endommagé au large d’Oman, selon des sources de sécurité maritime.
Ryad a imputé l’attaque à la république islamique, son ministère des Affaires étrangères condamnant « l’attaque par l’Iran du pétrolier saoudien Wedyan alors qu’il transitait par le détroit d’Ormuz, tout comme celle du pétrolier qatari Al-Rekayyat ».
Un second responsable américain, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a déclaré que les premières indications montraient que l’Iran avait tiré sur trois navires commerciaux.
Des centaines de milliers de personnes dans les rues à Qom
Les attaques de mardi, qui ont mis fin à plus d’une semaine de calme relatif, ont ravivé les inquiétudes concernant la liberté de navigation. Avant cela, l’Iran avait, dans le cadre du cessez-le-feu avec les États-Unis, levé son blocus sur cette voie navigable vitale.
Les autorités religieuses iraniennes souhaitent instaurer un système permanent de taxation à l’issue du cessez-le-feu de 60 jours avec les États-Unis, ce qui révolutionnerait l’équilibre des pouvoirs dans une région où Washington fait depuis longtemps figure de garant de la sécurité.
En Iran, le pouvoir se sert du deuil de Khamenei, qui a commencé la semaine dernière, pour afficher son contrôle. Khamenei a été tué avec sa fille, sa petite-fille, son gendre et sa belle-fille au premier jour de la guerre.
Mardi, les cercueils du dirigeant et de ses proches ont été transportés dans les rues de la ville de Qom, où plusieurs centaines de milliers de personnes portaient des drapeaux et des bannières comparant Khamenei à des martyrs chiites.
Dans leurs slogans, ils ont juré de venger la mort de Khamenei.
Certains portaient des pancartes et des bannières qui disaient « TUEZ TRUMP ».
Mardi toujours, les médias officiels iraniens ont diffusé ce qu’ils ont présenté comme des images d’un avion transportant le cercueil de Khamenei à l’aéroport de la ville sainte chiite de Najaf, en Irak.
Le Premier ministre irakien, Ali al-Zaidi, et de hauts responsables irakiens ont reçu le cercueil avant les cérémonies funéraires et une grande procession publique qui sont prévues mercredi, a rapporté la télévision d’État irakienne.
Le président iranien Masoud Pezeshkian, qui se trouvait en Irak pour les besoins de ces cérémonies funéraires, est reparti pour l’Iran après les frappes américaines sur le sud du pays, a rapporté la télévision officielle.
Trump : « Trouvez un accord ou nous venons en finir »
Le cessez-le-feu est destiné à offrir une fenêtre de 60 jours pour des négociations en vue d’un accord permanent, mais les pourparlers indirects au Qatar se sont achevés la semaine dernière sans progrès notable.
Le président américain Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de reprendre les bombardements, et encore très récemment lundi, en annonçant aux journalistes, dans le Bureau ovale : « Soit on trouve un accord, soit on en finit… On peut détruire leurs ponts en une heure et anéantir leur approvisionnement énergétique. »
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a déclaré qu’en vertu du protocole de cessez-le-feu intérimaire, les négociations sur l’accord final ne « commenceraient pas si les menaces continuent ».
Au moment de lancer la guerre il y a de cela quatre mois, Trump a déclaré que ses objectifs étaient de détruire les programmes nucléaire et balistique de l’Iran, de mettre fin à sa capacité de menacer ses voisins et de créer les conditions permettant aux Iraniens de renverser leurs dirigeants.
Aucun de ces objectifs n’a été atteint, bien que Washington affirme qu’un accord permanent mettra un terme à ce qu’il qualifie de programme iranien susceptible de fabriquer une bombe nucléaire, ce que l’Iran affirme n’avoir jamais cherché à obtenir.
la Communauté du Times of Israël !







