Les fresques sur la Shoah d’une chapelle du Lot au cœur d’efforts de préservation
La chapelle qui les abrite a subi d'importants dommages suite aux intempéries ; il y a des fissures dans les murs qui menacent les fresques
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Installée dans le creux d’une petite route lotoise, la chapelle médiévale de Maraden se distingue par les fresques du peintre Miklos Bokor, un rescapé d’Auschwitz, des fresques qui couvrent tous les murs intérieurs – une œuvre artistique qui a été intitulée « la spirale de l’Histoire ».
Miklos Bokor, né à Budapest, en Hongrie, en 1927, avait été capturé en 1944 alors qu’il n’avait que 17 ans. Il avait été déporté avec sa famille à Auschwitz. Il avait ensuite été envoyé à Buchenwald, à Rhemsdorf puis, déplacé d’un camp à l’autre, à Theresienstad. C’est là qu’il avait été libéré en 1945.
Peintre autodidacte, il avait présenté sa première exposition particulière à Budapest en 1953. L’artiste avait choisi de définitivement poser ses valises en France, en 1960. Après quelques séjours dans le Lot, il avait acheté la chapelle de Maraden en 1996.
L’édifice religieux, ancien prieuré inscrit à l’inventaire des Monuments historiques, devait devenir une toile géante pour le survivant qui devait y peindre des œuvres portant sur un unique thème entre 1998 et 2002 : la Shoah. Autant de silhouettes nues, hurlant, implorant, dans l’impossibilité d’échapper à un sort d’ores et déjà scellé ; un témoignage du peuple juif et de l’horreur brute des camps nazis.
« J’ai réussi à entrer, malgré les branches et les ronces. Et là, sur les murs, j’ai vu ce que devais y peindre… Ici, je pouvais créer un monde », devait dire Bokor en évoquant sa première rencontre avec la chapelle.
Il s’est éteint en 2019.
Mais ses œuvres sont aujourd’hui en danger. La chapelle a subi d’importants dommages suite aux intempéries ; il y a des fissures dans les murs qui menacent les fresques.
Les héritiers de l’artiste ont accepté de céder l’édifice religieux à la commune de Martel qui a décidé d’acheter, à parts égales avec la communauté de communes Causses et Vallée de la Dordogne (CAUVALDOR), le site de la chapelle – avec la propriété intellectuelle de l’œuvre.
La Dépêche, qui avait annoncé la mise en vente, avait noté que les héritiers étaient susceptibles d’assumer une partie des travaux de restauration, le nouveau propriétaire prenant en charge la valorisation de l’œuvre. La préfète du Lot, Claire Raulin, a apporté son soutien au projet l’année dernière.
Les acquéreurs ont ensuite fait appel à la Mission du patrimoine.
Un projet de valorisation lancé par la Fondation du patrimoine est actuellement en cours pour sauver la chapelle. Au programme, des travaux de préservation et d’entretien de l’édifice : les accès au site seront aménagés, la couverture en lauze sera restaurée.
Concernant les œuvres de Miklos Boklor, autant de témoignages déchirants de la Shoah, elles seront diffusées dans l’une des salles du musée de la Raymondie, à Martel, permettant la transmission de la mémoire auprès du plus grand nombre.
La commune de Martel a aussi lancé un appel aux dons pour sauver ce lieu mémoriel.
la Communauté du Times of Israël !








